POEM ABOUT A WALK-IN CLOSET / GARDE ROBE

Aucun rapport avec ma série précédente. Qui pourrait bien être finie, parce que je crois que j’ai mis la touche finale au tableau. Mais rien n’est sûr.  le petit joyau qui suit en français et en anglais m’a été inspiré quand ma fille cherchait un appartement.

POEM ABOUT A WALK-IN CLOSET
The apartment came with a walk-in closet
so they walked in
for a stroll
They stuffed their noses in the clothes
hanging in there
she went straight to the “go-to pants”
which had her name written all over them
tripped on the shoes lying around,
Did you have a good trip? He joked
it was a mixed bag, in there
organized and disorganized
with recessed lights and no windows
and then they never walked out
Because there is no such thing as a walk-out closet

There was also a walk-in bathtub
but they did not get a chance to visit.

J’ai joué sur le sens littéral d’expressions familières qui n’ont pas d’équivalent en Français (que je sache). Alors je vous propose un exemple de très mauvaise traduction, pour les vraiment curieux, et un anglicisme assorti : « Ca ne fait pas de sens ».


POÈME SUR UN GARDE-ROBE

L’appartement était équipé d’une pièce garde-robe
alors ils sont entrés
pour jeter un coup d’œil
Ils ont fourré leur nez dans les vêtements
accrochés là
elle est allée directement au « pantalon de prédilection »
qui avait son nom écrit partout
trébuché sur les chaussures qui traînaient,
Est-ce que tu as fait un bon voyage? il a plaisanté
c’était un sac de mélange, là-dedans
organisé et désorganisé
avec des lumières encastrées et pas de fenêtres
et puis ils ne sont jamais sortis
Parce qu’il n’y a pas de garde-robe « sortie »
Il y avait aussi une baignoire à l’italienne
mais ils n’ont pas eu l’occasion de visiter.

STORY OF THE BOY WHO WENT TO NEPAL/HISTOIRE …

STORY OF THE BOY WHO WENT TO NEPAL

Once upon a time there was a boy in that college
The most beautiful boy on campus
As beautiful as the silhouette
of Jim Morrison painted in the basement
of Old Kenyon, where parties went on,
painted with a black light that brought him out of the wall
Which is incidentally where I met the boy
Whose name I can’t remember.

He wore a t-shirt that read
“Sinfully delicious” on the back

That boy came one day to see me
and we talked and we talked
I don’t remember what about
but he was just as beautiful
in my room as he had been out
And then I didn’t see much of him anymore.

When I left the campus at the end of the school year
Someone who knew him told me that the boy
was planning to fly on a plane to France
And I had a glimmer of hope
That it might be for me!

Imagine the lights glowing
Of that Boeing 737 on the tarmac
at night, in the fog,
on the right and left-side wings!
And then I forgot all about him,
as I never bumped into him in Paris.

Until one day someone who knew him told me
that when he had landed in Paris
the City of Lights
He took a look around himself
then caught another plane to Nepal

To this day I am still wondering
If he took his “Sinfully Delicious”
T-shirt to Nepal, of all places
And if he turned around because
He didn’t see me at the airport
I will never know.


HISTOIRE DU GARÇON QUI EST PARTI AU NÉPAL

Il était une fois un garçon dans ce collège
Le plus beau garçon du campus
Aussi beau que la silhouette
de Jim Morrison peinte au sous-sol
du Vieux Kenyon, où se déroulaient les fêtes,
avec une lumière noire qui le faisait sortir du mur
L’endroit même où j’ai rencontré le garçon
Dont je ne me souviens plus du nom.

Il portait un t-shirt qui disait :
” Délicieux comme un péché” au dos

Ce garçon est venu un jour me voir
et nous avons parlé et parlé
Je ne me souviens pas de quoi
mais il était tout aussi beau
dans ma chambre qu’il l’était au dehors
Et puis je l’ai perdu de vu.

Quand j’ai quitté le campus à la fin de l’année scolaire
Quelqu’un qui le connaissait m’a dit que le garçon
prévoyait de prendre l’avion pour la France
Et j’ai eu une lueur d’espoir
Que ce soit pour moi !

