G – Grec: Le goût des Baklavas de Montréal

Vous ne savez pas quel goût il a, mon Canada

Vous ne savez pas le goût des bleuets, des rôties

Sur le menu loufoque à Sherbrooke

Etudié pour la première fois

Après plusieurs jours d’auto-stop

Dans des camions d’Hostess Twinkies

Ou avec des  preachers  commerciaux.

Il a le goût de l’aventure

De la jeunesse

Et aussi et surtout,

Le goût du Baklava

Que nous avions acheté

Avec les pièces qui nous restaient

Dans le petit restaurant Grec

De la rue St. Denis, Ste Catherine, ou avenue Papineau

Qui en avait des ronds, des carrés

Des triangulaires, des aux noix ou aux pistaches

Bref, le Baklava qui nous avait fait

Eclater de rire

de bonheur

A tout ce miel,

Toute cette richesse

Que nous portions encore en nous à cette époque.

Evidemment il y a toujours des Grecs à Montréal

Mais il n’y aura plus jamais nous.

F – Les Filles du Roy

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The Arrival of the French Girls at Quebec, Charles William Jefferys [Public domain], via Wikimedia Commons

Cette semaine, mon billet sous forme de pitch de film:

“Si vous êtes comme moi, vous aimeriez bien tout savoir sur Les filles du Roy, ces filles et jeune-femmes françaises qui, sous le règne de Louis XIV, ont traversé l’atlantique pour se marier avec les colons déjà installés et ainsi peupler le Québec.
Vous aimeriez voir ce film sous forme de romance bien ficelée, sur grand-écran, avec un énorme budget et des recherches historiques pointues pour recréer les costumes, les paysages et les conditions de vie réelles.

Si ce film existe déjà, alors corrigez- moi.
Sinon, il faudrait le créer.

C’est vrai, nous nous posons sûrement les mêmes questions :
Quel âge avaient-elles ?
D’où venaient-elles ? Orphelinats, hôpitaux ?
Quel était l’état d’esprit de ces femmes?
Partaient-elles contre leur gré ?
Pourquoi étaient-elles prête à laisser leur pays derrière elles ? Qu’espéraient-elles ? Cherchaient-elles l’aventure ? L’amour ?
Avaient-elles un choix ?
Avaient-elles perdu tout espoir en France ?
Peut-être était-ce une motivation matérielle ? La dot offerte par Louis XIV?
Avaient-elles peur ?
Savaient-elle qu’il fait froid au Québec et que ce n’était pas Paris ? Etaient-elles préparées ?

Toutes questions auxquelles je n’ai pas trouvé de réponse satisfaisante malgré mes propres recherches (relativement) intensives.
Ensuite, à l’arrivée, qui étaient ces hommes qui les attendaient ?
D’où venaient-ils ?
Quel était leur état d’esprit, qu’attendaient-ils ?
Etaient-ils endurcis par les difficultés de leur propre voyage, par la colonisation d’un nouveau pays, le labeur de la terre, en plus du climat rigoureux du Québec ?
Faut-il les imaginer abrutis par l’alcool ou héroïques? capables de tendresse et de délicatesse envers une femme ?
Etaient-ils attirés par l’idée de fonder une famille ou plutôt poussés au mariage par convoitise de cette fameuse dot royale? En quoi consistait-elle ?

Comment se rencontraient-ils ? Speed-dating ? bals?
A quoi tout ça ressemblait-il?
Et ensuite, la vie de ces femmes à l’arrivée.
Leurs espérances étaient-elles satisfaites ?
S’adaptaient-elles ? Trouvaient-elles le bonheur ?
Il faudrait voir tout ça.

Voici donc ma proposition de film :

Titre du film : LES FILLES DU ROY
Genre : Long métrage, Film historique Franco-Canadien à grand budget
Casting: équivalents français actuels d’Isabelle Adjani, Juliette Binoche, et Sophie Marceau
Lieu de tournage : Versailles, Paris et province de 1663 à 1673 ; Montréal à la même époque.

Personnages principaux :
Perrine : fille du Roy, orpheline
Jeanne : fille du Roy
Madeleine : fille du Roy
Marguerite Bourgeoys : Fondatrice des Soeurs de la Congrégation de Notre-Dame

Thème : Les destins fictif (ou romancés) de trois Françaises recrutées tout comme un millier de jeune filles pour peupler la Nouvelle France, basé sur un fait historique du 17e siècle.

Synopsis : En 1663 trois orphelines sont appelée sous Louis XIV à joindre le nombre des filles envoyées au Québec pour se marier avec les colons et fonder des familles. L’histoire suit les trois jeunes filles pendant 1) leur recrutement, leurs hésitations à l’idée d’un déracinement et d’une situation forcée dans un nouvel environnement, et la vision d’une vie différente ;
2) les 21 jours de la traversée en mer pendant lesquels elles se rencontrent et forment des amitiés ;
3) leur découverte de la Nouvelle France, sa géographie, ses habitants, et surtout les colons français. Leur hébergement dans l’ordre créé par Marguerite Bourgeoys. Les soirées organisées pour que les filles et hommes à marier se rencontrent.
Des couples commencent à se faire.
Et là, paf ! super-idylle de star !
Happy ending !

