IMPRESSIONS DES CATACOMBES DE PARIS

IMPRESSIONS DES CATACOMBES DE PARIS

Station de métro Denfert-Rochereau,
queue d’attente pour les Catacombes de Paris.
Nous sommes ici sur la demande de ma fille, pleinement américaine
Les parisiens ne visitent pas ce genre d’attractions –
Je m’attends vaguement à Halloween
ou au festival des sorcières à Salem dans le Massachusetts.

Tel Orphée, mais casque audio sur les oreilles
nous descendons vers le royaume des Enfers
sous le niveau des métros nous descendons encore
guidés par de douces lumières néon.

De la pierre, de la pierre…
J’apprends que Notre-Dame a jailli de cette carrière.

Le long d’un long boyau, nous marchons, et marchons…

Puis mes amis, que d’os, que d’os !
les voilà ! Fémurs, tibias et crânes,
méticuleusement disposés à la main
en motifs géométriques et rangées parfaites
tels les noix, amandes et pistaches des pots de miel turc.

La voix dans nos casques nous explique que
derrière cet étal fardé, le reste des squelettes est déversé,
comme autant de fruits secs concassés.
Nous invitons nos os à la fête, les nôtres encore bien enrobés
de tissus juteux et de cartilages lisses
nos squelettes encore animés de cette énergie mystérieuse,
vibrations magiques.

Ces ossements ont eu leur tour, leur bref passage sur le manège
puis ont été abandonnés comme autant de jouets électriques
à jamais dépourvus de leurs piles,
dans un magasin d’antiquité ou une décharge après Noël.

Conservés dans un air frais et stable,
à l’abri des intempéries
dans cette humidité contrôlée de crypte,
ces os ne m’effraient pas.

Une rangée de tibias, une rangée de fémurs
une rangée de crânes d’ivoire,
des milliers d’âmes ont laissé derrière elles
un testament de leur vie matérielle.

Ce qui m’étonne
c’est la détermination des vivants
à conserver ces restes tactiles de leurs ancêtres.

J’éprouve une  admiration étrange
pour ceux qui ont rangé ces reliques intimes
qui ont ouvert les souterrains de l’histoire
et permis que nous marchions là,
entre l’attraction promise aux touristes
et la gravité nue du sacré.

Ma fille et moi restons seules sur le chemin du retour,
les familles en quête de frisson
ont disparu dans les couloirs.
Le bruit de nos pas se perd
sous la musique atmosphérique
qui résonne encore dans nos casques.
Nous n’avons aucune raison de nous retourner.

Lentement nous remontons vers le soleil

« Vivants, sachez que du bas de ces catacombes
plus de deux siècles nous contemplent ! »


Je reviens d’une rapide visite en France avec ma fille, et j’en ai ramené pas mal d’impressions que je compte partager ici.

MAIS OÙ SONT PASSÉES LES COQUILLES ?

MAIS OÙ SONT PASSÉES LES COQUILLES ?

J’ai acheté un petit sac
de noix de St Jacques surgelées
comme ça se fait ici du côté de Boston.
Pour dîner je les ferai saisir, deux minutes de chaque côté.

Je me rappelle les Saint-Jacques d’antan
qu’on servait dans leurs coquilles
sautées dans du vin blanc, avec des échalotes, de l’ail,
avec de la crème fraîche, du fromage, de la chapelure
et quelques noix de beurre pour faire bonne mesure.

Mais que font-ils donc des coquilles ? me dis-je
qui chez moi embellissaient les bordures de jardin
qui servaient d’exquis cendriers
dont les enfants fabriquaient des cadeaux de fête des mères
peintes et décorées comme les boîtes de camembert ?

Une Saint- Jacques nue, c’est tout comme
un escargot sans sa maison
une pomme de terre sans sa robe de chambre
un citron givré sans son écorce
une noix de coco sans sa coque

Et que serait la Vénus sur sa demi-coquille
sans sa demi-coquille ?

Illustration : mes sincères remerciements à Boticelli pour son talent et la grâce de sa vision.


WHERE HAVE ALL THE SHELLS GONE?

