DEER POEMS / EPIPHANIES

selective focus photography of brown deer

Photo by Timo Volz on Pexels.com

DEER POEMS
I was walking on my old beaten path
The road that takes me down to the mill by the river
Half meditating, half lost in my thoughts
Looking for my center again
When I heard a crackle of twigs
A miniature stampede in the bush on my right
I expected a gaggle of teens
When in front of my eyes
And a few feet forward
Came out not one, not two, but five deer
crossing the road in a swift bee line
Into the deeper woods on the left.

The last one, a young buck
Pushed on its hind legs and
Sprung a magnificent leap
That took him in one bound
Over the road and into the bushes
To the rest of his family

Were they observing me?
I stayed a moment in silence
Hoping they would make a come-back
But the rustle of leaves came to a halt.

* * *

“Oh, another deer poem” my boyfriend had said,
Thirty years before
putting down a copy of the college poetry magazine
maybe rolling his eyes
cooly dismissing the whole poetic genre.

He told me about Saskia Hamilton,
promising Kenyon classmate
in the field of poetry
who wrote mysterious and delicate poems –
I remember the way she inserted
sibylline little dots between sections.
The kind of poem I had trouble understanding.
But I remember it was a Deer poem

I also remembered her name,
as smooth as the cool almond shape of her face
Framed by a single strand of dark hair
on the picture on the page

And every time thereafter
Every time I saw a deer, I thought of Saskia Hamilton
And what she could have said then.

* * *

Epiphany: when you touch the sensitive nerve of meaning
And a zap of lightning startles you into understanding.

There are happenstances so wild and strange
That they must have significance
Moments so scripted that they make you pinch yourself
Like when your lover appears in slow motion, walking to you
As if you had conjured it all up

That day dancing gold and reds and russets leaves
offset the grey stone walls, the darker asphalt
my feet in turn kicked or trod on plush carpets
wafting their autumn smell
Cool damp air like velvet on my skin

When the last little deer paraded his stick-figure grace
His little muzzle searching,
And executed his Nijinsky leap on the stage
back arched, tiny hooves pointing up
suspended in mid-air for my eyes only,
I knew for certain that it was not in vain
My search for peace
This was a sign to my soul
I had to accept it

And then
I thought I should compare notes with Saskia Hamilton

——-

This scene with my boyfriend (now my ex-husband) happened in 1988.
Because I remembered her name, I searched Saskia Hamilton and found out that she is now teaching poetry at Barnard College (while I am teaching poetry to the chickens in my head – see a previous poem).

I also found out that the singer songwriter Ben Folds had a song about her, written with Nick Hornby. Another amazingly strange coincidence is that I just read Ben Fold’s biography. Why? Because I saw the book at a local bookstore and was called by the title: Dream of lightning bugs. And I realized I knew One song by him, indeed a quality song, in both text and music. I wanted to know more about the life of this singer songwriter, and author of his own memoir. Because I am also obsessed by the genre. Another point was the pages I had opened the book at and caught a glance of was about destiny and twists of fate, and that Ben Folds was mentioning visualization as an occasional practice. I read the book and found out that his life and fate were made of hard work, inspiration, dedication and passion. The writing was funny at times and darker at others. After finishing, I gave it to a coworker who I knew was playing drums, as I thought she might find a kindred spirit there. I am not that into rock music, even at the piano. When I searched for the Saskia Hamilton song, I was prepared to be amazed by another unexpected connection, such as the fact that he had been at Kenyon College the same year I did, and met with the same Deer poem.
But nothing of the sort. The lyrics were about how he was in love with the sound of her name. (She got more assonance than she knows what to do with / I’m in love with Saskia Hamilton / She got two sibilants, no bilabial plosives)
I also found that song was co-written with Nick Hornby, who I know because I read and loved one of his popular books at the time: High Fidelity. That we had Saskia Hamilton in common was so highly unlikely.

 

 


EPIPHANIES

Je marchais sur mon ancien chemin battu
La route qui mène au moulin au bord de la rivière
Moitié méditant, moitié perdue dans mes pensées
A la recherche de mon centre
Quand j’entendis un craquement de brindilles
Une bousculade miniature dans la brousse à ma droite
Je m’attendais à un groupe d’enfants
Quand devant mes yeux, quelques pas plus loin
Apparurent non pas un, pas deux, mais cinq daims
Qui traversèrent la route en une file rapide
Et disparurent dans les bois plus profonds sur la gauche.

Le dernier, un jeune mâle
Poussa sur ses pattes arrières
Et fit un bond magnifique
Qui le mena d’un coup
De l’autre côté de la route dans les buissons
Avec le reste de sa famille

Est-ce qu’ils m’observaient?
Je suis restée un moment en silence
Espérant qu’ils reviendraient
Mais le bruissement des feuilles s’arrêta.