Le box- office explose !”

Qu’en pensez-vous ?
L’auriez-vous fait, le voyage ?

Je joins un lien avec plein d’info sur le sujet historique :
http://ssjb.com/filles-du-roy-et-meres-de-tout-un-peuple/
et un autre
http://www.migrations.fr/700fillesroy.htm

Objets trouvés

Collage surrealiste

 

 

 

 

 

 

Une boite de méli-mélo a été retrouvée
Ce matin à la cafeteria (quel fatras !)
Nous saurions gré au propriétaire de bien venir la chercher
Certains objets bizarres ont été identifiés
Vous n’êtes pas sans savoir que la direction
S’oppose au désordre : nous cherchons l’ordre avant toute chose.

Nous avons des suspicions quant à qui a laissé ces trucs
Nous ne voulons pas pointer du doigt
Il serait bien qu’il se désignasse lui-même
Nous croyons reconnaitre son melon et sa pipe
Mais au fait, s’agit-il bien d’une pipe ?

Nous aurions bien commenté sur le sens de cette débauche
Mais ce n’est pas la place dans ce mémo.
Disons seulement que c’est un beau désordre
On pourrait même dire que les choses ont été placées artistiquement
Le couvre-chef au milieu… La perspective…

Nous n’avons pu nous empêcher, entre nous,
D’analyser le contenu, de pencher la tête sur ce tas
De nous gratter la gourde, et le genou
Et d’en tirer des conclusions : d’abord cette nymphe à poil ?
Et la pipe qui flotte ?

Nous avons pensé ceci :
Pipe : symbole de l’intellectuel de gauche
Pomme : symbole de Maurice Chevalier
Et puis nous avons séché.

Finalement nous avons fait appel à un critique d’art
(Certes certifié dans l’art de la Renaissance)
qui nous a bien confirmé qu’il s’agirait
De La boite dont sortiraient Tous les maux de l’humanité
Sous forme de ces symbolibelots en forme d’allégorie.
Il faudrait y voir :
La fainéantise – sur son canapé (prétendant ne pas avoir de pieds pour ne pas avoir à marcher)
La peur – que le ciel vous tombe sur la poire (le melon)
L’addiction (la pipe)
Les lumières atténuées de la raison et de la vérité (Le lampadaire, tout petit petit, au loin)
Le manque de maturité (la pomme : même pour une Granny Smith, elle est verte)
L’indécision, (le pépin qui ne sait pas s’il est dedans ou dehors)
Et l’anarchisme (les bottes prêtes à écraser le feu rouge).

En partant, au pas de la porte, il (le critique) nous a balancé cette phrase sibylline :
« Nom d’une pipe en boite, il ne faut plus prendre les parapluies pour des sirènes !»
Il avait l’air bien énervé.

Alors, nous avons tout remballé,
La pomme, les pompes, la pipe, les ombres. Le luminaire.
Le parapluie, le galure et la feignasse.
Prière au coupable que ce message concerne
De venir récupérer la boite sans délais.

Signé : La direction

C’était dur mais je l’ai fait : ma réponse au concours de l’Agenda Ironique de ce mois-ci.

 

D – CELINE DION

Tim Hortons Monreal

Nous avions sauté la lettre D ? Pas si vite.

Considérations variées sur le thème de Céline Dion.

Visite de la basilique Notre Dame à Montréal
En cherchant en ligne un hôtel à Montréal, j’avais remarqué qu’ils affichaient tous une photo de la Basilique Notre Dame de Montréal à la fin des photos des chambres.
Je n’avais jamais pensé auparavant à visiter la cathédrale. La religion Catholique, je ne suis ni pour, ni contre, bien au contraire. J’ai grandi dedans. Mais je me suis retrouvée adulte sans dénomination précise.
Les images m’ont donné envie de visiter cette basilique.
Je me suis donc rendue à Place d’Armes. Dehors une magnifique façade sur un espace imposant.
Dedans, une magnifique nef, lumière atténuée filtrant à travers de beaux vitraux compliqués ; sur les murs, des scènes bibliques; la voûte un ciel bleu-nuit couvert d’étoiles d’or (chacune une feuille d’or pur). Et surtout devant, admirable point focal : une lumineuse source de bleu céleste sur laquelle se profilent des dentelles de bois, comme un palais à étages composé de niches encadrant des statues représentant des scènes telles que le couronnement de la vierge.

