Mission Jumeleine

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« … cette bande sonore s’autodétruira dans les cinq prochaines secondes. »
La fumée familière commença à s’élever et James Bond l’écarta d’un geste du poignet. Il posa les pieds sur le bureau et réfléchit au message qu’il venait d’entendre.
Cette nouvelle mission allait mettre fin aux vacances qu’il prenait depuis quelques jours dans l’anonymat de la Nouvelle-Angleterre. Mais il ne pouvait pas échapper à ses fonctions.

Il se souvint de la dernière fois qu’il avait entendu parler de l’Affaire Jumeleine : une recette de pâtisserie médiévale qui avait été découverte, puis avait rapidement disparu, du coffre d’un roi français du XVe siècle, dans les années soixante. La recette n’avait jamais été retrouvée. Des pâtissiers du monde entier avaient essayé de la recréer en copiant la seule version qui en avait été réalisée, mais tous avaient échoué immanquablement.
Bond regarda ses chaussures italiennes, qui provenaient de chez son fournisseur anglais. Il sentit son estomac se serrer à l’idée de la mission – le KGB était sur le coup depuis des lustres, ainsi que le Secret Intelligence Service – autant qu’à l’idée des Jumeleines, dont il avait entendu parler du goût incomparable. Il était 20h.

Il consulta son téléphone portable et trouva immédiatement son billet d’avion pour Londres, Il partait dans deux heures.

Dans l’avion, le signe EXIT brillait en rouge à sa gauche, surmontant la porte d’évacuation. Il inspecta la ventilation au-dessus de son siège et le contrôle des appels aux stewards pour détecter tout bug possible. Rassuré, il enveloppa autour de son cou un gadget pour dormir et ferma les yeux. Il aurait besoin de se reposer autant que possible pour être frais le lendemain.

Arrivé à Londres, il prit un taxi. Le chauffeur indien avait suspendu un sachet d’encens qui lui donna la nausée, il n’était que 8h du matin avec le décalage horaire. Il ne pouvait pas se permettre d’être malade. Il se reprit et vérifia que son écouteur était bien placé. Pas de nouvelles, bonnes nouvelles.

L’hôtel était situé à Trafalgar Square, un quartier qu’il connaissait depuis une mission à Covent Garden dans les années précédentes. Son extérieur était discret et Bon se rendit immédiatement dans sa chambre, remarquant en passant le goût oriental dans la décoration, les murs blancs, les hautes plantes vertes et les rampes en fer forgé.
Il se rasait lorsqu’il entendit frapper à la porte. Son rasoir à la main, il s’en approcha. «Room service» dit une voix. Bond ouvrit. «Votre commande de Jumeleine», dit un homme portant un plateau chargé d’une cloche en métal.
Bond reconnu le mot de passe, laissa entrer l’homme, un de ses collègues londoniens, puis referma soigneusement la porte après avoir vérifié rapidement mais soigneusement les couloirs.
“Voici pour vous aujourd’hui 007,” dit l’homme succinctement. Il leva la cloche et présenta à Bond un plateau de petit-déjeuner, une poignée de livres sterling et ce qui ressemblait à un billet de bus touristique de Londres. «Nous avons eu quelques fuites, ils vous cherchent. Mais lisez cette note et nous devrions être en possession de la recette d’ici demain soir. »
Bond fit sortir l’homme. Les couloirs étaient encore vides. Il était environ 9h30, heure de Londres.
« Pourboire? »
«Non merci monsieur, » répondit l’homme ceci était un code secret qui signifiait mission acceptée.
Seul à nouveau, Bond s’assit au bureau face à l’œil de Londres. En lisant le message, il but le double expresso, avala les œufs brouillés, le bacon et le scone. Ensuite, le jus d’orange frais fut particulièrement bon.
Selon le message, il devait maintenant se perdre dans la foule touristique de Londres et se rendre à la gare Victoria, où un serveur du Caffe Nero lui ferait passer un microfilm pendant qu’il le servirait.

Les instructions étaient claires. Malgré une nuit abrégée, JB se sentait prêt à relever le défi. Il mit une veste pare-balles sous le manteau d’hiver qui l’attendait dans le placard de la chambre, à côté d’un épais peignoir blanc et de chaussons assortis. Encore une tendre attention de Barbara, pensa-t-il. Barbara aurait fait une bonne épouse et une bonne mère si elle n’avait pas choisi ce métier, comme il avait eu de nombreuses occasions de le vérifier. Mais il laissa rapidement passer cette pensée.

