Improvisations – suite 2/4

EnluminureMATIERE A REFLEXION
Entre la play-doh
Qui sent bon la vanille,
Et la pâte à mâcher –
On la triture, on la malaxe
Il y en a de toutes les couleurs –
Et quand on y ajoute la matière grise
On en tire des conclusions
Des constructions, des élucubrations
De toutes les formes
Et de toutes les tailles.
On peut ainsi en faire une table
La table des matières
On l’étire, on la roule en boudins
On la malaxe dans les mains
Puis on pause, elle repose
Comme de la pâte à crêpe.
Des fois ça fermente, ça lève !
Des fois on se voit même dedans !
On peut alors se poser des questions
Ou encore se faire des réflexions
Du genre « T’es gonflée, toi ! »
Et puis après on la laisse tomber
Quand le projet a dûment mûri
On arrête de se prendre la tête
Et la matière alors change de forme
Comme l’a expliqué Descartes
Avec l’exemple de la cire
Alors on passe à autre chose.

J’AI REFUSE L’AVORTEMENT
J’ai refusé tout net
C’était catégorique
Je dirais même emphatique !
Pas de ça chez moi !
J’ai refusé aussi plein d’autre trucs
Sur ma lancée.
Je suis rentrée et j’ai senti, j’ai su
Qu’il fallait préparer une chambre
Et des lingettes, et une table à langer
Et des couches, et du lait en poudre
Et des biberons, et des jouets
Et un couffin et un lit à barreaux
Pas nécessairement dans cet ordre
Bref qu’il fallait que je m’installe
Que je donne mes jours, et mes nuits
Et que c’était le début des ennuis
Qu’il allait falloir travailler
Toute la vie !
Enfin vous voyez ce que je veux dire
J’ai bien vu que je ne pouvais pas
Alors je suis revenue
Sur ma décision, et
J’ai demandé l’avortement.

INCONTESTABLE ET CONTESTÉ : L’INDICE DES PRIX
Oyez, oyez bonne gens !
Je vous présente ce soir l’indice des prix –
Il va vous faire ce soir une démonstration
De ses acrobaties sur le fil
Des graphiques élastiques
Des statistiques économiques
Sous vos applaudissements, le voici !
Mais quoi ? vous le huez ?
Vous n’aimez pas ses envolées ?
Vertigineuses, ses montagnes russes ?
Eh bien tant pis !
On conteste, on conteste
Il est pourtant incontestable !
Le voiià ! le voici ! l’incontestable
Indice des prix!

COUSTEAU, CONQUERANT DES PROFONDEURS
Assis sur le rebord de son bateau
Hilare sur l’écran de télé
Bonnet rouge sur fond de ciel bleu
Il va bientôt balancer,
en arrière
Plouf dans l’eau
et puis palier par palier
sur fond de bulles arriver
Vingt-milles lieux sous les mers
Jules Vernes des temps modernes

COMMENT RECONNAITRE UNE CRISE CARDIAQUE
Partez en promenade avec des gens, des connaissances
Regardez comme un d’eux porte soudain sa main sur son cœur
Comment il parait affolé
Demandez-vous ce qu’il faut faire
La manœuvre de Heimlich
Ou bien du bouche-à-bouche
Espérez que ce ne soit pas du bouche-à-bouche
Trouvez votre téléphone portable
Appelez les urgences
En attendant les secours, essayez de reconnaitre
La crise cardiaque –
Elle pourrait bien être déguisée –
Alors regardez
S’il y a fausse moustache, ou perruque
Si vous êtes comme moi, vous n’êtes pas sûr
Surtout si vous n’en avez jamais vu
Essayez de vous rappeler vaguement ce que vous savez –
Douleurs à la poitrine
Du mal à respirer
Un bras qui se replie sur le torse
Vous êtes sur la bonne voie
Mais vous n’êtes pas plus avancée
La scène autour de vous change de sens
Tous ces buissons, ces fleurs, ces jolis graviers
Vous semblent futiles et déplacés
La belle journée ensoleillée
Devrait tourner poliment au morne
Ecoutez la sirène des pompiers
Voyez la voiture arriver.
Vous êtes sauvés.

SUR LA ROUTE ARDENTE DE LA MECQUE
Un homme marchait.
Il en croisa un autre,
Et comme il était un peu perdu
De par la chaleur et la soif,
(il portait des vêtements noirs, erreur fatale)
Il voulut se renseigner
Il demanda : « L’Arabie, c’est ou dites ? »
El la réponse fusa,
De derrière un voile,
Accompagnée d’un doigt pointé:
« Par-là, mec. »

(vieille blague immémoriale)
P.S. Ce qui est très satisfaisant dans cette blague courte et pointée, c’est que ce type est en effet sur la bonne voie.

