DU POINT DE VUE DE ROMEO

J’m’appelle Romy. Enfin, c’est Romeo, mais on dit Romy pour faire court. Mes humains ont une chouette de baraque. Parce que là d’où je viens… brrr. J’préfère pas en parler.  Vous n’avez qu’à voir ma queue pour comprendre, enfin ce qu’il en reste. Et ouais, raccourcie, comme mon nom.  Le jour où elle est restée coincée dans le hayon arrière du camion de la poissonnerie du supermarché… j’préfère pas y penser. Taillée en carré. Avec une phalange articulée. Fallait le faire.  Tout ça pour des restes de poissons pourri dans le coin… Bref j’aime mieux rester chez mes humains.  

C’est-à-dire en attendant. J’ai plusieurs points de vue dans la bicoque. En général je me pointe avec ma longue vue pendant des heures. Dans la chambre par exemple, j’ai un bon angle sur le chemin de Crime-cat. Crime-cat c’est le crétin qui habite à côté. Il faut le surveiller celui-là. J’vous raconte : un jour y déboule devant la porte. Devant la porte c’est à dire devant le grillage anti-moustique. Y pouvait pas rentrer. Pas besoin de jumelles pour le voir. Je le sentais à plein nez. Et voilà qu’il se met dans l’idée de rentrer dans MA baraque ! Enfin la baraque de mes humains. On s’était déjà mis une bonne fligornée à distance,

mais il insistait !

Alors voilà qu’il s’attaque à la fenêtre de la salle de bain ! J’ai pas eu le temps de comprendre ce qui se passait et où il était passé qu’il avait crevé le grillage, avait sauté sur les toilettes, puis – alors là je ne sais pas comment – s’était fourré dans le séchoir à linge ! Moi je sifflais comme je pouvais ! Mais il restait là l’idiot. Comme s’il avait trouvé une cachette. Alors je suis allée alerter mes humains. Il n’y avait que la fille mais elle s’est rendu compte de la situation et elle a pris les choses en main. Pas bête. Elle a appelé les pompiers.

Lui, il gésissait là, tranquilos. Enfin je suis pas sûr qu’on dise comme ça. C’était entre gésier, dormir, et gémir. Et puis les pompiers sont arrivés avec leurs grosse bottes. Trois qu’ils étaient ! Moi j’faisais gaffe à ma queue, du coup. Ce qu’il en reste.

Et donc ils l’ont trouvé qui gésissait dans le séchoir au-dessus de la machine à laver. Pas exactement chafouin. Ils l’ont extrudé vite-fait bien fait. Puis ils l’ont remis dehors et il est reparti chez lui.

Mes humains ont réparé l’écran de la fenêtre. Enfin, tout ça me divertit.

Maintenant je l’observe du coin de l’œil. Mais sinon, moi, je m’installe à la fenêtre du salon. Je sais, je suis gâté  – des fenêtre dans chaque pièce, sans compter la porte…. neuf points de vue en tout.  

Donc je disais, je m’installe à la fenêtre du salon avec ma longue vue. Figurativement, la longue vue. Bioniques, mes yeux. Et j’attends là, Pourquoi ? parce que j’ai entendu dire que quand on est perdu le mieux à faire c’est de rester où on est et d’attendre qu’on vienne vous chercher, mais personne ne pensera à venir me chercher ici. 

Un jour j’ai cru voir de loin Kiki le Rouquin, mais c’était pas lui. Des fois j’y pense. J’y rêve. J’me réveille en sursaut. J’me rappelle des bons coups dans le camion du poissonnier avec Mario le Tatoué, Léo le Borgne, Toto l’Pompon. Le bon vieux temps. J’dis pas qu’c’était toujours idéal. Des fois on crevait de faim. Surtout en hiver.