L’air dehors était gris et humide. Le manteau n’était pas superflu. Il remercia silencieusement Barbara tout en traversant la place de la gare, puis Trafalgar Square, puis la Galerie nationale.

Le bus à arrêts multiples à bord duquel il était supposé monter stationnait comme prévu dans une rue latérale, avec ses décorations bleues et blanches. Une silhouette semblait dormir au volant. La porte était fermée.
Bond regarda sa montre: 9h55.
Il frappa légèrement à la porte vitrée. La silhouette à l’intérieur se leva du volant et la porte pliante s’ouvrit.
Nous ouvrons à 10h.
«Je sais, je me demandais si je pouvais prendre un siège. Il fait froid dehors.”
“OK, montez. Vous avez votre billet?”
Le conducteur était une jeune femme aux cheveux courts et bouclés et elle aurait été désirable, pensa-t-il, si ce n’était pour ses yeux froids et audacieux.
Elle examina le billet quelques secondes et lui tendit un écouteur pour la visite guidée. Il le prit comme n’importe quel touriste.
Le bus était vide mais allait bientôt se remplir, pensa-t-il. Le meilleur endroit serait à l’étage supérieur, où il pourrait avoir une bonne vue de ce qui l’entourait, même si cela impliquait d’être à l’air libre et de supporter l’air froid.
Des couples et familles de toutes nationalités prirent rapidement place autour de lui. Le moteur de l’autobus démarra et Bond brancha le cordon des écouteurs.
“Vous êtes à bord du meilleur bus de tourisme de la ville de Londres……”

Bond se laissa faire un tour en admirant les monuments qu’il connaissait autant de l’intérieur que de l’extérieur et se demanda si la mission Jumeleine pouvait être l’une des plus faciles qu’il n’ait jamais eue.
Mais le son enregistré commença à faire des fritures. Un bruit statique couvrit la voix de la femme et une autre voix commença : «Monsieur Bond, nous savons que vous êtes ici. N’essayez pas de petite plaisanterie ou vous le regretteriez. Au prochain arrêt, les autres passagers seront invités à descendre du bus. Vous resterez à bord et tout ira bien. ”
Il reconnut la voix de la conductrice. Regarda autour de lui et calcula un moyen de sortir. Il décida que le mieux serait de rester dans le bus et d’en savoir plus sur les projets de la jeune femme lorsqu’ils se présenteraient face à face. Elle pourrait être une aide souhaitable dans la mission.
À la station suivante, la jeune femme prétendit avoir une crevaison et a demandé à tous les passagers de descendre du bus.
Bond attendit, toujours assis sur son siège, sur la plate-forme supérieure du bus.
Au lieu de s’approcher, cependant, la femme remit en marche le moteur et s’éloigna brusquement du trottoir où ils étaient garés. Au même moment, des grilles en forme de cage se dressèrent sur les côtés du bus et créant un toit au-dessus de sa tête. Une clôture similaire bloqua la porte donnant accès aux niveaux inférieurs, le retenant ainsi dans une cage en métal solidement attachée de tous les côtés. Bond sentait maintenant le bus prendre de la vitesse, ce qui augmentait la sensation de froid qu’il ressentait déjà. Le bus le conduisait maintenant à toute vitesse vers une destination dont il n’avait aucune connaissance. Et il commença à regretter sa première idée de s’échapper. Ses cheveux ébouriffés par le vent froid et humide semblaient dérangés sur sa tête.….

(La suite au prochain épisode)


… this tape will self-destruct in the next five seconds.
The familiar smoke started to rise up and Bond flicked it off from a cuff of his wrist. He put his feet up on the desk and pondered the message he just heard.
This new mission was going to put an end to the holidays which he gives in anonymity in New England. But he could not escape his functions.

He reminisced the last time he had heard of the Jumeleine affair, a recipe that had been discovered, then had swiftly disappeared from the chest of a 15th century French king, in the sixties. The recipe had not been found since. Bakers from all over the world had tried to replicate the recipe by copying the only realized version, but always failed.
Bond stared at his Italian shoes that came from his British supplier. He felt his stomach tighten at the idea of the mission – the KGB as well as the Secret Intelligence Service had been involved for a long time- as well as at the idea of Jumeleines, whose flavor he knew was incomparable. It was eight p.m.

He checked his cell phone and immediately found his plane ticket to London. In two hours.

On the plane, the EXIT sign shone red at his left, above the evacuation door. He inspected the ventilation above his seat, and the call control for any possible bug.
Then reassured, he wrapped his neck device and tried to sleep. He would need to rest as much as possible to be refreshed in the morning the morning.

