THRIFT STORE

Thrifstore

THRIFT STORE

Like Suzanne you sort through
the garbage and the flowers
through rags and feathers,
screeching of sliding hangers keeping time.
You gather speed
eyes getting used to the quest
through the smelly, the heavy
senses becoming more acute
to the things people left behind,
the stuff millionaires got rid of.
It’s like gambling in Monte-Carlo
the fever.
A silvery grey chenille sweater
perfectly machine misshapen and softened
just for you – this is pure genius.
A green t-shirt, the odd color you would never see in a store
in a million years – here for free.
True faded glory
from the non-beautiful people.
A shirt: hue, shape, structure, weight, design just right
once mass-produced, now custom-made for you
by the previous owner, as you imagine her:
Mother of three, belly gently stretching its boundaries –
add repeated tumbles with the family laundry
to obtain the casually distressed shape
that will make your own belly look so flat in comparison
Thank you.
A fine wool dress – a vintage brand
You think you hit the jackpot
You hope the store employees won’t change their mind
When they see that.
A long navy blue silk gown – (if anyone had any idea!)
You push your cart piled up with too much
Of what was deemed good enough for the dump
Now deconstructed, déclassé chic.
You scoured the whole store
No fake handbag, no aisle unchecked
You go home with your loot in a plastic bag
Like casino chips.

I love visiting the local thrift stores and I’ve been lucky many times. I thought of one of my favorite songs, Suzanne, by Leonard Cohen, which, I realized, refers to the Parable of the Wheat and Tares, which itself refers to the sorting of souls at the last judgment. Without ever having studied the verses of this song in the past, I always liked the image of the Salvation Army rags and feathers that Suzanne wears. My poem is much less profound, but allowed me to pay a visit to the world of Leonard Cohen.


FRIPERIE

Comme Suzanne, vous triez
entre les ordures et les fleurs
parmi les chiffons et les plumes
crissement de cintres coulissants en cadence
vous prenez de la vitesse
vos yeux s’habituent à la quête
à travers le malodorant, le lourd.
Les sens s’aiguisent
aux choses que les gens ont laissées derrière eux
aux choses dont les millionnaires se sont débarrassés
C’est comme jouer à Monte-Carlo
la fièvre.
Un pull en chenille gris argent
déformé à perfection et ramolli en machine
Juste pour vous – du pur génie
Un t-shirt vert, un ton rare qu’on n’a pas vu dans un magasin
depuis des lustres – ici gratuitement
Vraie gloire fanée
de gens pas spécialement beaux
Une chemise: couleur, forme, structure, poids, design incomparables
Un jour produite en série, aujourd’hui sur-mesure pour vous seul
par le précédent propriétaire, que vous imaginez
mère de trois enfants, le ventre poussant doucement ses limites –
Ajoutez des culbutes répétées avec la lessive familiale
et vous obtenez la forme relâchée désinvolte
qui fera paraître votre ventre plat en comparaison.
Merci.
Une petite robe en laine – une marque vintage
Vous pensez que vous avez touché le jackpot
Vous espérez que les employés du magasin ne changeront pas d’avis
Quand ils verront ça, qu’ils se rendront compte.
Une robe longue de soie bleu marine – (si quelqu’un savait!)
Vous poussez votre chariot chargé de trop
De ce qui a été jugé assez bon pour la décharge
Devenu déstructuré, chic déclassé.
Vous avez parcouru tout le magasin
Aucun faux sac à main, aucune allée non examinée
Vous rentrez chez vous, votre butin dans un sac en plastique
Comme des jetons de casino.

J’adore rendre visite aux friperies locales et j’ai souvent eu de la chance. J’ai pensé à une de mes chansons préférées, Suzanne, de Leonard Cohen, qui (je viens de m’en rendre compte) fait référence à la parabole du bon grain et de l’ivraie, qui fait elle-même allusion au tri des âmes lors du jugement dernier. Sans jamais avoir étudié les vers de cette chanson dans le passé, j’ai toujours aimé l’image du Salvation Army, des chiffons et des plumes que porte Suzanne. Mon poème est beaucoup moins profond, mais m’a permis de visiter à nouveau l’univers de Leonard Cohen.

J – Juliette Pomerleau

Juliette Pomerleau

Retour à mon dictionnaire du Canada

Un bon vieux bouquin paru en 1989: bientôt trente ans.
Mais est-ce que les Tintin vieillissent ? Est-ce que l’œuvre de Victor Hugo vieillit ?
Non.
Et bien c’est du même acabit.
Je relis Juliette Pomerleau quand j’en ai marre de l’actualité, des nouvelles à sensation, des drames. Quand j’ai envie de confort et d’un petit tour au Québec.