ZZZZZ…

Puis j’me rappelle que j’suis bien planqué. C’est pépère. On m’donne mes croquettes. Y’a d’quoi se ramollir, et c’est pas plus mal. Puis je retourne à mes points de vue.
Mes humains, ils ne savent pas ce que je fais, ce que je guette. Oh, c’est pas Juliette. Non, Depuis mon « opération », j’suis plus l’même de toute façon. Et puis moi c’était plutôt Ginette. Juliette, elle préférait le Frisé, ou Bouboule.
J’pense à tout ça et puis je m’endors à moitié à chaque fois.
Des fois ça pétarade dans le brouillard et je me réveille.

Ah, on en faisait des vertes et des pas mûres avec l’Albinos et la Bigleuse, dans les ruelles avec les poubelles des restaurants, toutes alignées. Qu’est-ce qu’on se gavait ! Puis on se garait du panier à salade, i.e. la fourgonnette des borogoves. Y’avait Max l’échaudé, Pépé la Combine, Jenny Linsky même.

Et puis un beau soir d’automne… oh c’était beau !  tout flivoreux vaguaient les borogoves, les verchons fourgus bourniflaient, et la ruelle sentait bon le déchet de luxe.

Ouais, et ben on y est tous passés. Coup de filet. La raffle, quoi. On s’est retrouvés dans des cages à la SPA. Je revois encore Zoe la Rusée qui faisait moins la fière, et le Beau Momo tout flivoreux lui aussi. Moi, après quelques jours je me suis fait adopter. Je sais pas pour eux. Maintenant, je suis dans une cage dorée. J’peux pas me plaindre. Bouffe à heures fixes. Les humains ont besoin de moi, je vois ça. Pathétiques. Alors je fais c’que j’peux. Je ronronne. Et puis on s’attache.

Mais j’me pose à toutes les fenêtres, on sait jamais si …si Felix la Balafre ou le Voltigeur passaient par là … Les copains, j’vous oublie pas.

Bon, j’chais pas, vous, mais moi j’vais faire un p’tit somme.

* * *

Et voila ma contribution pour l’Agenda Ironique de Septembre se passe ici : https://poesie-de-nature.com/2020/09/02/agenda-ironique-septembre-2020/

DANSER SUR LA PLAGE EN TEMPS DE PANDEMIE : Méditation guidée

DANSER SUR LA PLAGE EN TEMPS DE PANDEMIE

(Méditation enregistrée…)
… Vous prenez une inspiration profonde …
vous expirez profondément… pffffffff
Vous vous sentez détendue… très détendue…

Maintenant, imaginez-vous à la plage … laissez aller le stress…
Pas de panneau pour un parking à 20 dollars de l’heure
Ou un autre “Uniquement pour les résidents, en raison de COVID19”
Il ne fait pas 40 degrés, donc pas besoin de parasol…
Vous ne risquez ni insolation… ni déshydratation… ni coup de soleil…
Cette plage n’est pas peuplée de pêcheurs avec leurs fines cannes à pêche,
Et leurs lignes de nylon invisibles dans lesquelles vous pourriez vous emmêler
Aucun moustique…

Vous êtes seule…

Sur votre peau, une légère senteur de Monoï
Le sable, la mer et le ciel se fondent en couches d’or
Comme dans un tableau de Vettriano
De fait vous êtes cette femme en robe blanche
Oh, et puis, vous laissez tomber la robe !
Dessous vous portez un bikini de déesse!
Assorti à votre corps de déesse comme sculpté dans l’argile,
Vous êtes légère, vous dansez, vous faites la roue,
vous riez, vous courez,
Dans le sable doré, vers l’horizon doré…
Vers le feu du soir
(Vous courez assez loin parce que c’est marée basse)

Vos doigts de pieds touchent l’eau tiède
Vous éclaboussez partout comme un chien fou !
Vous avancez plus avant dans l’eau tiède mais fraîche
et maintenant vous brassez cet or liquide
où vos bras font des paillettes
Rien ne peut vous arrêter!
Vous nagez dans le bonheur!

Vous nagez longtemps!