Et c’est à ce moment que la guide qui s’adresse au groupe remarque que « c’est dans cette basilique que Céline Dion a célébré son mariage en 1994. »
Reconfiguration des données comme le ferait mon GPS. Les références changent soudain de registre.
Céline Dion ? Tiens ? Ah, mais oui. Rêve de petite fille. Conte de fées. Bien sûr.
Soudain, les lumières savamment installées derrière les statues, tous les fastes et les dorures et les étoiles au ciel, me donnent l’impression étrange que je me trouve à Las Vegas. Je m’attends à voir les trapézistes du Cirque du Soleil débouler dans le ciel étoilé.

Céline Dion en voiture
Je n’écoute pas beaucoup les chansons de Céline Dion mais j’en connais car il y a eu des moments où il était difficile de l’éviter. Un peu avant Titanic. Des chansons qui passaient à la radio à Boston. Je ne sais pas exactement où je les entendais, peut-être dans les magasins que je traversais sur le chemin de mon travail d’intérimaire, à pieds dans les vieilles rues de Boston.

Plus tard, au volant d’une voiture, j’ai acquis un CD de ses chansons hyper-produites, aux arrangements somptueux comme on dit. Pourquoi ? Parce que j’avais envie de confort. Parce qu’écouter un CD de Céline Dion, c’est une ballade dans un autre monde (que le mien) – le temps d’une chanson, on a trois piscines dehors, un palace de trente pièces et des studios d’enregistrement calfeutrés à l’intérieur. On se sent un peu seul, mais sans plus aucun soucis matériel. On baigne dans des canapés profonds et moelleux, et dans la piscine.
Mais il fait bon en sortir, parce que je changerais la décoration assez rapidement. Tous ces murs sombres repeints en tons clairs par exemple. Enfin tout à revoir.
Je la vendrais même, la demeure, je rachèterais autre-chose. A Paris.
Ca fait du bien de changer d’univers, de sentir la sécurité, la chaleur du luxe. C’est bon de sentir l’opulence. La richesse donne un sentiment d’expansion. C’est difficile à rendre avec une guitare acoustique, ou un seul piano.
C’est juste qu’au bout d’un moment, je trouve ça kitsch, ces paroles qui manquent un peu de profondeur, et puis tout le reste.
C’est bien aussi de ne pas avoir trop d’attaches matérielles.

Ziggy
A chaque fois que je traînais dans les rues de Montréal à la tombée du jour, en passant devant les magasins un peu louches de vêtements de soirée (jupes trop courtes, velours vermillon, cuir, grosses fermetures éclair, talons hauts, cuissardes imitation cuir) je pensais à Ziggy. Celui de la chanson.

A chaque-fois, je me posais des questions :
Pourquoi la fille se jetait sur lui dans la rue ?
D’abord, qu’est-ce qu’elle faisait, seule, dans la rue à quatre heures du matin ?
Une des danseuses exotiques de la rue Sainte-Catherine ? Mais ces filles-là ne se jettent pas sur les gens dans la rue, que je sache.
Et lui, Ziggy, ça ne le dérangeait pas que cette inconnue désaxée (que j’imaginais échevelée et vêtue des vêtements achetés dans les magasins locaux comme ces cuissardes en skaï lacées,) l’attaque de cette façon ? Il trouvait ça normal. Peut-être qu’il avait l’habitude. Blasé. Une de plus, une de moins… Ou bien il était très, très patient. Il venait de passer une excellente soirée à méditer dans un centre Zen, et il était plein de compassion et de sagesse qu’il pouvait déverser sur cette pauvre âme perdue.
Il l’invitait à prendre un café. Pas du tout recommandé au milieu de la nuit, et surtout pas pour les troubles de l’humeur. Mais passons outre.
« On s’est raconté nos vies. On a ri, on a pleuré. » Là, je ne vois rien de mal : session de thérapie improvisée. C’est cathartique. Il très possible que la paix se rétablisse d’elle-même par la suite. Mais après… il l’emmène danser ? j’espère que ce n’est pas la même nuit ! C’est l’effet de la caféine. Enfin, là on n’est pas sûr. Il y a un peu d’ambiguïté.
Lui avait l’air d’avoir une vie assez rangée, dans sa boutique de disque. Pas trop survolté, tout au moins pendant la journée. Son influence allait peut-être la calmer. Sauf qu’elle s’était maintenant trouvé un autre problème que la solitude : elle était amoureuse d’un homosexuel qui ne l’aimerait jamais. Le genre de fille qui a toujours un problème. Et puis il aurait fallu qu’elle prenne ses responsabilités. Dire « ce n’est pas de ma faute » c’est trop facile.

Enfin, je ne suis ni thérapeute ni mamie rabat-joie. Je regarde ça d’un peu loin d’un regard magnanime.
Voilà. Donc quand je traîne dans les rues de Montréal et que je me demande si je vais tomber sur Ziggy dans un Tim Hortons, je regarde aussi si je vais voir Céline Dion un peu décoiffée en face de lui, remuant son café avec sa petite cuillère. Peut-être que je suis un peu jalouse, parce que moi qui dors si bien, je manquerais sûrement quelque-chose.