*  *  *

A bientôt pour la suite !

INTERLUDE NOSTALGIQUE

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INTERLUDE NOSTALGIQUE

Je voudrais vivre dans une pub des années soixante dix
Une pub de lessive qui sentirait la lavande
(le travail serait déjà fait, les draps pendraient dans la brise du soir)
Les couleurs technicolor seraient un peu passées,
Un peu fondues
Il y aurait des laitières qui vendraient du yaourt
Dans des clair-obscurs paisibles
Des Mère Denis qui glisseraient sur des tables cirées
Des pâtes Lustucru
De la purée Mousline
Il y aurait des chaussures Eram, tons orange et marron
Que je pourrais acheter avec mes sous d’aujourd’hui
J’aurais des jupes flottantes
Et peut-être même des collants Dim.
Il y aurait des bambins qui courraient le long des couloirs avec des rouleaux de papier toilette
Et des amis dans le salon
Et on boirait peut-être du Nescafé.

Ici et maintenant, le temps presse
Tout le temps
Pas le temps de se reposer dans les lumières feutrées
Du fini
On est assis sur le rebord tranchant du temps

Je ne regarde même plus la télé depuis qu’il y a trois-cent chaines
Et puis on y vend des choses pointues, métalliques
Pour que les choses aillent encore plus vite
Des ordinateurs gris-acier dans des décors aux tons acérés

Avant les choses étaient plus simples
Comme du pain, du vin, du Boursin
Et si on aimait ça, la Ricorée le matin.

Je n’y pense pas souvent, mais je les ai revues sur YouTube, ces pubs, et ça m’a fait l’effet détente d’une séance de massage + un bain Obao. J’aurais bien aimé, mais je n’ai pas pu les caser : les petits pois Cassegrain, les Fingers de Cadbury, les crackers Belin, le Crunch…

* * *

NOSTALGIC INTERLUDE

I would like to live in a seventies commercial
that sells lavender-scented detergent
(The work would already be done, sheets hanging in the evening breeze)
Technicolor tones would be slightly faded,
A little hazy
There would be dairy women selling yoghurt
In peaceful chiaroscuro
Mother Denis slipping on polished tables
Lustucru pasta
Mousline purée
There would be Eram shoes in orange and brown tones
Which I would buy with my current money
I would wear floating skirts
And maybe even Dim tights.
There would be toddlers running along corridors with toilet paper rolls
And friends in the living room
And we might be drinking Nescafe.

Here and now, time is pressing
All the time
No time to rest in the soft-focus
of the finished
We sit on the sharp edge of time

I do not even watch TV anymore with its three-hundred channels
Where they sell hard, metallic things
For things to go even faster,
Cutting-edge computers in steel-gray decors.

Before, things were simpler
Like bread, wine and Boursin
And if we liked that, Ricorée in the morning.

These commercials are probably not known to English speakers, although I don’t know. There could be equivalents. I don’t think about this very often but saw some again on YouTube, and the effect was that of a relaxing massage. I would have liked, but I could not fit them: Cassegrain peas, Cadbury Fingers, Belin crackers, Crunch chocolate bars …

Illustration : Vermeer, La laitière. Rijksmuseum, Amesterdam

POKER FACE

Poker face

POKER FACE

This morning, when putting on one of my boots
I felt something stuck inside
it was one of my cat’s toys
A bird that chirps

I pulled it out from the bottom,
and a feather fell out
On the floor

My cat was looking down at me
From the top of his perch
With a poker face.

Not a giggle
Not a smile
So I wondered
If it was really him

It may have been an accident
(like life on earth)
Or my daughter
But she is not here

Who else ?

It had to be him
Maybe he was laughing inside
About his fine joke
hahaha!

Or maybe it was a small gift to me
How to know for sure?
Cats only have one expression

In the absence of certainty
I told him I enjoyed his gift
And I also laughed out loud
For good measure.

He was still looking down at me
From the top of his perch
With a poker face

To thank him,
I went to get the catnip
Like every morning

Also…
I can’t wait till he finds tomorrow
This little poem I leave here for him!!