Quand on se plonge dans Juliette Pomerleau, on atterrit à Montréal, un Montréal un peu idéalisé, à la manière d’une peinture naïve, ou d’une bande dessinée. Comme un Tintin justement.
C’est une aventure pleine de rebondissements, mais on ne s’y fait pas trop mal.
Tout tourne autour d’un bâtiment qui rassemble de sympathiques locataires, entre autres un musicien du nom de Bohuslav Martinek ; un photographe, Clément Fisette ; et puis Juliette Pomerleau, dont on sait tout de suite qu’elle est obèse, et qu’elle prend soin de son neveu Denis.
L’auteur, Yves Beauchemin peint ses personnages comme des personnages de bande dessinée, sans trop d’aspérités, même les méchants. Et les drames aussi, sont buvables parce que ces personnages tiennent des langages comme ceci :

« Chienne de pluie ! Je vais encore rater mon film, lança-t-il, T’aurais pas pu tomber ailleurs, toi ? Y’a des gens qui seraient prêts à donner la lune pour que t’arroses un peu leur poussière. Va les trouver ! »

Qui parle comme ça à la pluie sur l’autoroute au milieu d’un orage?
Personne. Sauf un auteur en sécurité qui aurait gagné la loterie et ferait parler un personnage de l’autre côté. Du côté sec. C’est réconfortant.

Puis « la pluie ne le rafraichissait plus maintenant, mais le glaçait et sapait ses forces. Soudain une ombre apparut au milieu de la route et se dirigea vers lui.
Es-tu blessé ? fit un homme grisonnant et trapu, sans paraitre remarquer son occupation.
Non, Toi ?
Ça a donné un christ de coup ! Poursuivi l’autre comme s’il ne l’avait pas entendu. J’ai une aile en compote et mon pare-chocs est à moitié arraché. Y a pour au moins mille piastres de dommages. Viens voir. »

Il y a l’aspect visuel de la bande dessinée, des ombres qui se silhouettent dans des fenêtres, chez Yves Beauchemin.

Et vous avez entendu l’accent Québécois ? Le tutoiement d’emblée ?

Et puis le christ de coup – les pages sont pleines de ces jurons québécois savoureux. Les normaux, puis ceux qu’invente Juliette, tels son préféré : Cuisse de mouche !

Il y a des scènes à la Edward Hopper :

« – J’ai hâte d’arriver en christ. Mon arthrite vient de se réveiller… je vais te l’assommer au cognac, la chienne, elle saura même pas ce qui lui est arrivé !
Simoneau le regarda ; l’affaissement de ses traits le frappa.
Ils entrèrent dans le bar désert. La fraicheur crue du système de climatisation glaça leurs vêtements. Une blonde grassouillette que la jeunesse abandonnait se tenait accoudée derrière le comptoir, les deux mains sous le menton, la tête levée vers un téléviseur suspendu dans un coin du plafond. »

Ces personnages ont parfois le cafard, mais leur souffrance est amortie par une tendresse sous-jacente pour tous ces acteurs, par le sentiment que c’est un peu du pour-de-rire et qu’on passe un bon moment. Comme quand on lit ce bon vieux Tintin.

Juliette, par exemple : j’avais oublié lors de ma deuxième lectures des années plus tard, qu’elle tombait à l’article de la mort, qu’elle ne pouvait plus rien faire pour son neveu.
J’avais oublié que Bohuslav Martinek était un grand dépressif (la scène où on le voit de dos, dans la neige de Décembre, remontant son col contre les éléments et le désespoir)
Je n’avais retenu que la drôlerie des descriptions, des dialogues ; les détails colorés du décor, la rendition authentique de Montréal et de la scène québécoise, et la bonté de cœur de la plupart des personnages.

C’est comme un roman noir, mais un noir pas trop noir. Et puis j’ai appris récemment que Bohuslav n’était pas un personnage de fiction, enfin pas tout à fait puisqu’il existe un véritable compositeur du nom de Bohuslav Martinů. Et qu’on peut alors trouver un équivalent à ce que Juliette peut entendre.

Parce que le début du livre m’enchante toujours :
« La douceur de son chant était si poignante que Juliette Pomerleau ouvrit les yeux, souleva sa tête moite de l’oreiller et regarda dehors. A travers le feuillage des framboisiers, on apercevait, au-dessus de la cour minuscule que formait le U de l’édifice, une fenêtre illuminée au premier étage ou se découpaient deux silhouettes presque immobiles ; l’une était assise et légèrement courbée, l’autre, debout, tenait un violon. « Monsieur Martinek vient de terminer sa sonate », pensa-t-elle.
Se tournant péniblement sur le dos, elle poussa un soupir et se mit à écouter, ravie. »

Voilà ce que je fais aussi en ouvrant ce livre à chaque fois. Je me mets à lire, ravie.

Recette du Tout et son contraire à la sauce pingouin

AI Juin

Pour l’Agenda Ironique de Juin, j’ai préparé un petit plat spécial dont je partage la recette :

Recette du Tout et son contraire à la sauce pingouin

Pour cette recette il faudra mettre les petits plats dans les grands, donc assurez-vous que les vôtres sont emboitables, et que vous en avez assez.