Billet d’humeur : La Faute de l’abbé Mouret et Jeanne Moreau

 

Jeanne Moreau nous a quittés le 31 Juillet 2017 à l’âge de 89 ans.
Sa femme de ménage l’a trouvée morte au petit matin dans un fauteuil, chez elle, seule.

Commentaires sur YouTube : « Une telle star du cinéma, mourir seule, abandonnée de tous, sans famille, si c’est pas triste, quand même ! »

Deux ou trois choses que je sais d’elle :

Titres ou paroles de ses chansons :
On dit que je ne suis pas sage
Pas la bague au doigt
Et je fais l’amour, la nuit comme le jour

Ses films :
Les liaisons dangereuses
Jules et Jim

Son livre préféré :
La faute de l’abbé Mouret, d’Emile Zola
Qu’elle a lu à l’âge de sept ans.

Ce que j’en comprends ? C’est simple. Jeanne Moreau ne voulait pas être Albine. Albine qui meurt étouffée par les fleurs du jardin du Paradis terrestre.
Alors que Serge Mouret, lui, a continué à vivre, avec la mort d’Albine sur la conscience, même s’il avait l’approbation du clergé. Et probablement un contrat sacré avec son Dieu.

Mais seulement après avoir cédé à Albine et au jardin, comme s’il était tout à fait innocent, oubliant de façon très commode sa relation spéciale avec la sainte Vierge, ou simplement dans l’ignorance totale du genre humain et de la loi de la dualité en ce qui concerne les sexes. Une oie blanche, l’abbé Mouret. Et puis soudainement, on lui apprend que non, le jardin terrestre, c’est un péché !
Alors, grande découverte ! Et il parait se repentir de quelque-chose. On ne sait pas quoi, puisqu’il n’avait pas prémédité sa faute, puisqu’il était ignorant !

La pauvre Albine, elle, ne comprend pas non plus. Elle reste là, seule, dans le froid.

Tous les deux, donc, vivent un calvaire séparés l’un de l’autre, au nom d’un Dieu bizarre et pervers. Pervers et cruel.

Et comme elle avait mis toute sa vie dans son amour pour Serge Mouret, elle en meurt. Dans une savoureuse scène où Zola la montre empilant dans une chapelle les herbes odorantes cueillies dans son jardin pour en faire un somptueux lit mortuaire. Elle meurt asphyxiée par leurs parfums.

Entendu ailleurs : Jeanne Moreau dit « J’ai aimé, j’ai été aimée, maintenant je me repose. »

Parce que Jeanne Moreau a vécu, elle, au contraire d’Albine. Elle a vécu dans son jardin, à écosser les petits pois, parfois même.

Sans avoir à être dépendante d’un seul homme pour son bonheur, au cas où Serge Mouret se serait réincarné pour son bénéfice.
La leçon était apprise.

Si Jeanne Moreau est morte seule, c’est la faute de l’Abbé Mouret.

*

Ce billet d’humeur répond à une proposition d’écriture offerte par le blog Agenda ironique.
Je venais justement de relire La faute de l’abbé Mouret pour comprendre un peu Jeanne Moreau, qui avait raconté dans une interview que ce livre l’avait libérée.
A la vue du sujet, mon sang n’a fait qu’un tour et ce billet s’est écrit de lui-même.

E – EXPO 67

 

 

EXPO 67
Je voulais écrire un poème sur l’Expo 67 à Montréal
Poème qui aurait donné une idée de la foule ces jours-là
De la portée de l’effort : 62 nations représentées
Un portrait animé
De prouesses architecturales futuristes et colorées
A l’instar de la tour Eiffel, ou de l’aiguille spatiale de Seattle.

Escortée d’une hôtesse britannique
Vêtue d’une minijupe Mary Quant épurée
Sous un ciel bleu pastel parfait
J’aurais offert une visite guidée de la biosphère,
Ainsi qu’un aperçu des 90 pavillons
Et de leurs thèmes respectifs.

Mais sous un bourdonnement lancinant de haut-parleurs et de fanfare
Menant à une surcharge sensorielle
Qui m’aurait donné envie de rentrer chez moi et de me cacher
De l’avancement du monde tel qu’il était en 1967
J’aurais dû faire mon chemin à travers les foules,
A la recherche d’informations pertinentes pour ce poème –
Qui aurait fait allusion au thème principal
“L’homme et son monde” en petites touches et suggestions,

J’aurais aimé entre-autre offrir un aperçu
De Jackie Kennedy de dos
Et faire mention de la gaffe de Charles de Gaulle
A propos du Québec libre
Pour donner au lecteur une idée de l’énergie folle,
De l’excitation, optimisme en ébullition
Des découvertes scientifiques
Nouvelles vrilles de technologie tendues vers le ciel
Comme le germe impérieux d’une gousse d’ail dans mon frigo

Et Montréal dévoilant timidement sa grandeur au monde –

Mais j’ai été submergée par la quantité de travail qu’il aurait fallu abattre,
Les connaissances techniques et scientifiques et le vocabulaire à acquérir
Et un seul poème n’aurait pas été suffisant.