I bought a baggie of sea scallops
from the frozen section
as one does here around Boston.
For dinner, I’ll sear them, two minutes on each side.

I remember the scallops of yesteryear
served in their shells,
sautéed in white wine with shallots and garlic,
with heavy cream, cheese, and breadcrumbs,
and a few knobs of butter for good measure.

But what do they do with the shells? I wonder—
the ones that edged garden borders,
that served as exquisite ashtrays,
and that kids turned into Mother’s Day gifts,
painted and decorated as they did Camembert boxes?

Isn’t a naked scallop like
a snail without its house,
a potato without its jacket,
a frosted lemon without its rind,
a coconut without its endocarp?

And what would Venus on her half-shell be
without her half-shell?

Une pensée pour Emile Hevoil

Un coup de génie ils avaient eu
Mr et Mme Hevoil
en nommant leur fils Emile
un peu chelou tout de même
et tristement prédestiné

Je repense à lui parfois
sur un voilier, au sud ou au nord de l’Asie
fuyant après un dernier braquage
avec son copain Tacatac, Jo pour les intimes

tous deux avec leurs rouflaquettes,
et dans leurs mallettes,
des cravates et des vestons à col rayé
ou à pois

Des autres suspects j’ai oublié les noms
Je suis presque certaine que Pat Hibulaire
ne faisait pas partie du gang
Après vérification dans les fichiers d’Enigmako
je vois que Raf Letout est parti
dans la bande à Picsou après le casse

que Klaus Traufob s’est laissé bêtement enfermer
dans un coffre-fort qu’il triturait alors
avec Jim Gachett

Yvan Skivoll quant à lui s’est échappé
avec un sac plein de « blé »
et le noir dessein de blanchir
la camelote quelque part dans sa Russie natale

Emile et Jo, eux, ont fait bande à part
sillonnant les océans dans une folle équipée
Sous les étoiles.


Si personne ne s’en souvient, mon frere, lui, devrait!

DANS LE PARKING DU SUPERMARCHE

Deux jeunes filles viennent vers moi
dans le parking du supermarché, deux employées
sans autre signes particuliers que leurs badge
Staples ? sur la chemise noire
expression neutre, pas de tatouages ni de piercings
Est-ce qu’elles ont besoin d’un chariot ?
Dans le coffre ouvert, Allan cherche nos sacs recyclable

Elles s’approchent et l’une d’elle me dit:
Voulez-vous venir avec nous à l’église Dimanche ?
Comme si on était au bal et qu’elle me demandait cette danse
J’examine de plus près les visages ronds d’adolescentes
qui ont l’âge d’être mes filles
Quelle église ?
la plus grande pointe son badge du menton :
Eglise de Jésus Christ, je lis
et plus petit en dessous (mais je ne veux pas m’approcher trop près)
des saints des derniers jours.

J’avoue que je suis ignare
dans le domaine des dénominations
S’agit-il d’une de ces « églises »
pop-up qui se montent dans des bureaux au hasard
ou d’une ancienne et obscure tradition américaine ?
Quoi qu’il en soit, ces saints du dernier jours m’inquiètent légèrement
Que diable savent-ils de plus, et est-ce que j’ai raté quelque chose ?

Je tente de la rassurer :
Nous allons déjà à l’église tous les dimanches
– Où ça ?   
– A Boston
… il y a de très bons musiciens qui y jouent
les cantates de Bach, vous connaissez ?
Mais ce n’est pas la seule raison pour laquelle nous y allons, bien sûr…

Je m’enfonce plus profondément.
Je ne voudrais pas leur faire faux bon, à ces gamines
les décevoir, les écarter du droit chemin.
Ce que je voudrais leur dire
c’est que je crois que tous les chemins mènent à Dieu
Si c’est ce qu’on cherche.

Allan sort sa tête du coffre et me sauve : Merci, mais c’est bon pour nous
Leurs visages restent neutres, elles hochent la tête
Il y aura un pianiste samedi soir si ça vous intéresse !
Elles ne laissent pas tomber
Elles relancent et tirent encore
leur filet dans le parking du supermarché
Même si  elles pêchent aux convertis.