Imaginez les lumières qui brillent
De ce Boeing 737 sur le tarmac
la nuit, dans le brouillard,
sur les ailes droite et gauche !
Et puis je n’y ai plus pensé
Car je ne l’ai jamais croisé à Paris.

Jusqu’au jour où quelqu’un qui le connaissait m’a dit
que quand il avait débarqué à Paris
la Ville des Lumières
Il avait regardé autour de lui
Puis avais pris un autre avion
pour le Népal

A ce jour je me demande encore
S’il avait emmené son T-shirt
“Sinfully Delicious” au Népal
Et s’il avait fait demi-tour parce que
Il ne m’avait pas vu à l’aéroport
Je ne saurai jamais.


On approche de la fin de ma collection de poèmes basés sur les souvenirs de mon année d’assistanat aux Etats-Unis, souvenirs de jeunesse dans lesquels je me suis replongée pendant le confinement. Je crois qu’il en reste quelques-uns dans le sac, un ou deux, pas plus.

FRAT BOYS IN DINING HALLS/DANS LES REFECTOIRES…

FRAT BOYS IN DINING HALLS

Don’t get close, you said, warning me
while I wondered, seeing nothing special
about the rows of boys sitting at Pierce dining hall
like rowing teams
regular American boys

To see through your eyes was like a second trip to a foreign country
its secret codes, its stereotypes,
its languages and dialects,
its danger zones and hidden gems, its well-kept secrets
I had to navigate your maps, having scarcely discovered a new country
I had to learn your very specific point of view
Mine was innocent and naïve
Yours was full of discernments of fine threats

You wore frayed jeans, a drug-rug, a small earring on the left ear,
and casual leather boots with undone laces
You made it sound that they were hiding something
Something unholy about those frat boys
Allusions, imprecise – they meet and they drink and they are not us
Their aims are vaguely menacing.

But, will you let me have one word in?
the setting was right for them.
Now the formal dining hall did not belong to us
we were estranged
we belonged to small-scale homey casual settings

Maybe they had a lot to offer
Surely they ate the same things as us
I am naïve, I know

With you I became a local by adoption
I learned to avoid the frat boys
for no reason of my own.

Now we have separated, I am revisiting America
I revisited the frat boys
and found out you were right on that one.

Pierce Dining Hall, Kenyon College

GARÇONS DE FRATERNITES DANS LES REFECTOIRES

Ne t’approche pas, tu m’avertissais
Et je me posais des questions, ne voyant rien de spécial
dans les rangées de garçons alignés aux tables du réfectoire Pierce
Comme des équipes d’aviron
A première vue des garçons américains tout à fait ordinaires

Voir à travers tes yeux était comme un deuxième voyage dans un pays étranger
ses codes secrets, ses stéréotypes,
ses langues et ses dialectes,
ses zones de danger et ses trésors cachés, ses secrets bien gardés
J’ai dû naviguer sur tes cartes, ayant à peine découvert un nouveau pays
J’ai dû apprendre ton point de vue très spécifique
Le mien innocent et naïf
Le tien plein de discernements et de fines menaces

Tu portais un jean effiloché, une petite boucle d’oreille sur la gauche,
des bottes en cuir aux des lacets défaits
Tu m’as fait entendre qu’ils cachaient quelque chose
Quelque chose de pas clair chez ces garçons de fraternité
Allusions, imprécises – ils se rassemblent et ils boivent et ils ne sont pas nous
Leurs objectifs sont vaguement menaçants.

Mais, est-ce que je peux en placer une ?
le cadre était le leur
Maintenant, la salle à manger formelle ne nous appartenait plus
nous étions éloignés
nous appartenions à des lieux plus intimes et à petite échelle
Peut-être qu’ils avaient beaucoup à offrir
Sûrement mangeaient-ils la même chose que nous ?

Je suis naïve, je sais
Avec toi je suis devenu locale par adoption
J’ai appris à éviter les garçons de fraternité
sans aucune raison de ma part.