Maintenant, vous regagnez le rivage, vous ramassez votre robe
Et marchez légèrement vers l’Hôtel des Flots bleus
Perché en haut des dunes

Maintenant, je compte 1..2..3… (claquement de doigts)…
vous vous réveillez
Faites bouger votre doigt, vos orteils… Réintégrez votre corps…
Souvenez-vous en ouvrant les yeux
Que c’est toujours la pandémie, que vous êtes enfermée chez vous
Et que vous n’avez pas besoin de porter votre masque !
Et rappelez-vous que vous pouvez revenir à cette plage
Quand vous le voulez…
Plus tard, à chaque fois que vous sentirez le Monoï,
Vous vous sentirez
Comme vous vous sentez maintenant.

***

Voici ma participation à l’Agenda Ironique d’Août organisé ce mois-ci par Max-Louis Iotop
https://ledessousdesmots.wordpress.com/2020/08/01/agenda-ironique-daout-de-lan-2020/

Il fallait parler de « plage » et placer les mots suivant : flot, argile, perche et Monoi

Photo by Travis Rupert from Pexels

VOYAGE

Mon chat fixait un point sur le fauteuil. Je m’approchai pour voir, par curiosité. Je vis que c’était une fourmi noire. Elle s’était immobilisée quelques instants puis avait poursuivi son chemin. En général, quand il y a des fourmis, c’est signe de chaleur dans les jours qui viennent. Et du coup, ça m’a fait chaud au cœur de la voir, elle m’apportait une bonne nouvelle.
Bien sûr j’ai pensé aux infestations qu’on avait eu dans le passé – des fourmis partout. A l’époque, j’étais plus jeune, j’étais prise au dépourvu, je les laissais m’empoisonner la vie sur le comptoir de la cuisine. Tout le monde sait bien que si on en écrase une, tout un bataillon va arriver pour la rapatrier à la caserne et du coup, on n’a rien gagné.
Quelqu’un m’avait recommandé une sorte de piège a fourmi : un rectangle en plastique rempli d’une gelée jaune, qui les attirait, et dont elles ne pouvaient pas s’échapper. L’année précédente j’avais testé l’efficacité de la méthode. L’idée de ce mini-charnier sous mon évier ne me plaisait pas trop, mais d’un autre côté, l’efficacité m’avait surprise. J’avais longtemps laissé-là le petit cimetière portatif, pour éviter de me salir les doigts de gelée mortifère, et de voir tous ces petits cadavres innocents entassés dans la caisse.
Voilà qu’elles étaient revenues, les fourmis. On les appelait “Carpenter ants” ici, fourmis menuisières, ou plutôt, comme le père de Jésus, charpentières. C’étaient de grosses fourmis au corps noir et luisant, bien plus grosses que les fourmis que j’avais pu observer en France. Ce qu’elles construisaient, je me le demandais. Mon appartement avait de belles poutres en bois solide, apparentes à quelques endroits de mon salon. Si elles interféraient avec mes propres poutres, ça allait barder. Si elles construisaient, elles, leurs propres structures, c’était une autre histoire.
Je les imaginais dans un tout petit atelier avec des clous, des marteaux, une scie, produisant de la sciure plus que microscopique.