J’ai depuis fait des recherches sur cette église.
Fascinant !
Mais je maintiens ma position.

Joyeux Noël!

CHARMING CAPE IN GREAT CONDITION

CHARMING CAPE IN GREAT CONDITION

“This lovely, well-maintained home
has been cared for by the same owners for decades”
It’s been on the market for 75 days – I check on it from time to time
hoping to see marked as sold
and not suspended in limbo
the shell of my ex-in-laws’ home
who vacated in favor of assisted living.

It looks like a cookie-cutter box to you, just a house –
The listing description doesn’t mention
the kitchen view of the birdfeeders and their faithful hummingbirds,
the green and gold wallpaper I know so well, still in place,
or the texture of the blinds, the top of the radiator,
my ex-husband’s bedroom, once revisited by young lovers,
old childhood pennants on the walls, baseball cards, vinyl records,
the parents’ bedroom next wall over,
its darkened windows like eyes closed.

It doesn’t mention the downstairs TV den with its couch
where young lovers met and cuddled,
where three sons and I brought back VHS tapes from the video store
like trophies,
it doesn’t mention how we played charades on holidays with relatives,
the smell of griddle pancakes, of fresh blueberry pie,
the Thanksgiving turkeys that always took all day to cook,
later on the high chairs, the rubber duckies in the tub,
the flowers in the yard where my kids dug their roots
the oodles of pictures we took of them there.

Surely every nook and cranny must keep a molecular knowledge
of the loads of love and holiday excitement?

Nobody asked me if I had removed all my memories
before the place was sanitized and put on the market
It was none of my business anyway  – we had split up ten years before
And I am not one overly attached to material things,

But how could this happen so unceremoniously?
Why wasn’t there a pow wow, with rain dances and
deliberations with the gods? Especially Hestia?
I bet she’d have something to say.

I see the house on the website as I would
a newly dead displayed in the funeral parlor.
The owls on the wallpaper going down to the basement must feel bewildered
Don’t let them wonder too long where life has gone.


I needed to emote about the sale of a house that contained my own past, the shock of the discrepancy between the material thing, the walls, and a whole set of vivid memories. Maybe I am not the only one with this experience.

LE NOUVEAU CALENDRIER

Cette année je ne trouve pas le calendrier idéal
ce matin, à la librairie de Newbury St
J’hésite entre La vie secrète des écureuils :
12 scènes magiques d’écureuils agissant comme des humains

Et Voici ma librairie : Douze devantures de librairies du monde
Mais je ne prends ni l’un ni l’autre

L’autre jour au centre commercial,
J’ai scanné avec une molle curiosité les étalages :
les filles de Sports illustrated et les autres maillots de bain
suivies par les Chippendales, les pompiers sexy –
J’essaye de visualiser l’effet sur le mur de ma cuisine

Puis on passe à la section des chatons,
Puis celle des chiots ensommeillés
Puis le calendrier Cabanes d’aisance de jardin  

Décidément, le bon calendrier ne me saute pas aux yeux
Cette année
Dans le passé, j’ai pioché dans la série Destinations :
Photos d’Italie, puis de France
dans un esprit d’inspiration, et pourquoi pas de manifestation
mais le désir m’échappe

Il est important de bien choisir, car tous les mois
et même tous les jours il faudra faire face
aux conséquences d’un achat rapide
et s’exposer à la photo choisie par l’éditeur

Une année j’ai voulu des photos de ballet,
Légèreté aérienne – mais je n’en ai plus envie
il me faut du tangible, du solide

J’avais suivi par des portraits de vaches.
peintures naïves et rassurantes de bovidés tranquilles,
Aux grands yeux doux et limpides
mais cette saison-là est passée aussi

Et si je laissais le coin vide ?
minimalisme : un mur tout blanc
Peut-être que je n’ai pas envie de fixer sur le mur
des projections, des oracles
peut être que je n’ai pas envie de mettre noir sur blanc
les rendez-vous du quotidien, les docteurs
les impôts, les ennuis

Je cherche un calendrier introuvable
avec seulement des moments heureux :
Des voyages, des rencontres en couleur
des jours de joie, des succès, des fêtes
mes enfants comblés, rayonnants
des départs, des déménagements surprise
des plans nouveaux sur la comète

Avec, à la rigueur, un agenda portatif
en finir avec les cases prévisibles sur un mur fixe.