Alors je me suis juste mise là, comme Waldo dans la foule
Visiteuse parmi les 50306648 visiteurs
Là, sur le monorail rouge de La Ronde
Voyez, je vous fais signe de loin.

*

 E-EXPO 67

I wanted to write a poem about “Expo 67” in Montreal
Poem that would have given an idea of the crowd,
The scope of the efforts of 62 nations represented
A lively and exciting poem
With colorful futuristic architectural feats
Matching the Eiffel Tower, or the Seattle Space Needle.

Escorted by a British hostess
Wearing a clean-cut Mary Quant miniskirt
Under a perfect pastel blue sky
I would have offered a guided tour of the biosphere
As well as an overview of the 90 pavilions
And their respective themes

The throbbing buzz of loudspeakers and fanfare
Leading to a sensory overload
Would have made me want to go home and hide
From the advancement of the world then in 1967
While I made my way through the crowds
In search of relevant information for this poem –
Which would have referred to the main theme of
“Man and His World” in small touches and suggestions

I wanted among other things to provide a glimpse
Of Jackie Kennedy from the back
And mention Charles de Gaulle’s blunder
About free Quebec!
To give the reader an idea of the crazy new energy
the excitement, optimism, effervescence
Scientific discoveries and new shoots full of hope
New technology tendrils stretched to the sky
Like the imperious germ of a clove of garlic in my fridge

And Montreal shyly revealing its greatness to the world

But I was overwhelmed by the amount of work involved,
what with the acute technical and scientific knowledge and vocabulary
And one poem would not have been enough

So I just put myself there, like Waldo in the crowd
One of the 50306648 visitors
Riding the red monorail of La Ronde
Waving to you from a distance.

*

I discovered there had been a Montreal 1967 International and Universal Exposition while visiting the Montreal History Center a few years ago, the same way I accidentally learned about the 1962 Seattle World Fair (Exposition Universelle) while visiting the Seattle Space Needle last year. Similarly, and strangely enough, I (ahem) only found out that the Eiffel Tower was a byproduct of the Exposition Universelle of 1889 in Paris, while I worked for a translation company in Boston. I missed all the other World Fairs since.
What planet do I come from? I don’t even know.

Here is a fun video I found on YouTube: https://youtu.be/DEly-bm5eU0

Reconnaissance à Carnets Paresseux pour son idée. Plagia de ma part ? j’espère que non. Emprunt admiratif, hommage respectueux plutôt. Peut-être qu’il existe déjà un genre anti-pièce, où l’auteur met son léger blocage à jour pour en tirer profit.

C – pour Charlebois

Alphabet personnel du Canada: C – pour Charlebois

France 1982 – Deux salles de classe supplémentaires matérialisées dans une structure en préfabriqué qui ressemble à une cabane d’ouvriers flanquée entre le bâtiment de l’école (un ancien couvent imposant au centre-ville,) et la maison adjacente.
Entre les deux salles, un couloir aux parois en contreplaqué qui sentait fort la peinture, la colle et les relents d’un poêle à mazout. La peinture jaune pâle avait vite été décorée de graffitis : «Je suis un génie incompris, » des fleurs, des cœurs, des initiales, qu’on avait le temps de contempler et d’étudier parce qu’il faut toujours attendre entre la fin et le début des classes. Toute la classe piétinait en entrant le plancher poussiéreux qui grinçait et tanguait, ce qui renforçait le vertige provoqué par l’odeur.

L’histoire de ce génie incompris m’intriguait. Je me disais quel culot quand même ! Si c’était vrai, j’aurais bien connu la connaitre. Et moi au fait, peut-être que j’étais un génie incompris aussi. En fait je n’essayais même pas de me faire comprendre.

Dans ce monument précaire, provisoire, on nous envoyait pour les cours de dessin d’un côté ou de musique, de l’autre. Dans la classe de musique, l’odeur, puis le bruit. Le bruit des trente filles (c’était une école de fille) qui accordent, si l’on peut dire, leurs flûtes à bec, qui soufflent fort, qui remettent les trous en face des doigts.
La prof, une petite jeune femme un peu ronde aux cheveux courts nous faisait répéter ensemble la mélodie de « Je reviendrai à Montréal. »
Trente flûtes à bec dans la bouche d’adolescentes qui n’arrivent pas, le font exprès ou pas, qui postillonnent, ne contrôlent pas leurs flux d’air, produisant des souffleries stériles ou des cris stridents à casser les vitres.