Maintenant que nous sommes séparés, je revisite l’Amérique
J’ai revisité les garçons de fraternité
et j’ai découvert que je n’avais pas raté grand-chose
Là au moins tu avais raison.

Annette et la tasse de café

Pour l’Agenda Ironique de Juillet – qui se tient… chez moi ce mois-ci! (voir l’avant-dernier billet). J’ai emprunté et mélangé, comme tout artiste digne de ce nom. Et si vous reconnaissez les références, je vous félicite personnellement.

Le café est un peu fort ce matin, ahh, le café du café du coin, ils ont mis du reggae à la radio, toum toum, toum toum, elle balance la tête en rythme, comme une pile électrique, comme une vraie mécanique, il n’y a pas mieux que ce café goudron dans la tasse, sans lait, sans sucre, sans filtre, c’est comme ça le matin une page nouvelle, cric crac les engrenages qui se décoincent après la nuit, elle s’est réveillée trop tôt ce matin, elle se tournait et se retournait comme du popcorn, trop chaud, trop froid, elle s’était contournée vers le réveil en se donnant un torticolis, il disait quatre heure et demi, et toutes ces pensées noires qui restaient suspendues dans un ciel d’orage avec cet air lugubre de Scarlatti, do mi la sol, fa mi re, la, sol fa qui déambulait à pas lent en bande sonore, mais slurp, voilà qu’elles étaient toutes parties maintenant ces pensées, slurp, elle prenait soin de faire slurp, comme les japonais qui faisaient slurp en aspirant leurs nouilles de riz, c’était un signe de politesse, et puis faire hhaaaaaaa après, mais pas trop fort, en regardant les gens du coin qui défilaient devant le comptoir, des familles avec des bébés, des hommes, des femmes, des enfants, des ribambelles en short, en robes, en sandales en flip flop, il n’y a rien de mieux que l’été et les robes, les robes en voiles de bateau, en toile de parachute, flap flap qui volent au vent, c’est aujourd’hui qu’elle allait la faire, la robe en lin blanc de ses rêves, elle y arriverait, après toutes ces années, toutes les conditions étaient réunies aujourd’hui, donc à la machine Singer Tchicatchicatchicatchic point droit, point zigzag, le long de la couture, autoroute à toute vitesse, manches longues, manches trois-quart, manches courtes, sans manches, la robe de lin blanc, col rond ou col en V ? slurp, on pourra faire les deux, la robe déclinée en bleu, en jaune moutarde, khaki, en puis en coton, en soie, en jersey ; légère et court vêtue, cotillon simple et souliers plats, Je frappe au numéro un…Je d’mande mamzelle Angèle, la concierge me répond, mais quel métier fait-elle elle fait des pantalons, des jupes et des jupons, et des gilets d’dentelle, elle fait des pantalons, des jupes et des jupons, et des gilets d’coton, hahaha, je ne connais pas, ce genre de métier, allez voir à côté… elle chantonne sur un tempo reggae la chanson en entier, passe au numéro deux avec un accent américain pour changer, et puis elle arrête là, mais la machine s’emballe, c’est bien assez d’être petite main, maintenant elle doit penser à sa carrière, à faire du fric, le fwic c’est chic, on dirait que je serais Dior, la nouvelle Coco Chanel, je suis un entrepreneur moi madame,  dit-elle avec conviction et sérieux en son fort intérieur, elle se voit saluer, penchant la tête, modestement mais non, ce n’est rien, c’est juste mon génie! les robes défilent dans sa tête, sur les catwalks de Paris, London, Tokyo, New York, Hourah ! clap clap clap clap clap clap clap clap seulement il faudrait qu’elle sache faire les finitions, parce que jusqu’à présent, il faut avouer, elle s’accommode avec les bords qui s’effilochent, dzouing, les fils qui dépassent et pendouillent, ça ne fait pas professionnel, ça madame, ça fait même un peu sloppy, tiens voilà qu’elle se parle en anglais maintenant, c’est la célébrité soudaine, pourtant il faudra bien qu’elle s’y mette  aux finitions, « des pieds spéciaux pour votre surjeteuse Pfaff ! Couture, découpe, finitions en une seule opération ne sont qu’un aperçu des avantages que vous offre une surjeteuse, » disent les annonces, mais que se passe-t ‘il, la tasse est vide depuis un moment, hélas, il semble qu’elle ait moins envie de se ruer sur la machine, parce qu’il faut bien le dire, l’effet de la caféine s’émousse, ça ne dure pas une éternité, heureusement qu’elle a repéré la porte des toilettes et qu’elle est encore entrouverte, crash, le café a fait son chemin, onze heures du matin et le cerveau crie famine, adieu Dior, Coco, Lanvin, une légère lassitude s’installe, il se pourrait qu’elle fasse une sieste tout à l’heure, ce projet de couture attendra, d’ailleurs elle a senti un plic ploc sur sa main en sortant, pas un temps pour une robe, on verra bien demain.