Je me suis alors mise à quatre pattes et ai suivi l’insecte qui avait fini de descendre du fauteuil et se dirigeait maintenant vers la cuisine.
Ce qu’elle faisait sur le fauteuil me confondait. Je savais en général qu’elles aimaient le sucre, les friandises. Il se pouvait qu’il y ait un peu de sucre sur le comptoir de la cuisine, mais pas sur le fauteuil. Mais il y avait tant de mystères. Je la suivis donc le long du plancher, à la même vitesse. De temps en temps elle s’arrêtait, levait un avant-bras et se frottait l’oreille, puis repartait. A ce rythme, nous arrivâmes devant l’évier.
Au lieu de grimper le long de la porte du placard, elle se faufila dans l’encoignure de la porte de la poubelle. Pour la suivre, il fallait donc que j’ouvre la porte.
Elle continua sa course puis disparu sous la poubelle. Toujours à quatre pattes, je saisis la poubelle et la posai par terre devant la porte, puis enfonçai ma tête sous la cuvette de l’évier comme le ferait un plombier.
Il faisait sombre sous l’évier, et de fines odeurs d’ordures imbibaient encore les lieux. Je repérai la fourmi qui avait fait du chemin et de dirigeait vers le fond de la cavité, vers la paroi de bois et un tuyau. Je voulais l’appeler, lui dire de m’attendre. J’essayai de me faire plus petite pour entrer plus avant dans le cagibi, mais me cognai ce faisant la tête contre la partie inférieure de la cuvette de l’évier qui dépassait ainsi de dessous le comptoir. C’est alors que je sentis que mon corps rétrécissait. Que mes yeux s’adaptaient de plus en plus à l’obscurité et que ma perception de l’environnement se modifiait également.
Mon guide avait interrompu sa course sur le versant d’un panneau de bois qui laissait passer un tuyau blanc. Je le voyais de plus en plus clairement, il se frottait les mandibules l’une contre l’autre. A mesure que mon minuscule vestibule devenait de plus en plus spacieux, je sentais mon corps continuer de se transformer. Ma taille se creusait, et divisait mon corps en deux, mon torse se séparant de la partie inférieure de mon corps. Certaines parties de mon corps se couvraient d’une carapace solide. Je me rendis compte que j’avais maintenant, comme une fourmi, un thorax et un abdomen. Je ne ressentais pas de douleur. Ma tête était maintenant plus proche du sol et me semblait plus alerte, mes sens beaucoup plus affutés à d’autres sources sensorielles qu’à l’ordinaire. Dans l’antre maintenant énorme, je pouvais clairement discerner le chemin qu’avait pris la fourmi avant moi en dressant mes antennes. Je m’amusai à démêler les subtiles informations qu’elles transmettaient. Je levai aussi mes mandibules et les frottais pour voir. La sensation était satisfaisante, comme se frotter les mains.
En tout cas, je ne voyais pas de construction, pas de bâtisse en bois ou autre matériau, pas de cathédrale de cure-dents comme je l’avais imaginé. Rien que quelques traces de liquide sucré et de vieille confiture desséchée qui me parurent délicieuses. J’aurais voulu m’attarder, mais mon guide cavalait et je devais imiter son rythme.
Je lui demandai son nom grâce à une façon de communiquer que je ne connaissais pas auparavant.
J’entendis sa réponse, que j’eu du mal à saisir – avait-il dit babouche ? ou bien parlait-il de ma nouvelle caboche ? peut-être était-ce une taloche qu’il voulait me donner ? peut-être disait-il que j’étais mal embouché ? ou bien même … moche ?
Je reposai poliment ma question – toujours en ondes, du bout de mes antennes.
« Tambocha, fourmi Tambocha… et pis de pereskia »
Décidemment, je n’y comprenais rien. Voilà qu’il me parlait de la Perestroïka ? mais c’était en Russie, selon mes vagues connaissances… j’étais perdue.
« Vous avez dit « paire de skis » ? »
« Non, grouille un peu, on n’y sera jamais à cette allure. »
« Mais où ? »
« La forêt. On va rebâtir. »
« Ah ! »
Je fis semblant de comprendre. Mon guide cavalait maintenant sur un tuyau dont je n’avais jamais soupçonné l’existence toutes ces années passées dans cet appartement. Comme je ne pouvais pas faire chemin arrière je poursuivi ma course. L’idée me mon chat guettant à la porte du placard m’inquiétait. De plus, la sensation d’avoir autant de pattes si légères était nouvelle et excitante. Je ressenti une démangeaison sur mon abdomen et pu la gratter avec mon choix de six pattes. Ma vision avait diminué, mais j’avais maintenant une paire d’yeux simples sur le sommet de ma tête, qui me permettait une vue détaillée de toutes sortes tuyaux que mon plombier lui-même ne connaissait probablement pas. Mais surtout j’appréciais mes antennes et le monde de sensations qu’elle me donnaient.
Nous naviguions dans un réseau de plomberie qui ne semblait ne jamais finir. Mais je n’avais plus le choix à ce point. Il me fallait aller jusqu’au bout de la course. Tambocha, car tel était son nom, me lançait parfois de courtes phrases. Toujours à propos d’un pays où il fallait rebâtir une forêt.
Nous faisions des petites siestes assez souvent, ce qui me fit oublier le sens des jours et des nuits.
Le réseau des tuyaux se transforma en nature, et nous nous arrêtions souvent pour avaler des sécrétions d’insectes et de petits invertébrés morts ou vivants, des œufs d’insectes, des sucs de plantes et de fruits divers.
Puis je sentis que nous étions sur un bateau. Je crois que nous y étions entrés sur un sac de marchandise en toile de jute. Nous continuâmes à explorer et je suivais mon guide qui semblait connaitre son terrain mieux que moi. Nous fîmes un festin en cuisine – un pot de miel entre autres, et un assortiment de confitures. La cuisine de ce navire était si bien garnie que je regrettais presque mon corps humain, dont je me souvenais de temps en temps, mais de plus en plus rarement.
Et puis un jour, les sacs furent transportés à l’extérieur, et nous aussi. Nous nous retrouvâmes dans une sorte d’entrepôt où nous fîmes une de nos centaines de siestes journalières.
Mon compagnon me réveilla : “Allez, au boulot ! On va faire une avancée”
J’agitais mes antennes d’incrédulité et d’agitation. Je ne savais plus très bien si cette nouvelle lutte était vraiment ce que je souhaitais. Il me semblait intuitivement que cette aventure devait prendre fin et que j’étais arrivée à destination.
J’entrepris de m’aventurer par la porte et arrivai dans une salle. En usant de toutes mes antennes, de tous mes yeux et de toutes les facultés qui me restaient, je compris que nous étions dans une salle de classe. J’entendis assez clairement une voix, comme celle d’une maîtresse d’école. Elle récitait à une classe d’enfants assis à leurs bureaux. Je crus voir, mais très vaguement, les jolis foulards et les madras que portaient les filles:

INSOLITES BATISSEURS – Poème d’Aimé Césaire
Tant pis si la forêt se fane en épis de pereskia
tant pis si l’avancée est celle des fourmis Tambocha
tant pis si le drapeau ne se hisse qu’à des hampes
desséchées
tant pis
tant pis si l’eau s’épaissit en latex vénéneux préserve la parole rends fragile l’apparence capte aux décors le secret des racines la résistance ressuscite
autour de quelques fantômes plus vrais que leur allure
insolites bâtisseurs

La Martinique! J’étais en Martinique! Tout prenait sens maintenant. Tout émerveillée de ma découverte je retournai de mes petites pattes vers ce que je comprenais être l’entrepôt de la cantine de l’école. Je vis que mon compagnon de voyage avait déjà mis les voiles, pour ainsi dire.
Je me cachai derrière notre sac de toile familier. Si j’étais devenu fourmi, il était tout aussi possible que je redevienne humain. Je me mis en boule et concentrai mon attention sur la situation présente, ma visite à venir de la Martinique, tous ses paysages, ses nourritures à explorer, une nouvelle culture. Et puis le soleil ! Alors je sentis mes perceptions sensorielles se modifier, mon corps se transformer, grandir, se développer. La métamorphose à rebours s’amorça puis se compléta sans que j’eusse la notion du temps qu’elle prenait. A la fin, le sac derrière lequel je m’étais cachée ne me dissimulait plus qu’à peine. Par bonheur, ni humain ou animal ne s’aperçu de ma présence.
Je me levai, m’étirai et vérifiai que j’avais bien tous mes membres. Mes facultés intellectuelles humaines se désengourdissaient elles aussi. Me revint à l’esprit qu’il allait falloir que je m’explique, qu’il allait me falloir un numéro de téléphone, un compte en banque, et la tête sur les épaules si je voulais qu’on me croie.
En attendant, je sortis par la porte arrière. Il faisait bon dehors. Je vis l’océan au loin, et plus près, ce qui devait être une bananeraie. Je me frottais les yeux. La seule paire qui me restait. La salle de classe continuait de disséquer le poème. Je faisais une pause.

