THRIFT STORE

Thrifstore

THRIFT STORE

Like Suzanne you sort through
the garbage and the flowers
through rags and feathers,
screeching of sliding hangers keeping time.
You gather speed
eyes getting used to the quest
through the smelly, the heavy
senses becoming more acute
to the things people left behind,
the stuff millionaires got rid of.
It’s like gambling in Monte-Carlo
the fever.
A silvery grey chenille sweater
perfectly machine misshapen and softened
just for you – this is pure genius.
A green t-shirt, the odd color you would never see in a store
in a million years – here for free.
True faded glory
from the non-beautiful people.
A shirt: hue, shape, structure, weight, design just right
once mass-produced, now custom-made for you
by the previous owner, as you imagine her:
Mother of three, belly gently stretching its boundaries –
add repeated tumbles with the family laundry
to obtain the casually distressed shape
that will make your own belly look so flat in comparison
Thank you.
A fine wool dress – a vintage brand
You think you hit the jackpot
You hope the store employees won’t change their mind
When they see that.
A long navy blue silk gown – (if anyone had any idea!)
You push your cart piled up with too much
Of what was deemed good enough for the dump
Now deconstructed, déclassé chic.
You scoured the whole store
No fake handbag, no aisle unchecked
You go home with your loot in a plastic bag
Like casino chips.

I love visiting the local thrift stores and I’ve been lucky many times. I thought of one of my favorite songs, Suzanne, by Leonard Cohen, which, I realized, refers to the Parable of the Wheat and Tares, which itself refers to the sorting of souls at the last judgment. Without ever having studied the verses of this song in the past, I always liked the image of the Salvation Army rags and feathers that Suzanne wears. My poem is much less profound, but allowed me to pay a visit to the world of Leonard Cohen.


FRIPERIE

Comme Suzanne, vous triez
entre les ordures et les fleurs
parmi les chiffons et les plumes
crissement de cintres coulissants en cadence
vous prenez de la vitesse
vos yeux s’habituent à la quête
à travers le malodorant, le lourd.
Les sens s’aiguisent
aux choses que les gens ont laissées derrière eux
aux choses dont les millionnaires se sont débarrassés
C’est comme jouer à Monte-Carlo
la fièvre.
Un pull en chenille gris argent
déformé à perfection et ramolli en machine
Juste pour vous – du pur génie
Un t-shirt vert, un ton rare qu’on n’a pas vu dans un magasin
depuis des lustres – ici gratuitement
Vraie gloire fanée
de gens pas spécialement beaux
Une chemise: couleur, forme, structure, poids, design incomparables
Un jour produite en série, aujourd’hui sur-mesure pour vous seul
par le précédent propriétaire, que vous imaginez
mère de trois enfants, le ventre poussant doucement ses limites –
Ajoutez des culbutes répétées avec la lessive familiale
et vous obtenez la forme relâchée désinvolte
qui fera paraître votre ventre plat en comparaison.
Merci.
Une petite robe en laine – une marque vintage
Vous pensez que vous avez touché le jackpot
Vous espérez que les employés du magasin ne changeront pas d’avis
Quand ils verront ça, qu’ils se rendront compte.
Une robe longue de soie bleu marine – (si quelqu’un savait!)
Vous poussez votre chariot chargé de trop
De ce qui a été jugé assez bon pour la décharge
Devenu déstructuré, chic déclassé.
Vous avez parcouru tout le magasin
Aucun faux sac à main, aucune allée non examinée
Vous rentrez chez vous, votre butin dans un sac en plastique
Comme des jetons de casino.

J’adore rendre visite aux friperies locales et j’ai souvent eu de la chance. J’ai pensé à une de mes chansons préférées, Suzanne, de Leonard Cohen, qui (je viens de m’en rendre compte) fait référence à la parabole du bon grain et de l’ivraie, qui fait elle-même allusion au tri des âmes lors du jugement dernier. Sans jamais avoir étudié les vers de cette chanson dans le passé, j’ai toujours aimé l’image du Salvation Army, des chiffons et des plumes que porte Suzanne. Mon poème est beaucoup moins profond, mais m’a permis de visiter à nouveau l’univers de Leonard Cohen.

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