GO ASK ALICE/FUMER AVEC ALICE

GO ASK ALICE

While certainly frightening
The experiment in Janice’s bedroom in the Old Kenyon building
Where the Ghost of old Kenyon was lurking already
Was necessary and instructive.

Janice was wearing a Salvation Army shirt
With yellow pineapples against a blue background.
She flashed white teeth as she smiled
And laughed softly as if the whole thing
Was not a matter of becoming stupid,
As in stupefying your brain
Your already underused mind
But instead, performing a sacramental rite
Or opening some kind of door
That had been locked before
Maybe for some good reason.

I wanted to be brave
So I thought I would try
Stepping to the other side of the mirror
And into another room
To rummage where it was none of my business
And what on earth would I find there?
I’d never really been the sort
to go where I was not supposed to go, especially
if it involved alarming paraphernalia

To add another layer of smoky flavor
She started playing on her CD player
A song that disturbed the heck out of me
Called Go ask Alice
Who was that Alice?
The voice I heard was that of a far-out creature
with floating sleeves stirring a pot of shroom and newt

So I did smoke with them that day
and I know
you are curious to find out what happened.

The first time, I was told, you feel nothing
Like nettles or poison Ivy you feel nothing at first
But after a while, together we stepped out of the room
The three of us and we visited a class
While floating a few centimeters above the floor
And the professor’s voice came through a haze
Oddly nothing was sturdy and things were drifting.

The day after, I put my conventional clothes back on
As well as my sensible shoes
And went back to studying with my regular half-brain.

I found I still do not share the preoccupation
With visiting otherworldly realms to access some knowledge
While messing up with the old cranks and pullies
When I have scarcely begun visiting this perfectly fine world
Thank you very much.

^ ^ ^

FUMER AVEC ALICE

Bien que certainement effrayante
l’expérience dans la chambre de Janice dans le bâtiment Old Kenyon
où le fantôme du vieux Kenyon se baladait déjà
était nécessaire et instructive.

Janice portait une chemise de thrift shop
Avec des ananas jaunes sur fond bleu.
Elle montrait ses dents blanches quand elle souriait
Et riait bêtement
comme s’Il ne s’agissait pas de devenir stupide,
De liquéfier un cerveau humain déjà sous-utilisé
Mais d’accomplir un sacrement
D’ouvrir une sorte de porte
Verrouillée auparavant
Sûrement pour une bonne raison.

Je voulais être courageuse
Alors j’ai accepté d’essayer
De passer de l’autre côté du miroir
Et dans une autre pièce
Pour fouiller là où ce n’était pas mes affaires
Et que diable y trouverais-je?
Je n’ai jamais vraiment été du genre
A aller là où je n’étais pas censée aller,
Surtout s’il fallait pour cela tout un attirail inquiétant

Pour ajouter une autre couche d’arôme fumée
Elle a mis sur son lecteur CD
Une chanson étrange et bizarre
Appelée Go Ask Alice
Qui donc était cette Alice?
La voix que j’entendais m’évoquait une créature lointaine
Aux manches flottantes touillant dans un chaudron
De champignons et de triton

Donc j’ai fumé avec eux ce jour-là
Et je sais
Que vous êtes curieux de savoir ce qui s’est passé.