Commencer par cueillir quelques rayons de soleil le matin de bonne heure (quand ils sont frais et tendres).
Puis faites-les macérer dans un bocal d’eau jusqu’au soir, dans le proverbial endroit sec et frais.
Pendant la nuit, collectez le même nombre de rayons de lune. La qualité du met dépendra de la qualité de ces rayons, choisissez bien. Les jours de pleine lune donneront un arôme généreux et puissant, alors que les jours de lune décroissante, eux, rendront un goût plus subtil et complexe.
Mélangez-les bien dans le même bocal. Mettez de côté.

Trouvez au fond du placard votre bocal d’herbe de brousse. Assurez-vous que les brins en sont bien secs et jaune-paille, comme sur les photos que vous avez vues d’Afrique.
Réduisez-les en une poudre que vous humecterez d’un décilitre d’eau d’océan bien mouillée.
Couvrez et gardez sur votre comptoir la pâte obtenue, à la lumière de la macération soleil-lune.

Il est conseillé, pour préparer cette recette, de se protéger les pieds de chaussures en caoutchouc pour éviter de devenir conducteur des courants électriques créatifs provoquées par la préparation. Des étincelles pourraient se produire. Pour la même raison, il est recommandé de se couvrir d’un chapeau en caoutchouc à large bords.

Affublé de ces oripeaux ridicules, allez chercher un pingouin bien dodu sur la banquise, ou bien au rayon surgelé de votre supermarché.
Ensuite bricolez un tournebroche dans votre jardin avec des bouts de bambou.

Maintenant, faites revenir des petits oignons dans une poêle en fonte ainsi qu’une livre de chanterelles (qui doivent chanter juste et assez fort pour qu’on les entende). Ces deux-là (oignons et champignons) n’ont pas besoin de leur contraire. Allez savoir.

Pendant qu’ils rissolent à petit feu, installez-vous dehors et faite rôtir votre pingouin à la broche pendant quelques heures. Détendez-vous, vous devez être épuisé(e) après tous ces efforts, il faut donc vous rafraichir pour le reste de la préparation. Lisez un bon livre, par exemple.

Et puis occupez-vous de vos oignons de temps en temps.
Quand le pingouin est à point, ajoutez-le au nom de la recette, mais casez-le au frigo pour un autre jour et une autre utilisation (chacun sait que le contraire de pingouin est « pas de pingouin ».)

Prenez dans votre frigo le tentacule de pieuvre du commun et coupez-le en petits morceaux de la taille de bouchées humaines moyennes. Ajoutez les morceaux à votre poêlée de chanterelles. (Vous pouvez ajouter un peu de beurre si le mélange est sec.) Puis ajoutez petit à petit les morceaux de tentacule de pieuvre du contraire. Laissez dorer, mais pas trop longtemps, ou les mollusques deviendraient aussi caoutchouteux que vos chaussures.
Otez-les de la poêle et mettez-les de côté sur une assiette.

Saisissez-vous alors de votre bocal d’eau de lumière astrale, et de la pâte de terre-mer, dont vous mettrez une bonne cuillère à soupe dans votre poêle. Délayez-la avec la décoction d’astre, portez à ébullition et laissez épaissir jusqu’à l’obtention d’une sauce qui nappera la cuillère. Miam, miam. Mais gaffe aux étincelles !
Remettez les morceaux de poulpe dans la sauce, avec leur jus.

Saupoudrez de poivre vert fraichement moulu, et simultanément de poivre rouge, puis de quelques grains de sel de Guérande.

N’oubliez pas de retirer votre accoutrement idiot avant que les invités arrivent.
Servez immédiatement. Expliquez à vos amis qu’ils vont goûter un petit (mais alors très petit) avant-goût de plénitude de la non-dualité.
Regardez leurs visages s’illuminer dès les premières bouchées (éteignez la lumière pour voir !) et dites-leur de se taire pour écouter les chanterelles.

Bon appétit !

*  *  *

Pour cette recette il fallait suivre les directions de Carnets Paresseux : comme d’habitude, forme libre, chanson, poème, conte, récit, tarentelle, haïku, dictionnaire, encyclopédie universelle… avec toujours une dose d’ironie et une autre de calendrier ; pas beaucoup plus de 700 mots ; glisser cinq des sept mots suivants : soleil, brousse, chaussure, pingouin, tentacule, épuiser, vert.

QUOI PORTER POUR UN BRUNCH EN BATEAU-MOUCHE SUR LA SEINE AVEC UNE COMPAGNIE DE DANSE ET LE CHEF D’ORCHESTRE.

La Seine

QUOI PORTER POUR UN BRUNCH EN BATEAU-MOUCHE SUR LA SEINE
AVEC UNE COMPAGNIE DE DANSE ET SON CHEF D’ORCHESTRE.