* * *

POKER FACE

Ce matin j’ai trouvé dans une de mes bottes
Coincé au fond
Un des jouets de mon chat,
Un petit oiseau qui faisait cuicui

Je l’en ai sorti et une plume est tombée
Sur le plancher

Mon chat me regardait
Du haut de son perchoir
avec un regard impassible

Pas un sourire
Pas un hahaha !
Alors je me suis demandée
Si c’était vraiment lui
Ou si c’était un accident
(comme la vie sur la terre)

Ou bien encore ma fille ?
Mais elle n’est pas là

Qui d’autre ?

Ça devait être lui
Peut-être qu’il riait à l’intérieur
De sa bonne plaisanterie

Ou peut-être que c’était un petit cadeau surprise
Comment savoir à coup sûr?
Les chats n’ont qu’une seule expression

En l’absence de certitude
Je lui ai dit que j’appréciais son cadeau
Et j’ai bien rigolé
Pour la bonne mesure.

Il m’observait toujours
du haut de son perchoir
Sans rire ni sourire

Alors pour le remercier,
Je suis allée chercher l’herbe à chat
(Comme tous les matins)

Et puis…

La tête qu’il va faire
quand il va trouver
Ce petit poème que je laisse ici pour lui!!

Romeo 3

 

POEME D’EXILE AVEC FLEURS ET POIREAUX

POEME D’EXILE AVEC FLEURS ET POIREAUX

Je voulais écrire un poème
Avec des fleurs dedans
Parce que ça fait toujours joli
Mais pourquoi pas des poireaux ?
Personne n’écrit des poèmes avec des poireaux,
Qui dépassent du cabas de la ménagère
Avec un tube de dentifrice
Voilà ce qu’elle m’a dit
La ménagère de cinquante ans avec son cabas à roulettes
Et elle s’est éloignée
Pour s’en retourner dans ce temps-là
Au temps de la ménagère moyenne.

J’ai une pensée émue pour celle qui
Ne s’offrait jamais de roses
Mais toujours des poireaux poilus
Qu’est-ce qu’elle aurait fait de roses
Dans la soupe ?
Elle tournait toujours autour des cinquante ans
Elle est partie, avec le temps
Avec tout ce qui disparaît
Comme certaines chaussettes dans les séchoirs du monde.

La dernière fois que je l’ai aperçue
C’était dans un livre de français pour étrangers
Datant de 1950, dessin à l’encre noir sur blanc
Ou à la radio, où l’on se moquait d’elle
Où est-elle passée ?
Aved ses poireaux dans son cabas
Elle était peut-être concierge, en plus.

Vous la voyez, elle va passer encore une fois
La ménagère et ses poireaux
Elle va tourner au coin de la rue
Elle a disparu.

 

* * *

POEME OF EXILE WITH FLOWERS AND LEEKS

I wanted to write a poem
With flowers in it
Because it always looks pretty
But why not leeks?
Nobody writes poems with leeks
Sticking out of the housewife’s bag
With a tube of toothpaste
That’s what she told me
The fifty-year-old housewife with her shopper tote on wheels
As she walked away
To return to that time
The time of the average housewife

I have a special thought for she, who
Never bought herself roses
But always hairy leeks
What would she have done with roses
In the soup?
She always flirted with fifty
She went away with time
With all that disappears
Like odd socks in the driers of the world.

The last time I saw her
Was in a French language book
Dated 1950, drawing in black and white ink
Or on the radio, where she was made fun of
Where did she go?
With her leeks and her tote
She may well have been a concierge too.

See her, she is passing by again
Our housewife and her leeks
She’s turning around the corner
She disappeared.

Agenda Ironique de Janvier- Recap

 

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Mes amis, je vois des étoiles, des étoiles, des étoiles!
Voici venue l’heure de récapituler les contributions qui constellent ces jours-ci la toile astrale de nos blogs. Les autres ont, je le rappelle, jusqu’au 24 Janvier pour participer – donc j’attends patiemment. Il s’agit d’écrire un poème commençant par “Si j’étais toi” et compilant les dix bons conseils donnés par l’Étoile:

 

L'Etoile

Vous verrez que certains d’entre vous ont utilisé l’Arcane de l’Etoile par différents illustrateurs. Un vrai régal ! :

Valentyne, sur La Jument Verte : https://lajumentverte.wordpress.com/2018/01/14/si-jetais-toi/

Iotop, sur Le dessous des mots : https://ledessousdesmots.wordpress.com/2018/01/05/si-jetais-toi/

Plimpszeste: https://palimpzeste.wordpress.com/2018/01/06/larcane-xvii-letoile/

Laurence Délis, sur Palette d’expressions: https://palettedexpressions.wordpress.com/2018/01/06/comme-des-poussieres-qui-nourrissent-lame/

L’Atelier sous les feuilles: https://lateliersouslesfeuilles.wordpress.com/2018/01/08/la-bonne-etoile/

Cléa Cassia : Les dix étoiles du si j’étais toi – M.é.a.n.d.r.e.s.