* * *

«Oh, encore un poème de daim» avait dit mon copain,
Trente ans auparavant
Posant sur la table une copie du magazine de poésie universitaire
peut-être levant les yeux aux ciel
se moquant du genre poétique.

Il avait mentionné l’auteur, Saskia Hamilton,
Une camarade de classe au talent prometteur
aux poèmes mystérieux et délicats –
Je me souviens particulièrement de sa façon d’insérer
Trois petits points sibyllins entre les sections.
Le genre de poème que j’ai du mal à comprendre.
Mais je me souviens bien qu’il s’agissait de cerf

Je me suis toujours souvenu de son nom,
aussi lisse que son visage en amande
Encadré par une mèche de cheveux noirs
Sur la photo de la page

Et chaque fois par la suite
Que j’ai vu un daim, j’ai pensé à Saskia Hamilton
Et ce qu’elle avait pu dire alors.

* * *

Epiphanie: quand on touche le nerf sensible du sens
Et qu’un éclat de compréhension vous apparait en un éclair.

Il y a des événements si sauvages et étranges
Qu’ils doivent avoir une signification
Moments tellement scriptés qu’ils vous font vous pincer
Comme quand votre amant apparaît au ralenti marchant dans votre direction
Comme si vous aviez tout imaginé

Ce jour-là, les feuilles tentées d’or de rouges et de roux dansaient
Contrastant avec le mur de pierre grise, l’asphalte plus sombre
Mes pieds tour à tour soulevaient les feuilles mortes ou foulaient un tapis moelleux
Une odeur automnale flottant autour de moi
Dans l’air frais et humide comme du velours sur ma peau

Quand le petit faon a offert à mes yeux sa gracieuse carcasse
Son petit museau chercheur,
Et exécuté son saut de Nijinsky sur la scène de la route
dos cambré, petits sabots pointés en l’air
suspendu dans les airs pour mes yeux seulement,
J’ai su avec certitude que ce n’était pas en vain
Ma recherche de paix
Que c’était un signe pour mon âme
Et que je devais l’accepter.

Puis
J’ai pensé que je devrais comparer mes notes avec Saskia Hamilton.

——-

Cette scène avec mon petit ami (maintenant mon ex-mari) s’est déroulée en 1988.
Comme je me souvenais de son nom, j’ai consulté Saskia Hamilton et découvert qu’elle enseignait maintenant la poésie au Barnard College (alors que j’enseigne la poésie aux poulets dans ma tête – voir un de mes poèmes précédents).

J’ai aussi découvert que l’auteur-compositeur-interprète Ben Folds avait une chanson sur elle, écrite avec Nick Hornby. Une autre coïncidence étonnamment étrange est que je viens de lire la biographie de Ben Fold. Pourquoi? Parce que j’ai vu le livre dans une librairie locale et que le titre: Rêve de lucioles, m’avait interpellé. J’ai réalisé que je connaissais une chanson de lui, une chanson de qualité, dans le texte et la musique. J’ai voulu en savoir plus sur la vie de cet auteur-compositeur-interprète et auteur de ses propres mémoires. Parce que je suis aussi obsédée par le genre. Un autre point concerne les pages sur lesquelles j’avais ouvert le livre et jeté un coup d’œil sur le destin et ses péripéties, et sur le fait que Ben Folds mentionnait la visualisation comme une pratique occasionnelle. J’ai lu le livre et découvert que sa vie et son destin étaient faits de travail acharné, d’inspiration, de dévouement et de passion. L’écriture était drôle parfois et plus sombre chez d’autres. Après avoir fini, j’ai donné le livre à une collègue qui joue de la batterie, car je pensais qu’elle pourrait y trouver un esprit similaire. Je ne suis pas très rock, même au piano. Lorsque j’ai recherché sa chanson intitulée Saskia Hamilton, j’étais prête à être émerveillée par un autre lien inattendu, comme le fait qu’il ait été à Kenyon College la même année et qu’il ait rencontré le même poème.
Mais rien de la sorte. La chanson concernait surtout son nom. (Elle a plus d’assonance qu’elle ne sait qu’en faire / je suis amoureux de Saskia Hamilton / Elle a deux sibilantes, pas de plosives bilabiales)
J’ai aussi découvert que cette chanson avait été co-écrite avec Nick Hornby, que je connais aussi parce que j’ai lu et aimé un de ses livres populaires à l’époque: Haute Fidélité. Le fait que nous ayons en commun Saskia Hamilton était hautement improbable.