 

black ants

Photo by Syed Rajeeb on Pexels.com

Petites vacances à la suggestion d’  Anna Coquelicot qui nous proposait de traiter des épis de pereskia et des fourmis tambocha, pour l’Agenda Ironique d’Avril.

 

SONDAGE DE JANVIER!! – NEW IMPROVED!!

Décalage horaire oblige, je vais devoir dévoiler les résultats de suite : une flopée d’excellent ex-aequo !
Je suis d’accord.

Et Iotop a déjà d’accepté ses fonctions et proposé l’AGENDA DE FEVRIER !

Je vous le passe.

Merci pour un Agenda de Janvier brillant et chaleureux.

 

+  +  +

VOTEZ – VOTEZ – VOTEZ – VOTEZ – VOTEZ – VOTEZ – VOTEZ – VOTEZ – VOTEZ –

Ce chapitre se clôt. Je remballe le turban, les cartes, et mon enseigne de cartomancienne.

Ceci-dit, j’ai tout lu, tout vu, tout cru. J’ai aimé vos poèmes et textes. J’ai vu des arcanes de toutes les couleurs et de toutes les formes. Et j’ai appris des choses, comme la façon de créer des sondages comme celui-ci! Quand je vous disais que l’année commençait bien ! A votre tour de jouer.

C’est l’heure de lire, et de voter parmi les participations qui suivent en ordre alphabétique:

(Et puis ensuite, c’est pas fini!!! Il faut voter pour kiki va faire Fevrier!)
Carnets Paresseux : https://carnetsparesseux.wordpress.com/2018/01/20/11922/

Cléa Cassia : Les dix étoiles du si j’étais toi – M.é.a.n.d.r.e.s.

Ecri’Turbulente: https://ecriturbulente.com/2018/01/14/message-interstellaire-pour-lagenda-ironique/

Frog, sur Frogsblog7 : https://frogsblog7.wordpress.com/2018/01/16/si-jetais-toi/

Glomerule Nephron sur Prose Pipe et Poésie : https://prose-pipe-et-poesie.blog/2018/01/15/tour-du-monde-et-agenda-ironique-de-janvier-2018/

Iotop, sur Le dessous des mots : https://ledessousdesmots.wordpress.com/2018/01/05/si-jetais-toi/

Jacou33 http://jacou33.wordpress.com/2018/01/23/agenda-ironique-janvier-2018/ ;  https://jacou33.wordpress.com/2018/01/23/agenda-ironique-janvier-2018/

Jobougon: https://jobougon.wordpress.com/2018/01/18/en-forme-de-deliberation/

L’Atelier sous les feuilles: https://lateliersouslesfeuilles.wordpress.com/2018/01/08/la-bonne-etoile/

La Licorne, sur Filigrane : https://filigrane1234.blogspot.fr/2018/01/une-etoile-la-haut.html

Laurence Délis, sur Palette d’expressions: https://palettedexpressions.wordpress.com/2018/01/06/comme-des-poussieres-qui-nourrissent-lame/

Les narines des crayons : https://lesnarinesdescrayons.wordpress.com/2018/01/18/si-jetais-toi/

Manuraanana : https://manuraanana.wordpress.com/2018/01/14/agenda-ironique-2018/

Patchcath : https://patchcath.wordpress.com/2018/01/21/si-jetais-toi/

Plimpszeste: https://palimpzeste.wordpress.com/2018/01/06/larcane-xvii-letoile/

Valentyne, sur La Jument Verte : https://lajumentverte.wordpress.com/2018/01/14/si-jetais-toi/

VictorHugotte sur Grain de Sable: https://wordpress.com/post/victorhugotte.com/1594

Maitenant: l faut cliquer sur un des petits ronds sur la gauche de la ligne choisie, et ensuite cliquer sur la touche Vote en bas, pour valider. Et idem sur le second tableau.