Ecri’Turbulente: https://ecriturbulente.com/2018/01/14/message-interstellaire-pour-lagenda-ironique/

La Licorne, sur Filigrane : https://filigrane1234.blogspot.fr/2018/01/une-etoile-la-haut.html

Manuraanana : https://manuraanana.wordpress.com/2018/01/14/agenda-ironique-2018/

 

Si j’en oublie, dites-le moi!

Merci de nous faire lire !

B – Blé du Canada

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BLÉ DU CANADA

Nantes – du bureau de ma chambre
Vue imprenable sur
La page du bouquin à étudier
Le Bac à l’horizon.

Encore plus loin, terra-incognita
A laquelle on ne pense pas.
Le Bac ou la mort

Mais sur la table du petit déjeuner à la maison
Juste avant les jours d’examen
Soleil de Juin sur arbres en fleur
Il y a du Miel Crémeux du Canada

Ni miel mille-fleurs passe-partout
Ni miel de pin granuleux et amer
Mais un miel doux comme du beurre doux,
Avec un léger goût de vanille

J’imagine ces abeilles du Canada
Grosses et grasses commères
Potinant comme des concierges
Sur de douces fleurs aux tons pastel

On a vu aussi au supermarché
L’arrivée du pain en tranches blanches
Blé du Canada !
Dans lesquelles on entrevoyait
De vastes étendues moelleuses et pâles
Des hectares d’un grain plus tendre
Et plus généreux que le nôtre

Programme du Bac :
La Chine, l’URSS
Le Canada : grand producteur de blé
Après ? On parlait d’horizon bouché.
Certains sont très sérieux quand ils ont dix-huit ans.

Mais… un jour, on est libéré.
On croit à peine qu’on est sorti de cet entonnoir
Epiant une lumière au loin
De vastes étendues blondes
Sur le poster du Canada dans la cuisine de notre studio.

Droit devant, les grandes plaines libres !

Et puis un jour on y est, au Canada
Et c’est drôle, mais plus on s’approche
De l’horizon des espaces vides
Plus il s’éloigne
Devant, devant…

*

Dans l’alphabet de mon Canada: B pour Blé

Ma première année d’université, pour décorer mon studio, j’avais demandé des posters dans une agence de voyages. Tout à fait par hasard, j’avais hérité d’une image du Canada. Un paysage de champ de blé uniformément jaune sous un ciel uniformément bleu.
Le poster trônait dans ma cuisine. Ce n’est pas comme si je rêvais d’y aller. Qu’est-ce que j’aurais fait dans un grand champ de blé ? Je n’étais pas un corbeau!
Mais je voyageais malgré moi.
Je n’ai pas retrouvé l’image du poster, mais ça ressemblait à ça.

#13 – EXPOSÉ SUR LA FRANCE

 

#13 – EXPOSÉ SUR LA FRANCE
PAR ÉCOLIERS EXTRA-TERRESTRES DÉSORDONNÉS

Nord, sud, est, ouest
On a entendu des cigales à St. Guilhem le désert
On danse dans des petits bals du 14 juillet à Pérols la nuit
Il y a des champs de blé à Metz en été
Et des hortensias près du Mt. St. Michel
Du sable et du crachin à Noirmoutier en novembre
Et des coques dans la vase à La Baule
Des marrons à Redon
Et au nord ?
Des villes fantômes dans le brouillard
Des plages et des villages déserts
Au sud, ça sent la sarriette, le romarin et les anti-moustiques
A l’est il y a de la choucroute, des tartes flambées et des bretzels
Et à l’ouest, des cris de mouettes et des mats de bateaux
Un peu partout on y attrape des piqûres de moustique et des coups de soleil
Et en Provence faites attention,
Les pêches et les abricots mûrs vous dégoulinent sur le menton.

*

Un aspect français qui me manque est la diversité des régions de France, le caractère unique de chaque région, le fait d’être si facilement et si rapidement dépaysé d’une ville à l’autre. L’uniformisation nationale, et maintenant globale, n’a pas prise sur toute nature ou culture. En plus, j’ai des souvenirs précis que je voulais mettre noir sur blanc.