Une robe couleur de rêve
de petite fille
Pas trop courte, parce que l’eau a coulé sous les ponts
et pas trop de sequins, parce qu’on est à Paris
une petite robe noire ?
ou une petite robe de cygne ?
(attention à ne pas faire d’ombre aux danseuses !)
une robe couleur bonheur et joie
sans aucune note sépia
Une robe d’un jour
Une robe couleur d’amour.
Ajoutons des yeux pleins de lumière –
Prévoir des lunettes de soleil (non pas pour se cacher
Mais parce que tout brille si fort)
Un maquillage léger – de la simplicité
quelques perles de moments
un sac d’émerveillement
en musique vivante véritable!
Une touche de classe
dans les chaussures par exemple
ou des chaussons de danse, selon.
Quelques gouttes de parfum discret
Intemporel
C’est tout.
Il l’avait prédit :
Sous le pont Mirabeau coule la Seine
La joie viendra toujours après la peine.

*   *   *

Je voulais écrire un poème qui parlerait de la réalisation de rêves impossibles, si incroyable que j’ai encore du mal à y croire : je vais me trouver bientôt à Paris, ma ville natale adorée, en compagnie de mon amoureux : musicien, pianiste, chef d’orchestre, érudit ; sur un bateau-mouche de rêve, à l’occasion de la tournée de sa compagnie de danse (Pacific Northwest Ballet) à Paris – compagnie très respectée de danse classique qui, pour ceux qui me connaissent, est mon amour d’enfance.
La preuve que je n’ai pas tout inventé ? je mets ici le lien : https://www.laseinemusicale.com/spectacles-concerts/les-etes-de-la-danse_e134


WHAT TO WEAR FOR A BOAT RIDE BRUNCH ON THE SEINE
WITH A DANCE COMPANY AND ITS CONDUCTOR.

A dress the color of dreams
those of a little girl
Not too short, because water ran under the bridges
with not too many sequins, because we are in Paris
a little black dress?
or a little swan dress?
(be careful not to outshine the dancers!)
a dress the color of happiness and joy
without any sepia notes
A dress of a day
A dress the color of love.
Let’s add eyes full of light –
Don’t forget sunglasses (not for hiding
But because everything shines so strongly)
Light makeup – simplicity
some pearls of moments
a purse of wonder
made of real live music!
A touch of class
in shoes for example
or dance shoes, depending.
A few drops of discreet perfume
Timeless
That’s all.
He predicted it:
Under the Mirabeau bridge flows the Seine
Joy will always follow grief.

COMMUTE SESTINA

COMMUTE SESTINA

Light but steady footsteps on radio soundwaves, a Mozart sonata
Graces my car and joins in my daily commute
And suddenly the highway becomes a promenade,
Where gentle piano themes on someone’s piano weave
—strong and clear threads of sounds harmonious—
A living tapestry of luminous landscape.

Did Mozart ever see a similar landscape
As this, when writing with his quill this pensive sonata
Or rather what my mind imagines of serene and harmonious
Germanic villages in lazy summer storms, which commute
My vision into a brand new weave,
Of superimposed sounds, a whole new promenade.

While New Hampshire fields, trees and phone lines promenade
At seventy miles per hour around me – a landscape
Familiar and static – fugitive emotions in colorful flows weave
Themselves in a new riverbed shaping my day into a sonata,
The most perfect poem for my morning commute
Touching this sky and earth making them harmonious.

Presently, woody forest edges, morning fogs, various harmonious
Sights now present themselves, a different promenade
Schubert’s own meditation (did he ever commute?)
From his mind to the page to my ears and mind’s eye, and landscape
The morning into a Piano trio in E-flat, not quite a sonata
But a changing fabric of deep joys and sadness as he knew how to weave.

Long summer afternoons in wooded areas where trees weave
In the sky, shimmering reflections of a stream, all harmonious
Visions, which I see through his eyes, shape themselves into a sonata
Where piano, violin and cello rise and in turn promenade
In my car their exquisite voices and charm the landscape
The most perfect moment for my morning commute.

Deliberate and slow the soulful steps commute
Into my heart and perform an alchemy where themes weave
From what would be mundane the most precious landscape
A living soul could ever derive, the most heavenly harmonious.
Passing by, the elusive jewels on this sound promenade
Color through time and space this morning’s sonata.

Companions of commute, with the harmonious
Melodies you were inspired to weave, you joined my promenade
Through this, my life’s landscape, and shared your sonata.

 


SESTINA DE LA ROUTE DU MATIN

Des pas légers mais réguliers sur les ondes radio, une sonate
De Mozart s’invite dans ma voiture et se joint à mon trajet quotidien
Et soudain l’autoroute devient une promenade,
Où des thèmes de piano forment un tissage
De fils solides et clairs de sons harmonieux
La tapisserie vivante d’un lumineux paysage.