Arrived in London, he took a taxi. The Indian driver had hung a sachet of incense that made him nauseated, it was only 8am with the time difference. He should not be sick. He pulled himself together and verified that his earphone was in place. No news, good news

The hotel was in Trafalgar square, an area he was familiar with since a Covent Garden mission in the years past. Its façade was inconspicuous and Bond made it to his room immediately. noticing along the way the middle-eastern taste in the decoration, the white walls, tall leafy green plants and wrought-iron banisters.
He was shaving when he heard a knock at the door. His razor in hand he came closer. “Room service” said a voice. Bond opened. “Your order of Jumeleine.” Said a man carrying a tray.
Bond recognized the password and opened to one of his London colleague, let him in and carefully closed the door after quickly but carefully checking the hallways.
“Here is for you today 007” said the man succinctly. He lifted the metal cloche and presented a breakfast tray, a handful of pounds sterling and what looked like a ticket for a London tourist bus. “We had a few leaks, they’re looking for you. But read this memo and we should be in possession of the recipe by tomorrow night.”
Bond ushered the man out. The hallways were still empty. It was around 9:30 am London time.
Tip?
“No, thank you sir, answered the man” which was a secret code for an accepted mission.
Alone again, Bond took a sit at the desk facing the London eye. While reading the message, he drank the double expresso, ate the scrambled eggs, the bacon, and the scone. Next, the fresh orange juice tasted particularly good.
According to the message, he was now to get lost in the tourist crowd and make his way to Victoria’s station, where a waiter at a Caffe Nero would pass him a microfilm while serving him.

The directions were clear enough. In spite of an abridged night, Bond felt ready for the challenge. He put on a bulletproof jacket under the winter coat he found waiting in the room closet next to a thick white bathrobe and matching slippers. The tender attention of Barbara, he thought. Barbara would have made a good wife and mother if she had not chosen this field, he had had many opportunities to verify this. But he quickly let the thought pass by.

The air outside was grey and damp. The coat was not superfluous. He silently thanked Barbara as he made his way across the station, though Trafalgar Square, past the National Gallery.

The London Hop on-hop off bus he was supposed to board was waiting on a side street with its gaudy blue and white decorations, as described. A silhouette seemed to be sleeping at the wheel. The doors were closed.
Bond looked at his watch: 9:55am.
He knocked lightly at the glass door. The silhouette inside unfolded from the wheel and the door opened.
“We open at 10am.”
“I know, I was just wondering if I could take a seat. It’s cold outside.”
“OK, climb in. Have you got your ticket?”
The driver was a young woman with short curly hair and she would have been desirable, he thought but for her eyes which where cold and bold.
She scrutinized the ticket for a few seconds and handed him an ear set for the guided tour. He took it as any tourist would do.
The bus was empty but would soon fill in, he thought. The best spot would be on the upper deck, where he could have a good view of his surroundings, although that would mean being in the open air and enduring the cold air.
Couples and families of all countries soon took the nearby sit. The bus’s engine started and Bond plugged in the earphone cord.
“You are on board of the best tour bus in the city of London… …”

Bond let himself be taken on a tour, gazing at the monuments he knew so well inside and out, and wondered if the Jumeleine mission could be one of the easiest he ever had.
Then the recorded sound started to fritter. A static sound covered the woman’s voice and another voice took over “Mr. Bond, we know you are here. Do not try anything funny or you will regret it. Next stop, the other passengers will be asked to get off the bus. You stay on board and all will be well.”
He recognized the driver’s voice. Looked around himself and calculated a way to get out. He decided that the best plan would be to stay on the bus and find out more about the young woman’s plans when they were one on one. She could be a desirable help in the mission.
The next station, the young woman pretexted a flat tire and asked all the passengers to please get off the bus.
Bond waited, still sitting on his seat on the upper platform of the bus.
Instead of coming up to him, however, the woman started the engine again, and abruptly pulled away from the sidewalk where they had been parked. At the same time, cage-like grids rose up from the sides of the bus and created a roof above his head. Similar fence blocked the door to the lower levels, thus trapping him in a metal cage that was solidly fastened on all sides. Bond was now feeling the bus gathering speed, which was also increasing the feeling of cold that he was already feeling. The bus was now taking him at full speed toward a destination he had no knowledge of. And he started regretting his first idea which was of escaping as soon as he heard the change of plan. His hair mussed up by the cold and humid wind felt deranged on his head.

(to be continued next week)

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