#6 – L’ESTHETIQUE PARTOUT !

ODE A LA FRANCE

Un air d’accordéon ténu
Fragile comme un stéréotype
Toucherait délicatement
De son harmonie mystérieuse
Un peuple au style nostalgique
Et au plaisir démocratique

Joie de vivre, l’odeur du métro
Eau de toilette pour intimistes
Parfumerait naturellement
Des habitants aux yeux brillants
Aux vêtements chics et raffinés
Et aux luxueux maquillages

Dans des chansons tendres et moqueuses
Dans la campagne de bon ton
Règneraient beauté ingénieuse
Esprit spontané et badin
De ce pays de mon enfance
Aux couleurs et au goût de la France

Je rêve d’un pays pétillant
Où le subtil champagne fin
Comme un je ne sais quoi privé
Aurait un air intelligent
Spontané gai et élégant
De la France et de ses frontières.

Louis XIV shoe

Quand professeurs et spécialistes, et peut-être aussi les habitants des autres planètes, décortiqueront mon œuvre posthume, ils se poseront sûrement beaucoup de questions sur ce poème. Hélas, je ne serai pas là pour les aider. Mais sans doute verront-ils une vague ressemblance avec la fameuse Ode de Ronsard, Mignonne, allons voir si la rose ? Et oui, voici mon ode à la France. Du vin nouveau dans de vieilles bouteilles.
L’idée générale était que la France est unique pour son esthétique omniprésente et particulière. Il y a une esthétique Japonaise évidente, ou Chinoise, ou Mexicaine. L’esthétique Française, elle aussi, se reflète absolument partout : dans les rues piétonnières, les fleurs qui les décorent, dans les jardins. Partout, et je dis bien partout, de la Bretagne à l’Alsace, du Nord au Languedoc Roussillon, l’esthétique contemporaine joint l’esthétique du passé et se mêle à l’architecture et toutes les autres formes d’art visuel ; ainsi qu’à la musique, la gastronomie, la littérature, et le cinéma bien sûr. Ce sens se voit immédiatement dans l’apparence des Français, leurs vêtements, et même parfois leurs sites web.
Il fallait le dire.
Je le fais.

#26 – La chanson française

Vincent Delerm

Aujourd’hui, un énooooooorme chapitre : la chanson française.

Probablement le plus gros chapitre de ma liste.  Comme il fallait bien commencer quelque-part, j’ai composé un modeste hommage à Vincent Delerm que j’adore.

VINCENT DELERM ET MOI

Il vient avec moi au boulot
Moi au volant lui au piano
On a une relation comme ça
Vincent Delerm et moi
On aime un peu les mêmes chanteurs
Les mêmes chansons, les mêmes coups de coeur
On est sensible de l’épiderme
Moi et Vincent Delerm

Je le laisse faire tout le boulot
Les interviews à la radio
Il me donne des idées de poèmes
C’est une nouvelle forme de tandem
Je l’entends, lui ne m’entend pas
On est un peu pudique comme ça
On forme un couple ultra-moderne
Moi et Vincent Delerm

J’aime ses photos sur Instagram
Pendant que lui travaille ses gammes
On aime tous les deux son papa
Vincent Delerm et moi
On vit nos vies en parallèlle
Parfois on chante Marie-Paule Belle
On a la chanson dans le sang
Moi et Delerm Vincent

Il vient avec moi au boulot
Moi au volant, lui au piano
On a une relation comme ça
Vincent Delerm et moi
On aime un peu les mêmes chanteurs
Les mêmes films et les mêmes coups de coeur
On est sensible de l’épiderme
Moi et Vincent Delerm

Je le laisse faire tout le travail
Tous les concerts et les détails
Et en plus on ne se voit jamais
Mais ça marche quand même on dirait
Je l’entend, lui ne m’entend pas
On est un peu pudique comme ça
On forme un couple ultra-moderne
Moi et Vincent Delerm

