BODYBUILDERS

BODYBUILDERS

Hier, passé bien trop de temps à regarder les photos de bodybuilders. Je cliquais, je cliquais, et leurs photos défilaient, avec un résumé de leurs vies. L’un après l’autre, ils tombaient dans la fleur de l’âge, entre trente et quarante ans d’arrêts cardiaques, ne laissant à leurs compagnes et leurs enfants, ainsi qu’à la postérité, que les glorieuses photos de leurs biceps et leurs cuisses luisants, leur muscles ballons gonflés de stéroïdes ; et moi perplexe devant leurs motivations profondes.

Le jour d’avant je regardais, hypnotisée, la vie de Liz Taylor et tous ses drames.

Entre les deux, je lisais fascinée, les témoignages des alcooliques en cure à la Maison Saint Jean de Montréal – la richesse de leurs témoignages, la profondeur de leurs abîmes.

Maintenant je visionne Damascus en touriste sur YouTube – la pauvreté, les femmes couvertes de voiles.

Hier, en contraste, baba et rêveuse j’admirais la vie d’un entrepreneur Français qui lançait un nouveau magasin de décoration intérieure à Santa Barbara, avec dans le tas, des photos de piscine surmontant le Pacifique avec une jeune femme et une petite fille faisant apparemment la sieste.

Tant de fenêtres sur la folie des hommes et des femmes dans le monde.

Et moi, et moi, et moi, surfant le web jusqu’en avoir le mal de mer.

* * *

BODYBUILDERS

Yesterday I spent far too much time watching photos of bodybuilders. I kept on clicking and their photos kept scrolling, with a summary of their lives. One after the other they fell in the prime of life of cardiac arrest between the ages of thirty and forty, leaving to their companions and children, as well as posterity, the glorious pictures of their glistening biceps and thighs, their steroids-inflated balloon-like muscles; and I puzzled at their deep motivations.

The day before I had studied, hypnotized, the life of Liz Taylor and her dramas.

Between the two, I read with endless fascination, the testimonies of alcoholics in cure at the Maison Saint Jean in Montreal – the richness of their testimonies, the depth of their abysses.

Now I’m watching Damascus as a tourist on YouTube – poverty, women covered with veils.

Yesterday, in contrast, I admired starry-eyed the life of a French entrepreneur who launched a new interior-design store in Santa Barbara. My mind retained the image of a swimming pool overlooking the Pacific with a young woman and a little girl apparently taking a nap.

So many windows on the madness of men and women in the world.

And me, and me, and me, surfing the web until I get seasick.

3 thoughts on “BODYBUILDERS

  1. ben oui mais ça s’appelle la sélection naturelle… il faut se dire qu’ils n’ont pas souffert de bobo à la tête. (je plaisante noir, car en fait le bodybuiliding répond plutot à des sensibilités écrasées …et c’est infiniment triste )

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