Mi ..mi… fa.. sol… mi… sol… pfffff… do
Scriiiitch… pfffff … mi… couac… ré… do… la… sol

Je… re… vien… drai …à …Mont …réal
Dans …un… grand… Boeing… bleu… de… mer…

Pour ajouter au professionnalisme, Mme B. s’asseyait au piano droit déglingué pour accompagner la cacophonie. Tout ça sifflait comme un laborieux convoi traversant un ouragan sur l’arctique.

Cette chanson était bien connue. L’original par Charlebois passait souvent à la radio, une chanson rêveuse et nostalgique. Pour ma part, avant la reprise symphonique à la flûte à bec, elle me donnait envie de retourner à Montréal, moi qui n’y était jamais allée. L’émotion était tangible et transparente comme de la glace. Je sentais l’air pur, je voyais la réflexion du soleil dans les cristaux neigeux, les lacs étranges, les aurores boréales et la lumière du Labrador.
Mais quand on abuse des bonnes choses, on s’en dégoûterait presque.

Une décennie plus tard, j’avais l’occasion d’arpenter le long désert des rues qui n’en finissent pas, Qui vont jusqu’au bout de l’hiver, Sans qu’il y ait trace de pas.

Des trente flûtes mal embouchées ne restait qu’un petit souvenir anecdotique, mais je m’en souvenais quand-même, et je prenais ma revanche bien loin du petit cabanon qui empestait.

J’étais Charlebois. Je me mettais tout à fait à sa place. Nous étions interchangeables. La sensation du retour à Montréal était pure, sans même le nom d’une personne pour la ressentir.
Je vivais « le retour à Montréal. »

Depuis, je suis revenue de nombreuses fois, avec la même émotion que la première fois, et même de plus en plus forte tant il y avait de choses que Charlebois n’avait pas mentionnées dans sa chanson.

Imaginez une ville à taille humaine où le meilleur de la culture française, américaine et canadienne se mélangent. De la France on trouve les cafés, les librairies, la musique, la mode ; des Etats-Unis on a la familiarité, l’optimisme, le commerce; et du Québec on découvre l’accent, les expressions, la littérature, le sens de l’accueil et du décor, la politesse, l’humilité, la simplicité, le goût du rire et de la musique. Au risque d’avoir l’air d’une brochure de tourisme, je m’entête : une capitale cosmopolite avec des musées, concerts, théâtre, musique et danse de première classe, tout ça réuni dans une ville ou chaque petit quartier unique est accessible par métro, ou en vélo. Et je n’ai même pas parlé de la poutine.
Je devrais peut-être garder le secret avant qu’il s’évente.

 

B – Blé du Canada

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BLÉ DU CANADA

Nantes – du bureau de ma chambre
Vue imprenable sur
La page du bouquin à étudier
Le Bac à l’horizon.

Encore plus loin, terra-incognita
A laquelle on ne pense pas.
Le Bac ou la mort

Mais sur la table du petit déjeuner à la maison
Juste avant les jours d’examen
Soleil de Juin sur arbres en fleur
Il y a du Miel Crémeux du Canada

Ni miel mille-fleurs passe-partout
Ni miel de pin granuleux et amer
Mais un miel doux comme du beurre doux,
Avec un léger goût de vanille

J’imagine ces abeilles du Canada
Grosses et grasses commères
Potinant comme des concierges
Sur de douces fleurs aux tons pastel

On a vu aussi au supermarché
L’arrivée du pain en tranches blanches
Blé du Canada !
Dans lesquelles on entrevoyait
De vastes étendues moelleuses et pâles
Des hectares d’un grain plus tendre
Et plus généreux que le nôtre

Programme du Bac :
La Chine, l’URSS
Le Canada : grand producteur de blé
Après ? On parlait d’horizon bouché.
Certains sont très sérieux quand ils ont dix-huit ans.

Mais… un jour, on est libéré.
On croit à peine qu’on est sorti de cet entonnoir
Epiant une lumière au loin
De vastes étendues blondes
Sur le poster du Canada dans la cuisine de notre studio.

Droit devant, les grandes plaines libres !

Et puis un jour on y est, au Canada
Et c’est drôle, mais plus on s’approche
De l’horizon des espaces vides
Plus il s’éloigne
Devant, devant…

*

Dans l’alphabet de mon Canada: B pour Blé

Ma première année d’université, pour décorer mon studio, j’avais demandé des posters dans une agence de voyages. Tout à fait par hasard, j’avais hérité d’une image du Canada. Un paysage de champ de blé uniformément jaune sous un ciel uniformément bleu.
Le poster trônait dans ma cuisine. Ce n’est pas comme si je rêvais d’y aller. Qu’est-ce que j’aurais fait dans un grand champ de blé ? Je n’étais pas un corbeau!
Mais je voyageais malgré moi.
Je n’ai pas retrouvé l’image du poster, mais ça ressemblait à ça.