CHANGEMENT DE PERSPECTIVE

Plusieurs fois j’ai observé
le matin en buvant mon café dans le fauteuil près de la fenêtre
une branche qui plonge, puis balance comme un trampoline
et puis cette petite bestiole, un écureuil
qui disparaissait vers le tronc.

Ce n’est pas un nouveau-venu
Je l’ai entendu galoper de temps en temps
tip tip tip tip, le long de la toiture
Je me demandais quelle course il effectuait
à toute allure
transportant de petites graines,
pour une raison ou pour une autre
d’un côté du toit, puis de l’autre

J’avais toujours pensé
que les animaux étaient voués
à lutter en permanence pour subsister
qu’ils passaient leurs courtes vies à guetter
des graines dans la neige
un moustique dans les airs
un mulot dans l’herbe
une proie dans la toile

J’étais désolée pour les pauvres canards
dans les mares gelées, sans manteau
sans doudounes les moineaux

Dans le froid, les éléments
la faim…

Et puis voilà que sur Facebook,
et puis plus tard sur Instagram,
j’ai vu des canards glisser dans la mare, puis regrimper la pente
j’ai vu un pigeon s’installer sur une girouette pour faire un tour de manège
j’ai vu un berger allemand et un poulet jouer à cache-cache

Bref, grâce à Internet, ma perception de l’ordre du monde
est en train de vaciller

Depuis que je l’ai vu plonger
comme un trapéziste sous mes yeux,
la branche oscillant de haut en bas, sous son poids
et lui rebondissant avec, pour disparaître dans les feuillages roux,
et recommencer un peu plus tard,
depuis que j’en ai la preuve,

je n’hésite plus à faire des jeux
sur mon téléphone, moi qui ne jouais jamais,
en essayant de me sentir moins coupable
de perdre mon temps.

Illustration glanée sur …  tattoosboygirl.com

BAGATELLE

DOmiciliée, heureuse à Azay-le-Rideau
REveillée tôt matin et au piano voici,
MIrabelle travaillant ses gammes pour le gala
FAmilière des spectacles, scènes, coulisses et sous-sols,
SOlos et concerti, audience sur des sofas.

LA sonate de Chopin, joyeuse épidémie
SIgnifie falbalas, échalas et soirées !
DOrures, applaudissements, bouquets et puis dodo.

                        Encore !!!! ..    Champagne et puis dodo.

                        Encore !!!,,,     Doliprane puis dodo.


Voici ma petite composition pour l’Agenda Ironique de Juillet, ici DO RÉ MI FA SOL LA SI DO. L’agenda ironique de juillet 2022.
Il fallait un texte en sept parties, dont chacune devait commencer par une note de musique. J’ai fait fort, non? (si vous voyez l’astuce)  
Merci tout l’Opera !

POEM ABOUT A WALK-IN CLOSET / GARDE ROBE

Aucun rapport avec ma série précédente. Qui pourrait bien être finie, parce que je crois que j’ai mis la touche finale au tableau. Mais rien n’est sûr.  le petit joyau qui suit en français et en anglais m’a été inspiré quand ma fille cherchait un appartement.

POEM ABOUT A WALK-IN CLOSET
The apartment came with a walk-in closet
so they walked in
for a stroll
They stuffed their noses in the clothes
hanging in there
she went straight to the “go-to pants”
which had her name written all over them
tripped on the shoes lying around,
Did you have a good trip? He joked
it was a mixed bag, in there
organized and disorganized
with recessed lights and no windows
and then they never walked out
Because there is no such thing as a walk-out closet

There was also a walk-in bathtub
but they did not get a chance to visit.

J’ai joué sur le sens littéral d’expressions familières qui n’ont pas d’équivalent en Français (que je sache). Alors je vous propose un exemple de très mauvaise traduction, pour les vraiment curieux, et un anglicisme assorti : « Ca ne fait pas de sens ».


