POEME D’EXILE AVEC FLEURS ET POIREAUX

POEME D’EXILE AVEC FLEURS ET POIREAUX

Je voulais écrire un poème
Avec des fleurs dedans
Parce que ça fait toujours joli
Mais pourquoi pas des poireaux ?
Personne n’écrit des poèmes avec des poireaux,
Qui dépassent du cabas de la ménagère
Avec un tube de dentifrice
Voilà ce qu’elle m’a dit
La ménagère de cinquante ans avec son cabas à roulettes
Et elle s’est éloignée
Pour s’en retourner dans ce temps-là
Au temps de la ménagère moyenne.

J’ai une pensée émue pour celle qui
Ne s’offrait jamais de roses
Mais toujours des poireaux poilus
Qu’est-ce qu’elle aurait fait de roses
Dans la soupe ?
Elle tournait toujours autour des cinquante ans
Elle est partie, avec le temps
Avec tout ce qui disparaît
Comme certaines chaussettes dans les séchoirs du monde.

La dernière fois que je l’ai aperçue
C’était dans un livre de français pour étrangers
Datant de 1950, dessin à l’encre noir sur blanc
Ou à la radio, où l’on se moquait d’elle
Où est-elle passée ?
Aved ses poireaux dans son cabas
Elle était peut-être concierge, en plus.

Vous la voyez, elle va passer encore une fois
La ménagère et ses poireaux
Elle va tourner au coin de la rue
Elle a disparu.

 

* * *

POEME OF EXILE WITH FLOWERS AND LEEKS

I wanted to write a poem
With flowers in it
Because it always looks pretty
But why not leeks?
Nobody writes poems with leeks
Sticking out of the housewife’s bag
With a tube of toothpaste
That’s what she told me
The fifty-year-old housewife with her shopper tote on wheels
As she walked away
To return to that time
The time of the average housewife

I have a special thought for she, who
Never bought herself roses
But always hairy leeks
What would she have done with roses
In the soup?
She always flirted with fifty
She went away with time
With all that disappears
Like odd socks in the driers of the world.

The last time I saw her
Was in a French language book
Dated 1950, drawing in black and white ink
Or on the radio, where she was made fun of
Where did she go?
With her leeks and her tote
She may well have been a concierge too.

See her, she is passing by again
Our housewife and her leeks
She’s turning around the corner
She disappeared.

11 thoughts on “POEME D’EXILE AVEC FLEURS ET POIREAUX

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  2. Pingback: La grande forêt | Carnets Paresseux

  3. Pingback: Nono Le poireau | L'atelier sous les feuilles

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