A – ALICE MUNRO

Alphabet personnel du Canada – A pour Alice Munro

Première rencontre à Portsmouth, dans le New Hampshire, dans une toute petite librairie locale. Quelque-chose m’avait attiré, le titre ? la couverture ?
Dear Life. La traduction du titre en français m’aurait peut-être moins attirée : Rien que la vie.

Dear life, comme le début d’une lettre, écrite à « la vie, » peut-être une lettre de rupture ? C’était prometteur. Moi aussi, j’aurais pas mal de choses à lui dire, à la vie ; quelques questions à lui poser, quelques points à mettre sur les i.
Mais ce n’était pas du tout ça.

En passant, dès qu’il y a « la vie » dans le titre, je sais que c’est pour bibi. On n’est pas introverti pour rien.

Dedans, c’était une collection de nouvelles, avec des personnages ayant une vie intérieure, tout au moins au moment précis de l’histoire ; des situations inhabituelles, beaucoup de voyages en train, en bus en voiture. Et justement, j’adore prendre le train ! Plein de mouvement intérieurs et extérieurs, tout ça avec des descriptions de paysages souvent enneigés et un peu tristounets, mais exactement comme je me représente le reste du Canada, puisque que je ne connais jusqu’à présent que le Québec, à part le saut en avion à Toronto qui ne m’a pas permis de voir beaucoup de paysage.
Donc le Canada, dans toute la splendeur de ses étendues plates et enneigées où il fait bon respirer et faire quelques pas dans la neige pour rentrer à l’intérieur vite.

Il y avait beaucoup de personnages femmes, avec des problèmes et des considérations de femmes. Je me suis retrouvée là. Par exemple : une jeune prof qui commence un emploi dans une école un peu retirée du monde, ses relations avec les autres enseignants, les élèves.
Ses histoires me semblaient intemporelles, plantées dans un paysage géographique et social, mais pas spécifiquement historique, bien qu’on en ait une vague idée. Elle ne se souciait pas de politique, ce qui me plaisait tout particulièrement : l’accent était mis sur la vie intérieure de ces femmes, leurs drames. Je n’avais jamais entendu le nom d’Alice Munro auparavant, mais je me demandais bien pourquoi. Je sentais bien que j’avais mis la main sur une valeur sûre. (ma copie n’avait pas d’autocollant Prix Nobel !)

La deuxième rencontre, c’était par le truchement de Cheryl Strayed, oui, l’auteure de Wild, lors d’un atelier d’écriture auquel je participais et qu’elle conduisait. Cheryl Strayed avant lancé à ronde « connaissez-vous Alice Munro ? une nouvelliste de haut niveau que tout le monde ne connait pas ! » Elle faisait bien-sûr appel à mon ego et mon sens de supériorité littéraire quand j’ai pu lever la main et dire « oui oui, M’dame ! moi je la connais ! »
Cette validation personnelle et accolade de lecture par une auteure que je respecte me l’a rendue encore plus chère. (Si j’ai rédigé des histoires ? moi, depuis ? c’est une tout autre question.)

Depuis, je me suis procuré Runaway (Fugitives en Français,) le recueil dont il était question. Et là, c’était encore mieux parce qu’il y avait un fil conducteur entre toutes les nouvelles : des femmes qui se font la malle.
L’idée me rappelait un roman que j’aimais bien déjà (c’est sûrement une catégorie littéraire,) par Ann Tyler, ou le personnage principal décide de tout plaquer : The Ladder of Years ou Une autre femme pour la traduction française.
Peut-être que c’est ce qu’on a envie de faire de temps en temps, nous les mères, surtout quand les enfants ou les maris ne sont pas de tout repos
Donc j’ai lu ce livre en cherchant des idées, des inspirations (50 façons de tout quitter), en cherchant un miroir de mes désirs de fuite à moi, surtout dans le passé parce que finalement je l’ai fait à un moment, divorcé, et que mon aînée est partie faire des études. Mais peut-être qu’on a toujours envie de partir.

Troisième rencontre : comme ma mère est une grande lectrice, je lui ai parlé d’Alice Munro. Peu de temps après, on discutait au téléphone quand maman m’a proposé de m’envoyer Fugitives en traduction Française. Je dois dire que l’idée me plaisait bien. J’ai beau adorer lire en anglais, ma deuxième langue après tout, je calais un peu sur ces histoires. « Attention, c’est assez soutenu comme lecture ! » me disait maman, comme si elle doutait de mes facultés intellectuelles ou même de mes intérêts littéraires et voulait me prévenir.

Trêve de plaisanteries.

Ce que j’aime justement dans ces recueils, c’est le défi de s’attaquer à quelque-chose de dense et de consistant, avec l’assurance qu’elle ne nous décevra pas et qu’on en aura pour nos efforts.

J’ai donc reçu la traduction en Français. Un livre de poche. Ecrit tout petit, ce qui n’arrange pas la santé oculaire, mais qui vaut quand même bien la peine de s’abimer un peu les yeux.
Et donc j’ai vérifié pour vous : c’est aussi bien en Français.