La première fois, dit-on, on ne ressent rien
Comme les orties ou le poison Ivy,
On ne ressent rien au départ

Mais après un moment, nous sommes sortis
Tous les trois et avons visité une classe
Flottant à quelques centimètres du sol
Avec la voix du professeur qui traversait la brume
C’était assez étrange que rien ne soit solide et que les choses dérivent.

Le lendemain, j’ai continué à porter mes vêtements conventionnels
Et mes chaussures sensées et je suis retournée
Etudier avec mon demi-cerveau habituel.

J’ai trouvé que je ne partage pas la préoccupation des autres
A visiter d’autres royaumes
Pour accéder à certaines connaissances
En passant outre les vieilles manivelles et poulies

Et en flottant comme des zombies.
Alors que je viens juste de commencer
A visiter ce monde tout à fait correct.


If a reader asks, I am aware that there is a big difference with this cannabis-smoking experience and the psychedelic LSD experience of the song. But I am not the one who played the song and set up the atmosphere!

Si un lecteur se le demande, je suis bien consciente qu’il y a une grande différence entre cette expérience de fumer du cannabis et l’expérience psychédélique de LSD de la chanson. Mais ce n’est pas moi qui ai joué la chanson et créé l’ambiance !

AGENDA IRONIQUE DE JUILLET!

TSOUIN TSOUIN TSOUIN (sonnent les trompettes de la victoire)

Je reviens de mes (courtes) vacances et je tombe les flip-flops et le chapeau de paille pour vous annoncer le résultat des votes:

1ère place: Une petite sirène, de Lyssamara

Et comme organisateur, vous réclamez tous Iotop!

Merci à tous de votre participation !

Signé : VictorHugotte


L’organisateur?

LES TEXTES – C:EST ICI!!

https://ledessousdesmots.wordpress.com/2021/07/14/le-temps-de-sourire-et-lombre-fait-langage/

https://toutloperaoupresque655890715.com/2021/07/10/plan-plan-rataplan-cest-le-bruit-du-tambour/

https://touslesdrapeaux.xyz/agenda_ironique.html

https://laglobule2.wordpress.com/2021/07/07/journee-bof-mais-pas-trop-agenda-ironique-de-juillet/

https://victorhugotte.com/2021/07/15/annette-et-la-tasse-de-cafe/

Lyssamara participe ici :

https://docs.google.com/document/d/1WN9xrBjtuM3Sxm49YxTMkA4tuH7uldSk9US-gK8XR8I/edit?usp=drivesdk

https://chchshr.wordpress.com/2021/07/24/agent-dart-den-rire-un-homme-a-toper/


Tchachacha, froufrou, splat, et scouic.

Je vous propose d’utiliser onomatopées, répétitions et accumulations pour relater une étape de la vie d’une personne, ou un moment particulier, comme par exemple les préparatifs du matin, ou du soir. Quelques borborygmes seraient aussi les bienvenus.

Vous avez jusqu’au 26 juillet, et puis après on vote. Clap clap clap !

Si vous êtes nouveau ou nouvelle, vous postez votre texte sur votre blog, shlak!, et puis hop, vous copiez-collez le lien dans les commentaires ci-dessous.
Tic toc, tic toc…

CHAPEL WEDDING

CHAPEL WEDDING

You were leading, as usual:
your country, your college, your way
and I happily followed
down Middle Path
bemused, blissfully borrowed from my own self

We stood in front of the chapel
you always liked a good chapel
with candles burning inside
that evening we walked in
like when you walk into a ruin
looking for treasures
shiny bottles of colored glass

We both liked a good adventure
there was nobody else around
we stayed inside for a while
breathing the holy air
Look, you pointed up to a bird
banging its body on rafters above
We took this for some sign

Perhaps we lit a candle
For the two of us
Then we came out
and sat on the front steps
against a closed door
and I lit up a cigarette
that was before you requested I quit