Mozart a-t-il jamais vu pareil paysage
Ecrivant de sa plume cette pensive sonate
Ou plutôt ce que mon esprit imagine : sereins et harmonieux
Villages germaniques, orages d’été paresseux, qui changent
Ma vision en un tout nouveau tissage
De sons superposés, une toute nouvelle promenade.

Alors que champs, arbres et lignes téléphoniques du New Hampshire font une promenade
À soixante-dix miles par heure autour de moi – paysage
Familier et statique – des flots colorés d’émotions fugitives se tissent
Entre-eux en un lit de rivière qui façonne ma journée en une sonate
Le poème le plus parfait pour mon trajet du matin
Touchant le ciel et la terre, les rendant harmonieux.

A présent, sous-bois, brouillards matinaux, divers lieux harmonieux
Se présentent, différente promenade
La méditation de Schubert (a-t-il déjà fait un trajet du matin?)
De son esprit à la page, de mes oreilles à mon œil intérieur, transforme
L’heure matinale en un trio de piano en mi bémol, pas tout à fait une sonate
Mais un tissu changeant de joies profondes et de tristesse comme il savait tisser.

Longs après-midi d’été dans des zones boisées où les arbres se tissent
Dans le ciel, reflets chatoyants d’un ruisseau, des visions harmonieuses
Que je vois à travers ses yeux, et qui forment une sonate
Où piano, violon et violoncelle tour à tour font leur promenade.
Dans ma voiture, leurs voix exquises charment le paysage
Moment le plus parfait pour mon trajet du matin.

Délibérés et lents, ces pas émouvants dans mon trajet du matin
Transforment mon cœur en une alchimie où les thèmes se tissent
Et rendent précieux le plus banal des paysages,
Plus qu’une âme vivante ne pourrait imaginer, le plus harmonieux.
De passage, les joyaux insaisissables de cette sonore promenade
Colorent le temps et l’espace de la matinale sonate.

Compagnons de trajet, grâce aux mélodies harmonieuses
Que vous avez tissées, vous avez touché ma promenade,
Rejoint le paysage de ma vie, en partageant votre sonate.

LA DIFFERENCE ENTRE BELMONDO ET MOI

Bebel2LA DIFFERENCE ENTRE BELMONDO ET MOI

Il y a des gens qui vivent comme Jean-Paul Belmondo
Sautant d’avions en plein vol, cigare au bec
Saluant le monde en bas avec le même sourire frondeur
Et puis il y a les autres, comme moi
Qui ont plutôt tendance à réaliser leurs peurs les plus profondes
Puis baisser la tête et regarder leurs chaussures.
Par exemple quand j’étais prof de français à l’école américaine
Une fille me visait avec son pistolet à eau.
Et puis plus tard, j’ai été virée
Puis douze ans plus tard ma propre fille a fait
Pré-ci-sé-ment
comme les élèves qui me traumatisaient
Isn’t it funny ?
Le garçon qui arrivait en retard exactement tous les matins ?
Entrant dans la classe en cours, ses yeux bleus sans expression
Que je n’ai jamais compris et que je méprisais en silence,
Ou la fille bipolaire qui explosait en pétard au moindre cheveu de travers
Dont j’avais une peur infinie ?
Voilà, c’est moi, c’est ma vie. Voilà ce que je me suis inventé.
Ah comment me suis-je démerdée ?

Pendant ce temps lui, Belmondo, positif et désinvolte
Matérialisait les hélicoptères et les belles pépées,
Peau bronzée, dents blanches, des tonnes de blé
Il est quand même plus à envier.
Est-ce qu’il faut que je me mette à fumer le cigare ?
Pourtant sans déconner,
Il a dû quand-même en avoir, des peurs et des déboires
Belmondo.
Sans-doute qu’il leur faisait juste coucou d’en haut
Il n’a jamais eu peur d’un pistolet à eau.

* * *

J’ai retrouvé ce texte composé l’année dernière, qui n’est pas exactementd’actualité, mais je ne suis pas dans l’actualité, plutôt dans le récit de moments.


THE DIFFERENCE BETWEEN JEAN-PAUL BELMONDO AND ME

There are people who live like Jean-Paul Belmondo
Jumping from airplanes while smoking a cigar
Greeting the world below with a winning smile
And then there are others like me
Who tend to realize their deepest fears
Then lower their heads and look at their shoes.
For example when I was French teacher at the American school
A girl aimed at me with her water pistol.
And then later, I was fired
Twelve years later my own daughter did
Precisely
What the students did, who traumatized me
Isn’t it funny?
The boy who arrived late every single morning?
Entering the ongoing class, his blue eyes expressionless
Who I never understood and who I silently despised,
Or the bipolar girl who exploded like a firecracker at the slightest crooked hair
Who I had an infinite fear of?
That’s me, it’s my life. That’s what I invented for myself.
Oh, how did I manage that?