POÈME SUR UN GARDE-ROBE

L’appartement était équipé d’une pièce garde-robe
alors ils sont entrés
pour jeter un coup d’œil
Ils ont fourré leur nez dans les vêtements
accrochés là
elle est allée directement au « pantalon de prédilection »
qui avait son nom écrit partout
trébuché sur les chaussures qui traînaient,
Est-ce que tu as fait un bon voyage? il a plaisanté
c’était un sac de mélange, là-dedans
organisé et désorganisé
avec des lumières encastrées et pas de fenêtres
et puis ils ne sont jamais sortis
Parce qu’il n’y a pas de garde-robe « sortie »
Il y avait aussi une baignoire à l’italienne
mais ils n’ont pas eu l’occasion de visiter.

STORY OF THE BOY WHO WENT TO NEPAL/HISTOIRE …

STORY OF THE BOY WHO WENT TO NEPAL

Once upon a time there was a boy in that college
The most beautiful boy on campus
As beautiful as the silhouette
of Jim Morrison painted in black light
in the basement of Old Kenyon,
where parties took place
And where I met the boy
Whose name I can’t remember.

He wore a t-shirt that read
“Sinfully delicious” on the back

He came one day to see me
and we talked and we talked
I don’t remember what about
but he was just as beautiful
in my room as he had been out
And then I didn’t see much of him anymore.

When I left the campus at the end of the school year
Someone who knew him told me that the boy
was planning to fly on a plane to France
And I had a glimmer of hope
That it might be for me!

Imagine the lights glowing
Of that Boeing 737 on the tarmac
at night, in the fog,
on the right and left-side wings!
All that for me!

And then I forgot all about him,
as I never bumped into him in Paris
or anywhere else either

Until one day someone who knew him told me
that when he had indeed landed in Paris
the City of Lights
He took a look around himself
then caught another plane
this time to Nepal

To this day I am still wondering
If he took his “Sinfully Delicious”
T-shirt to Nepal,
And if he turned around because
He didn’t see me at the airport,
I will never know.


HISTOIRE DU GARÇON QUI EST PARTI AU NÉPAL

Il était une fois un garçon dans ce collège
Le plus beau garçon du campus
Aussi beau que la silhouette
de Jim Morrison peinte au sous-sol
du Vieux Kenyon, où se déroulaient les fêtes,
L’endroit même où j’ai rencontré le garçon
Dont je ne me souviens plus du nom.

Il portait un t-shirt qui disait :
” Délicieux comme un péché” au dos

Ce garçon est venu un jour me voir
et nous avons parlé et parlé
Je ne me souviens pas de quoi
mais il était tout aussi beau
dans ma chambre qu’il l’était au dehors
Et puis je l’ai perdu de vu.

Quand j’ai quitté le campus à la fin de l’année scolaire
Quelqu’un qui le connaissait m’a dit que le garçon
prévoyait de prendre l’avion pour la France
Et j’ai eu une lueur d’espoir
Que ce soit pour moi !

Imaginez les lumières qui brillent
De ce Boeing 737 sur le tarmac
la nuit, dans le brouillard,
sur les ailes droite et gauche !

Tout ca pour moi!
Et puis je n’y ai plus pensé
Car je ne l’ai jamais croisé à Paris
ni nulle part ailleurs.

Jusqu’au jour où quelqu’un qui le connaissait m’a dit
que quand il avait débarqué à Paris
la Ville des Lumières
Il avait regardé autour de lui
Puis avais pris un autre avion
pour le Népal

A ce jour je me demande encore
S’il avait emmené son T-shirt
“Sinfully Delicious” au Népal
Et s’il avait fait demi-tour parce que
Il ne m’avait pas vu à l’aéroport
Je ne saurai jamais.


On approche de la fin de ma collection de poèmes basés sur les souvenirs de mon année d’assistanat aux Etats-Unis, souvenirs de jeunesse dans lesquels je me suis replongée pendant le confinement. Je crois qu’il en reste quelques-uns dans le sac, un ou deux, pas plus.