*

Ceci dit, j’ai un projet. Celui de m’asseoir au piano et de jouer, à ma façon, un répertoire choisi de … Jean-Louis Aubert, Hugues Aufray, Charles Aznavour, Pierre Bachelet, Daniel Balavoine, Barbara, Alain Bashung, Didier Barbelivien, Guy Béart, Marie-Paule Belle, George Brassens, Michel Berger, Frida Boccara, Angelo Branduardi, Jacques Brel, Patrick Bruel, Francis Cabrel, Jean-Patrick Capdevielle, Alain Chamfort, Philippe Chatel, Robert Charlebois, Louis Chédid, Christophe, Julien Clerc, Charlélie Couture, Hervé Christiani, Etienne Daho, Joe Dassin, Romain Didier, Yves Duteil, Jacques Dutronc, Thomas Dutronc, Léo Ferré, Nino Ferrer, Michel Fugain, Serge Gainsbourg, Jean-Jacques Goldman, Françoise Hardy, Serge Lama, Bernard Lavillier, Herbert Léonard, Marie Laforêt, Daniel Lavoie, Marc Lavoine, Gérard Lenormand, Eddy Mitchell, Yves Montand, Mouloudji, George Moustaki, Claude Nougaro, Pierre Perret, Nicolas Peyrac, Michel Polnareff, Régine, Renaud, Veronique Sanson, Henry Salvador, William Sheller, Yves Simon, Mort Shuman, Alain Souchon, Anne Sylvestre, Diane Tell, Fabienne Thibaut, Charles Trenet, Laurent Voulzy,

J’ai dû en oublier beaucoup, mais ça devrait suffire pour commencer. Et si vous avez des suggestions…

Poem #2: EDITH PIAF VS. AMERICAN CLOTHES SIZES

Poem #2: EDITH PIAF VS. AMERICAN CLOTHES SIZES

In the country of the melting pot
Where Asian women wear a size Petite
And Viking’s daughters wear Women’s
Edith Piaf’s types are at a loss.

To find a dress made for their hips
To don a fitting pair of pants
Flattering their hair and skin and shape
French women have to shop in France.

*

Dear reader,

I am reverting to English today. As you know by now, this blog is Franco-American, which makes either language appropriate.
And here, we are touching to #2 on my list of things French I care about. This is a sensitive and exciting subject: I am talking about clothes. #1 was the weather, and you will see that this is not completely unrelated.
And before I touch the core meaning of this post, or its meat and bones, a quick note about the inspiration for the form: Allan sent me this morning a very cute poem by Nabokov (translated by his son), a writer we share a fondness for. The poem was about a grapefruit, which, on the opposite, I am not especially fond of. But I found the form of the poem so cute and witty and whimsical that I thought I could, in a sense, play with him at having fun with words. Here is the inspiring poem:

TO THE GRAPEFRUIT

Resplendent fruit, so weighty and so glossy
Exactly like a full blown moon you shine
Hermetic vessel of unsweet ambrosia
And aromatic coolness of white wine.

The lemon is the pride of Syracuse
Mignon yields to the orange’s delight
But you alone are fit to quench the Muse
When, thirsty, she has come down from her heights.

Grapefruit

My lines sound like a little ditty next to the master’s verses, but enough self-flagellation, and back to clothing. I have to admit that although I find perfectly fine clothes in the US, It is always a treat to shop in France. Unfortunately, I don’t get to go back very often, and when I go, it is too often “les soldes,” or sales, which means I get to glean a long time after the harvest. But, when I am lucky and land at the right time, I find such a relief in finding clothes that are made for the typical French body. Because yes, there is such a thing as the Average French woman, with the typical French body type. I am one of them!  I call it the size Edith Piaf – something in the ratio of shoulder to hips to waist, which is unmistakably French. And most designers realize that the majority of French women have light skin and brown to dark hair, and design clothes in colors that flatter those features. And I know that when I try on my size, it will most likely fit me.

I hesitated to add to this poem another stanza. Something along the lines that French clothes are temperate like French weather (I am not talking about high fashion, those luxury brands which represent France abroad, but what you find in everyday common stores) : no extreme in length or shortness; moderate colors, softened hues, nothing too harsh or gaudy. No ostentatious excesses. Not too “rock”, too sophisticated or soporific designs. Not too simple or too sexy. Elegance is usually subtle, chic more than shocking, achieving an apparently accidental nonchalance. The cut flatters a temperate silhouette, nor too tall or too short, with curves following the woman’s curves to show off the woman inside. And so on and so forth.
But I wanted to keep the poem short and to the point.

You will understand that spring is finally here, and that I am dying to shop for new clothes. On my vision board: I am shopping for clothes in France.

And here is an interesting article about the Average French woman’s type: http://www.femina.fr/Mode/Tendances/A-quoi-ressemble-la-femme-francaise-moyenne-849471