Meanwhile he, Belmondo, positive and flippant
Materialized helicopters and beautiful bimbos,
Tan skin, white teeth, tons of dough
He fared a little bit better.
Do I have to smoke the cigar?
Now really,
He must have had some fears and disappointments
Belmondo.
Maybe he just greeted them from above
He was never afraid of a water pistol.

 

 

Illustration: «Le Guignolo» (PHOTO/ATELIER D’IMAGES)

I – IDENTITE*

Carte postale escalier casse-cou

CANADA

J’écris ceci sur la page d’un vieux journal
À côté d’un autre poème
Assise sur une marche de l’Escalier Casse-cou à Québec
Au milieu d’une foule en shorts
Mon journal sur les genoux
Le soleil aveuglant mes pupilles.

Oh Canada, scènes d‘étés passés
Tu es mon pied sur la borne de frontière
Tu es les premiers sons du Français québécois à la radio
Tu es les phares des voitures filant sur le Pont Champlain ou Jacques Cartier vers l’Ile au Trésor
Tu es les longues rues aux noms de saints
Tu es les pavés du Vieux-Montréal et ses étalages de cartes postales

Tu es une tablée de livres neufs dans une librairie:
La grosse femme d’à côté est enceinte, de Michel Tremblay
Juliette Pomerleau, de Yves Beauchemin
Maria Chapdelaine par Louis Hémon
La Grande Vie de Christian Bobin
ou Parties de plaisir, par Martin Laliberté
Titres et noms mêlés juste pour moi
Dans cette Intersection d’un diagramme de Venn

Oh Canada, je ne t’oublie pas
Tandis que j’évoque un étalage de livres
En levant la poussière le long de la rue Ste Catherine
À la recherche du prochain Renaud-Bray

Tu es le film français apporté à mes yeux larmoyants
Tu es le graffiti de couleur sur les murs
Tu es les escaliers de secours, les terrasses
Tu es Berri-Uquam, Plamondon et Mont Royal
Tu es les chambres d’hôtes et les amoureux qui dînent en plein air
Tu es la voix de Leo Ferré qui flotte chez Temporel à Québec
Tu es la chaleur des stations de métro de Montréal en hiver
Tu es les néons des enseignes des strip-tease
Tu es l’aventure miraculeuse, la découverte éblouissante
de l’ Eldorado inattendu
Mais pas seulement ça.
Tu es la fille et le garçon qui font de l’auto-stop le long de l’autoroute
et atterrissent à Sherbrooke, et un autre jour à l’escalier Casse-Cou
Et écrivent des poèmes assis sur les marches au soleil.
Et la fille, c’est moi.

 

* * *

 

Retour à ma saga canadienne. Je me suis inspirée- OK, j’ai copié le poème de Billy Collins, Canada. Je ne suis pas fière. Je n’ai pas honte non plus. C’était un exercice et quelle meilleure façon d’apprendre que de copier un pro. Cependant, le contenu est à moi.
* I pour Identité : je trouve au moins trois cultures au Québec : Canadienne, Française et Américaine.

 


 

CANADA

I am writing this on the page of an old journal
Next to another poem
Sitting on a step of the Breakneck Steps in Quebec
In the middle of a crowd wearing shorts
Balancing my notebook on my knee
Blinded by the sun

Oh Canada, scenes of past summers
You are my foot on the border stone
You are the first sounds of Quebecois French on the radio
You are the cars speeding on Champlain or Jacques Cartier bridge
towards the Treasure Island
You are the long streets with names of saints
You are the cobblestones of Old Montreal and its displays of souvenirs

You are a table of new books in a bookstore:
The fat woman next door is pregnant, by Michel Tremblay
Juliette Pomerleau, byYves Beauchemin
Maria Chapdelaine by Louis Hémon
La grande vie by Christian Bobn
or Parties de plaisir, by Martin Laliberté
Titles and names mingled just for me
In this intersection of a Venn Diagram

Oh Canada, I do not forget you
as I evoke a display of books
while raising dust on St. Catherine Street
Looking for the next Renaud-Bray

You are the French film brought to my teary eyes
You are the color graffiti on the walls
You are the fire escapes, the terraces
You are Berri-Uquam, Plamondon and Mont Royal
You are bed and breakfast rooms and lovers dining al fresco
You are the voice of Leo Ferré rising at Chez Temporel in Quebec City
You are the warmth of Montreal subway stations in winter
You are strip-club neon signs
You are the miraculous adventure, the dazzling discovery
of an unexpected Eldorado
But not only that.
You are the girl and the boy hitchhiking along the highway
who land at Sherbrooke, and another day at the Breakneck Steps
And write poems sitting in the sun.
And the girl is me.

