LA DIFFERENCE ENTRE BELMONDO ET MOI

Bebel2LA DIFFERENCE ENTRE BELMONDO ET MOI

Il y a des gens qui vivent comme Jean-Paul Belmondo
Sautant d’avions en plein vol, cigare au bec
Saluant le monde en bas avec le même sourire frondeur
Et puis il y a les autres, comme moi
Qui ont plutôt tendance à réaliser leurs peurs les plus profondes
Puis baisser la tête et regarder leurs chaussures.
Par exemple quand j’étais prof de français à l’école américaine
Une fille me visait avec son pistolet à eau.
Et puis plus tard, j’ai été virée
Puis douze ans plus tard ma propre fille a fait
Pré-ci-sé-ment
comme les élèves qui me traumatisaient
Isn’t it funny ?
Le garçon qui arrivait en retard exactement tous les matins ?
Entrant dans la classe en cours, ses yeux bleus sans expression
Que je n’ai jamais compris et que je méprisais en silence,
Ou la fille bipolaire qui explosait en pétard au moindre cheveu de travers
Dont j’avais une peur infinie ?
Voilà, c’est moi, c’est ma vie. Voilà ce que je me suis inventé.
Ah comment me suis-je démerdée ?

Pendant ce temps lui, Belmondo, positif et désinvolte
Matérialisait les hélicoptères et les belles pépées,
Peau bronzée, dents blanches, des tonnes de blé
Il est quand même plus à envier.
Est-ce qu’il faut que je me mette à fumer le cigare ?
Pourtant sans déconner,
Il a dû quand-même en avoir, des peurs et des déboires
Belmondo.
Sans-doute qu’il leur faisait juste coucou d’en haut
Il n’a jamais eu peur d’un pistolet à eau.

* * *

J’ai retrouvé ce texte composé l’année dernière, qui n’est pas exactementd’actualité, mais je ne suis pas dans l’actualité, plutôt dans le récit de moments.


THE DIFFERENCE BETWEEN JEAN-PAUL BELMONDO AND ME

There are people who live like Jean-Paul Belmondo
Jumping from airplanes while smoking a cigar
Greeting the world below with a winning smile
And then there are others like me
Who tend to realize their deepest fears
Then lower their heads and look at their shoes.
For example when I was French teacher at the American school
A girl aimed at me with her water pistol.
And then later, I was fired
Twelve years later my own daughter did
Precisely
What the students did, who traumatized me
Isn’t it funny?
The boy who arrived late every single morning?
Entering the ongoing class, his blue eyes expressionless
Who I never understood and who I silently despised,
Or the bipolar girl who exploded like a firecracker at the slightest crooked hair
Who I had an infinite fear of?
That’s me, it’s my life. That’s what I invented for myself.
Oh, how did I manage that?

Meanwhile he, Belmondo, positive and flippant
Materialized helicopters and beautiful bimbos,
Tan skin, white teeth, tons of dough
He fared a little bit better.
Do I have to smoke the cigar?
Now really,
He must have had some fears and disappointments
Belmondo.
Maybe he just greeted them from above
He was never afraid of a water pistol.

 

 

Illustration: «Le Guignolo» (PHOTO/ATELIER D’IMAGES)

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