I remember that evening
and thought I might write it down
with no other meaning than to record
One of the celebrations in me life


LA CHAPELLE

Tu menais, comme d’habitude
ton pays, ton université, ton chemin
et je suivais avec plaisir
sur Middle Path
amusée, béatement empruntée à moi-même

Nous sommes arrivés devant la chapelle
tu as toujours aimé une bonne chapelle
avec des bougies allumées dedans
ce soir-là, nous sommes entrés
comme quand tu pénètres dans une ruine
à la recherche de trésors,
des petites bouteilles de verre coloré

Nous aimons tous les deux une bonne aventure
Il n’y avait personne
nous sommes restés un moment à l’intérieur
a respirer l’air sacré
regarde, tu as pointé du doigt un oiseau
qui cognait son corps sur les poutres au-dessus
nous avons pris ça pour un signe

Peut-être avons-nous allumé une bougie
pour nous deux
puis nous sommes sortis
et nous sommes assis sur les marches
contre une porte fermée
et j’ai allumé une cigarette
c’était avant que tu me demandes d’arrêter

Je me souviens de ce soir là
et j’ai pensé que je pourrais le mettre noir sur blanc
sans autre signification que d’enregistrer
Une des célébrations de ma vie.


Illustration: Church of the Holy Spirit, Kenyon College

Encore un souvenir, des moments qui reviennent comme des images, des bornes le long du chemin.

THE PROFESSORS I DIDN’T GET TO MEET / LES PROFESSEURS…

THE PROFESSORS I DIDN’T GET TO MEET

Students and faculty alike
Would ask with knowing smiles
Mentioning a legendary literature professor
Do you remember So and So?
Or Such and Such?

When I got to Kenyon College
They were long gone, although
I felt their presence
In tweed jackets, smoking pipes
Looking over my shoulder
Sometimes wagging a disapproving finger
Before floating away
Along with their professorial knowledge

I know they gathered in Memorial Halls
Sharing insubstantial cheddar-cubes and sherry
Reciting to each other verses
in rhymes and classic form,
Writing studies and critical essays
About other old-time poets.

Among them was John Crowe Ransom
Who had been gone for three decades
Though the shadow of his ghost
Was still wandering Old Kenyon lecture halls
With the varnished wood pulpits

He always popped up in conversations
Appearing and disappearing
But I was too young for him
And took classes with professors
Of flesh and blood, brick and mortar.

To this day I am still guilty
Of never having read them
The Old Kenyon College professors
And I bow to them all
Again and again in heaven.


LES PROFESSEURS QUE JE N’AI PAS RENCONTRÉS

Étudiants et professeurs me demandaient
avec des sourires entendus
A propos de tel ou tel légendaire professeur de littérature
Vous souvenez-vous de lui?

Quand je suis arrivée à Kenyon College
Ils étaient partis depuis belle lurette, bien que
je sente encore leur présence
Veste de tweed, fumant la pipe
Regardant par-dessus mon épaule
Parfois agitant un doigt désapprobateur
Avant de flotter dans les airs
Avec leurs connaissances professorales

Je sais qu’ils se réunissaient dans les Memorial Halls
Partageant d’insubstantiels sherry et cubes de cheddar
Se récitant entre eux des vers
En rimes et forme classique,
Ecrivant des études et essais critiques
À propos d’autres poètes d’antan.

Parmi eux John Crowe Ransom
Parti depuis trois décennies
L’ombre de son fantôme
Errant encore dans les amphithéâtres du Vieux Kenyon
Aux chaires de bois vernis.

Il se matérialisait dans les conversations
Apparaissait et disparaissait à sa guise
Mais j’étais trop jeune pour lui
Et prenais des cours avec des professeurs
De chair et d’os, brique et mortier.

A ce jour je suis encore coupable
De n’avoir jamais lu
Les professeurs du vieux Kenyon College
Et je m’incline devant eux
Encore et encore, au paradis.

The first editors of the Kenyon Review, from left to right: Philip Blair Rice, John Crowe Ransom and Norman Johnson.