* * *

Back to my Canadian saga. Here, I was largely inspired, in fact, I blatantly copied Billy Collins’ poem, Canada. I am not proud. I am not ashamed either. It was an exercise and what best way to learn than to copy a pro. The contents, however, are all mine.
* I for Identity : je trouve au moins trois cultures au Québec : Canadienne, Française et Américaine.
Illustration: Carte Postale du Vieux Quebec, Escalier casse-cou.2*

LES NUS D’HIER

LES NUS D’HIER

Les nus d’hier, portés par le feu de l’action
Avec tambours et trompettes
Faisaient des choses importantes
Pour le reste de l’humanité et de l’histoire
Leurs formes s’élançaient sur les murs des monuments
Ou volaient enrubannées au plafond des églises.
Ils posaient pour des peintres
Qui étudiaient l’anatomie
Ils tordaient leurs corps généreux, forts, musculeux
Et levaient les yeux aux cieux d’un air inspiré
Ou malheureux
Les nymphes se reposaient dans les bosquets
Certaines quasiment rubéniennes
Les hommes exhibaient des muscles saillants, des troncs solides
Parfois des feuilles de vigne.

Les nus d’aujourd’hui posent surtout
En clichés d’avant-garde noir et blanc dans les musées
En couleur sur les vitrines des pharmacies,
Ou sur les abribus
Et vendent de la lingerie, des crèmes à épiler,
Des crèmes pour mincir, pour bronzer
Les nus d’aujourd’hui, moins portés sur l’action
Sont aussi moins allégoriques
Plus commerciaux
Ils posent pour un photographe
Puis sont retouchés au pistolet aérographe
On fait beaucoup moins d’angelots ailés.
Ils ont en général perdu leurs rondeurs
(A moins qu’il ne s’agisse de photos médicales)
L’accent est mis sur le détail et le grain de la peau
Les nus ne racontent plus l’histoire en tableau.

On note que parfois, avant le velcro et les épingles à nourrices
Les héros se dénudaient dans s’effort
Tels La liberté guidant le peuple
Parfois, les stars le font encore
Sous les flash, au Festival de Cannes.

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NUDES OF YESTERDAY

The nudes of yesterday, carried by the fire of action
With drums and trumpets
Performed important things
For the rest of humanity and history
Their shapes darted on the walls of the monuments
Or flew, beribboned, up on church ceilings.
They posed for painters
Who studied anatomy
Twisted their generous, strong, muscular bodies
And looked up to heaven with an inspired air
Or an unhappy stance
Nymphs rested in groves
Some quasi-Rubenesque
Men showed off protruding muscles, solid trunks
Sometimes a fig leaf.

Today’s nudes figure  mostly
On avant-garde black and white clichés in museums
In color on the windows of pharmacies,
Or on bus shelters
To sell lingerie, depilatory creams,
Creams for slimming, or tanning
Today’s nudes, less focused on action
Are also less allegorical
More commercial
They pose for a photographer
Then are touched up with an airbrush gun
We find a lot less winged cherubs.
Today’s nudes have lost most of their curves
(Unless we’re talking about medical photos)
Focus is on detail and the grain of the skin
They don’t tell a story in pictures anymore.

We will note that sometimes, before Velcro and safety pins
Heroes stripped off in the midst of effort
Like Liberty Leading The People
Sometimes you will still see this happening to a star
At the Cannes Film Festival.

* * *

Ma participation à l’Agenda Ironique de Mai sur le thème du nu.

Illustrations:
Jacques-Louis David, Patroclus, Musée Thomas-Henry
Publicite Aubade

I DON’T BELIEVE IN GLUE

Glue

I DON’T BELIEVE IN GLUE

You can try to prove to me
That glue is effective
I’ll listen to you politely
But you won’t make me believe

I know for certain in my life
That glue is wishful thinking
I applied it – if it didn’t work
It was not for lack of trying

Glue sticks, for one, start drying up
The first day school supplies are furnished
And if they don’t, what was affixed
Will lift off before you project is finished

Not much more luck with Crazy Glue
That always flows unbidden from the tube
And will more likely fuse your fingers
Than the pot you wanted to rehab

I don’t believe in Elmer’s glue
Which oozes from under all papers
And makes it wrinkle with wetness
As if you had just used water

Gorilla Glue sounds impressive
So does shoemaker’s glue
They work just as well as self-adhesive
Or gum and spit to mend my shoe

Iron-on labels on our camp clothes
Always came curling up
Like the glue on my first marriage
Nothing will ever hold up

Give me a magnet or scotch-tape
Give me a nail and hammer
Thumbtacks, pushpins, thread and needle
They will all perform better

Glue is the stuff of impermanence
That’s its only credit
With it nothing stays together
Here is my truth and I’ll stick to it.

* * *

I realized the other day that I do not trust glue at all. This realization was so strong that I had to turn it into a poem.
Special thanks to Allan for his editing and suggestions.