Décalage horaire oblige, je vais devoir dévoiler les résultats de suite : une flopée d’excellent ex-aequo !
Je suis d’accord.

Et Iotop a déjà d’accepté ses fonctions et proposé l’AGENDA DE FEVRIER !

Je vous le passe.

Merci pour un Agenda de Janvier brillant et chaleureux.
VOTEZ – VOTEZ – VOTEZ – VOTEZ – VOTEZ – VOTEZ – VOTEZ – VOTEZ – VOTEZ –

Agenda Ironique de Janvier- Recap

 

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Mes amis, je vois des étoiles, des étoiles, des étoiles!
Voici venue l’heure de récapituler les contributions qui constellent ces jours-ci la toile astrale de nos blogs. Les autres ont, je le rappelle, jusqu’au 24 Janvier pour participer – donc j’attends patiemment. Il s’agit d’écrire un poème commençant par “Si j’étais toi” et compilant les dix bons conseils donnés par l’Étoile:

 

L'Etoile

Vous verrez que certains d’entre vous ont utilisé l’Arcane de l’Etoile par différents illustrateurs. Un vrai régal ! :

Valentyne, sur La Jument Verte : https://lajumentverte.wordpress.com/2018/01/14/si-jetais-toi/

Iotop, sur Le dessous des mots : https://ledessousdesmots.wordpress.com/2018/01/05/si-jetais-toi/

Plimpszeste: https://palimpzeste.wordpress.com/2018/01/06/larcane-xvii-letoile/

Laurence Délis, sur Palette d’expressions: https://palettedexpressions.wordpress.com/2018/01/06/comme-des-poussieres-qui-nourrissent-lame/

L’Atelier sous les feuilles: https://lateliersouslesfeuilles.wordpress.com/2018/01/08/la-bonne-etoile/

Cléa Cassia : Les dix étoiles du si j’étais toi – M.é.a.n.d.r.e.s.

Ecri’Turbulente: https://ecriturbulente.com/2018/01/14/message-interstellaire-pour-lagenda-ironique/

La Licorne, sur Filigrane : https://filigrane1234.blogspot.fr/2018/01/une-etoile-la-haut.html

Manuraanana : https://manuraanana.wordpress.com/2018/01/14/agenda-ironique-2018/

 

Si j’en oublie, dites-le moi!

Merci de nous faire lire !

SI J’ETAIS TOI

L'Etoile

Si j’étais toi, un soir au clair de lune
J’irais à la rivière – j’apporterais deux cruches :
Une de liquide jaune, une de liquide bleu
Et je dénouerais mes cheveux

Je m’agenouillerais sur une planche rouge
Et avec le liquide jaune, baptiserais mon pied droit
J’essaierais tant bien que mal avec l’autre cruche
De protéger ma modestie
Mais il n’y aurait que les étoiles
Pas de loup ni d’agneau en vue
Juste un corbeau malingre sans renard ni fromage.

Alors je resterais là un moment
Le genou presque dans l’eau douce
Et je penserais que je suis bien petite
Là, sous les étoiles
Mais je prendrais quand même toute la place sur l’image
Et là je comprendrais que tout est à sa place

Alors je prendrais la cruche de liquide bleu
Que je verserais sur mon corps
En signe de conclusion
et ainsi de bleu vêtue
Je deviendrais invisible dans l’aube bleue
Et peut-être imbue d’autres pouvoirs singuliers
Que je ne connaitrais pas encore

Et avec mes cruches vides
Je rentrerais à la maison.

 

Superwoman_(Earth_11)_001*

Et voila ma contribution à l’Agenda Ironique de Janvier.