Au final, ce qui me plait surtout dans toutes ces histoires, c’est que la plupart ont la solidité de mythes resitués à nos jours, ce sont des fables contemporaines avec des personnages archétypaux en chair et en os. Par exemple cette presque vieille fille qui tombe amoureuse d’un homme rencontré un soir, puis qui se rend au rendez-vous qu’il lui avait proposé un an plus tard.
Ou l’histoire de cette adolescente qui croit comprendre qu’elle a été adoptée mais qui ne sait plus trop à qui se vouer jusqu’à ce qu’on sache à la fin de l’histoire. Presque un thriller !

Cette histoire-là est la dernière que j’ai lue, le temps d’un voyage en train, justement. C’était parfait. Je rentrais chez-moi au lieu de fuir, mais l’évasion qu’elle m’a donnée, elle, l’auteure, c’est justement ça qu’il me fallait. Un voyage au Canada.

*

Mon Alphabet personnel du Canada – voilà ce à quoi je m’attelle ces jours-ci.
Les vingt-cinq billets à venir devraient suivre l’ordre, si tout va bien, de notre alphabet familier.
Tout ce que vous apprendrez sur le Canada sera vu exclusivement à travers mes lunettes personnelles, donc un matériel en majeure partie subjectif !
J’invite vos commentaires.

#17 : « AH, JE RIS… ! »

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Cher lecteur, nous atteignons aujourd’hui plusieurs points cruciaux :
– la fin de cette série de mon blog sur Ma France, avec un billet préalablement intitulé
#17 : L’humour Français.
– l’anniversaire de ce même blog, que j’ai commencé il y a un an, en Octobre.

J’avais d’abord pensé qu’il y avait un humour typiquement français qui me manquerait, ou bien qu’on riait plus en France qu’ici, dans mon pays d’exile. Mais plus j’y ai pensé, et repensé, plus j’ai réalisé que mes plus gros fou-rires se sont passés ici, et que par conséquent, ce n’était pas l’humour français qui me manquait.

Justement, passons en revue ces crises d’hilarité :
La fois où, juste après la naissance de mon deuxième bébé, une gentille voisine avait sonné à notre porte pour nous offrir un plateau de Christmas cookies ou petits gâteaux de Noël faits maison. De retour à la table, j’avais été assez intriguée par le mini-marshmallow collé avec du glaçage blanc au beau milieu de la joue de Santa Claus, sous le bonnet rouge. Mais que signifiait ce petit monticule ? un gros bouton d’acné ? Cette idée de cette armée de Père Noëls avec leurs boutons d’acné clonés m’avait fait rouler par terre en me tordant les boyaux, jusqu’à ce que je réalise qu’ils étaient en fait censés représenter le pompon du bonnet du Père Noël.

La fois où au bureau dans lequel je travaillais, enceinte alors de mon première bébé, deux collègues et moi avions entamé une conversation devant la machine à café sur la bottomless cup of coffee ou tasse de café sans fond, qui fait référence à la pratique de certains café de vous remplir votre tasse gratuitement, l’image m’était venue de quelqu’un entrant avec une tasse de café sous la douche, ce qui en faisait une bottomless cup, image qui m’avait fait cracher mon café, m’avait secouée de hoquets d’hilarité et rempli les yeux de larmes.

Donc aucun rapport avec la France. Plutôt peut-être avec les hormones.

Ou alors peut-être plus récemment, dans Le grand blond avec une chaussure noire, la scène où le commissaire visionne sur grand-écran les photos de l’individu suspect, fraichement débarqué d’un vol, et qu’au lieu du personnage sombre et mystérieux attendu, on voit apparaitre des gros-plans de Pierre Richard les doigts plongés dans la bouche se débattant innocemment avec un caramel collé sur une de ses molaires, grimaces hilarantes qui semblent passer totalement inaperçues chez les policiers qui restent sérieux comme des papes.

Voilà donc ce qui me fait rire. Et s’il y a une forme d’humour français spécifique je me rends bien compte que je ne suis pas une spécialiste (comme je le suis du reste).

Ce blog a maintenant un an.
Je vois mes pages, poèmes et prose, mes pensées imprimées au cours des douze derniers mois, un reflet de certains aspects de moi-même, en quelque-sorte un miroir. Tout comme le vôtre, cher lecteur, et je trouve ça très intéressant.

J’ai l’honneur d’inviter à cette célébration la Castafiore, ce Rossignol Milanais si passionnée par son art qu’elle ne voit pas toujours le reste. Elle pavoise comme un coq dans la basse-cour, mais elle a beaucoup d’autres qualités, dont celle de me mettre en joie.

Et maintenant, de quoi allons-nous traiter dans ces pages ?

Pourquoi-pas du Canada, pour créer une sorte de trilogie : France, Canada, USA. Parce que je me propose rien de moins que ce challenge. Vous êtes prévenus.

La Castafiore