 


 

JE NE CROIS PAS A LA COLLE

Vous pouvez essayer de me prouver
Que la colle est efficace
Je vous écouterai poliment
Mais vous ne me ferez pas croire

Je sais avec certitude dans ma vie
Que la colle est un vœu pieux
Je l’ai tenté, si ça n’a pas marché
Ce n’était pas faute d’avoir essayé

Les bâtons de colle sèchent toujours
Dans la boite de fournitures scolaires
Et dans le cas contraire, ce qui a été collé
s’envolera avant la fin de ce que vous vouliez faire

Pas beaucoup plus de chance avec Crazy Glue
Qui jaillit toujours du tube
Et fusionnera plutôt vos doigts
Que le pot que vous vouliez réparer

Je ne crois pas à la colle blanche
Qui suinte de tous les papiers
Et le fait se plisser d’humidité
Comme si c’était de l’eau que vous veniez d’utiliser

La Gorilla Glue semble aussi impressionnante
Que la colle de cordonnier
Elles fonctionnent aussi bien que l’auto-adhésif
Ou un vieux chewing-gum pour réparer mes souliers

Les étiquettes thermocollantes sur nos vêtements de colonie
Se décollaient au premier lavage
Comme la colle de mon premier mariage
Rien ne tiendra donc jamais

Donnez-moi un aimant ou du scotch
Donnez-moi un clou et un marteau
des punaises, fil et aiguille
Ils performent tous beaucoup mieux

La colle est l’étoffe de l’impermanence
C’est là son seul crédit
Avec elle rien ne reste ensemble
Voici ma vérité et j’adhère à ce que je dis.

* * *

Je me suis rendue compte l’autre jour que non, je ne fais pas du tout confiance à la colle. Cette réalisation était si forte que j’ai dû en faire un poème.
Remerciements à Allan pour sa relecture et ses suggestions.

MY FACE VS. THE WATCH

FIGURE 38.2

MY FACE VS THE WATCH

“At 50, everyone has the face he deserves.”
George Orwell

I looked at old pictures last night
And saw my younger face.
The one I had forgotten
So used to the one I have now.
Which is the one I deserve, they say.

My brain looks smooth there too
Less wrinkled by the wear and tear
And then I looked at my watch
To rewind time
And its face was smooth as well.

I couldn’t rewind time or refresh my mind
So I simply watched the movie backward
Eighteen year old slightly skinny in a long coat (you love that one)
Twenty-two year old smoking a cigarette at a friend’s window
Femme fatale

The face I deserved then:
Almond-shaped smooth Virgin Mary holiness
(They never show the Virgin Mary in old age)
What face does a saint deserve?
Face value
Do I deserve a face-lift?

Avec le temps va, tout s’en va…
The face I deserve now :
Certain drooping of the eyelid
Discreet pouches under the eyes
Serious frown lines
Plis d’amertume (and resting bitch face)
The beginning of jowls
The occasional pimple among the wrinkles
An air of Maturity!

This is the face I will want in ten years, they say
Depending on the light I imagine
(Did I want the face I had ten years ago?)
Maybe I should start taking selfies
In dim holy candlelight from now on.

 


 

MON VISAGE CONTRE LA MONTRE

“À 50 ans, tout le monde a le visage qu’il mérite.”
George Orwell

J’ai regardé de vieilles photos hier soir
Et j’ai vu mon visage plus jeune.

J’avais oublié celui-là
Tellement habitué à celui que j’ai maintenant.
Celui que je mérite, ils disent.

Mon cerveau semble lisse là aussi
Moins ridé par l’usure
Et puis j’ai regardé ma montre
Pour rembobiner le temps
Et sa face était lisse aussi.

Je ne pouvais pas rembobiner le temps ni rafraîchir mon esprit
Alors j’ai simplement regardé le film en arrière
Dix-huit ans, légèrement maigre dans un long manteau (la photo que tu aimes)
Vingt-deux ans, fumant une cigarette à la fenêtre d’une amie
Femme fatale

Le visage que je méritais alors:
En forme d’amande lisse, la sainteté de la Vierge Marie
(Ils ne montrent jamais la Vierge Marie dans la vieillesse)
Quel visage mérite un saint?
Valeur nominale
Est-ce que je mérite un lifting?

Avec le temps va, tout s’en va …
Le visage que je mérite maintenant:
Certain tombant de la paupière
Poches discrètes sous les yeux
Graves lignes de froncement de sourcils
Plis d’amertume (et face de chienne au repos)
Un début de bajoues
Et l’occasionnel bouton parmi les rides
Un air de maturité!

C’est le visage que je voudrai dans dix ans
En fonction de la lumière, je pense
(Est-ce que je voulais le visage que j’avais il y a dix ans, vingt ans?)
Peut-être que je devrais commencer à prendre des selfies
A la lueur de cierges, à partir de maintenant.

 

*

 

Illustrations from:https://entokey.com/the-aging-face/
Figure 38.2 A, This painting by William Scrots (1546) displays the young teenage future matriarch, Elizabeth, with a full face and flawless skin. B, This portrait painting by Marcus Gheeraerts the Younger (late 1590s) of an older Queen Elizabeth I depicts marked facial weathering and volume loss with a thinning face and extensive rhytid formation.