Mission Jumeleine (suite et fin)

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Partie 2/2 – qui complète ma participation a l’Agenda Ironique de Janvier!

*  *  *

Inébranlable, il les lissa de la main en réfléchissant à la meilleure façon d’utiliser son énergie, déjà entamée par la lutte contre le froid.
Assis sur son siège, il appréciait la folle promenade à travers Londres, passant devant le palais de Buckingham et autres sites familiers.
La National Gallery… pensa-t-il. Le bus se rapprochait maintenant de l’arrière du célèbre musée. Il était maintenant 11 heures et même en plein jour, la vitesse du bus n’avait pas alerté la police, ni sa forme supérieure étrange, ni sa trajectoire étrange. Le véhicule prit un virage étroit dans une rue arrière où se trouvait l’entrée du musée.
Bond, amateur d’art classique et entretenant des relations étroites avec de grands marchands d’art et de riches connaisseurs qui géraient des transactions internationales d’une valeur de plusieurs milliards de dollars connaissait très bien la National Gallery. Bien entendu, les amateurs de la recette des Jumeleines étaient sûrement associés à la nouvelle exposition Mantegna et Bellini qui s’y déroulait actuellement. Le peintre de la Renaissance et la recette de pâtisserie volée à la cour de Philippe VI Le chanceux étaient de toute évidence le lien caché.
Pendant que Bond réfléchissait et commençait à saisir la situation, l’autobus s’était approché de la porte d’un quai de chargement. La porte se leva pour laisser entrer le bus à deux étages.
Bond se retrouva dans un couloir sombre. Alors que ses yeux s’habituaient à l’obscurité, il entendit le chauffeur ouvrir la portière et parler à quelqu’un. “Je l’ai. Mission accomplie.” Puis une porte laissa apparaitre un homme de petite taille vêtu d’un costume sombre.
“Bonjour, cher ami. Ça faisait longtemps!”
«Je viens juste pour l’exposition» rétorqua Bond. Il avait reconnu Aggelos Petrakis, le célèbre marchand d’art milliardaire également connu pour son amour de la nourriture et sa chaîne mondiale de restaurants très exclusifs. L’homme ne connaissait pas de limites pour acquérir ce qu’il voulait, même si cela impliquait des effusions de sang. Bond le savait.

«Eh bien cher ami, nous sommes ici pour des raisons sacrées. Au-dessus de nous sont en effet exposées les célèbres tableaux de Mantegna, et des rumeurs disent que vous pourriez également être sur la piste de la recette des Jumeleines? “
“Sortez-moi de là je vous prie et parlons en hommes civilisés.”

«Il est bientôt midi – pourrais-je vous offrir une tasse de thé? Et peut-être une pâtisserie… hahaha… même si je sais la médiocrité de mes pauvres tentatives … ”

L’homme de petite taille avait sorti une télécommande de la poche de son veston et les barrières du bus s’abaissèrent lentement. Bond sauta au sol, lissa son manteau et ses cheveux et s’approcha de l’homme.
“Invitation acceptée. Mais conduisez-moi d’abord aux toilettes. »
“Absolument! Mais d’abord, assurons-nous que vous vous comporterez bien.» Aggelos Petrakis tira une paire de menottes de son autre poche et les plaça aux poignets de Bond avec un sourire.

Bond le suivit jusqu’à une porte blindée qui s’ouvrit sur un ascenseur. La porte suivante donnait sur l’intérieur du musée et menait à une salle où étaient entreposées des toiles empilées et couvertes. Il le conduisit ensuite à une porte latérale.

Cette salle de bain, comme Bond l’avait deviné, avait une fenêtre à barreaux qui devait donner sur le fond de la rue. Il calcula que son absence ne devait prendre que quelques minutes et qu’il devait agir vite. Bien qu’il senti son estomac gargouiller à la pensée du thé qu’il manquait, il calcula qu’il pourrait encore se rendre à la gare Victoria après tout. Aggelos devrait attendre.

Bond plaça son pied sur le siège des toilettes et de ses mains liées réussit à détacher le talon de sa chaussure, qui révéla une mini bombe qu’il avait appris à utiliser. Cet explosif très sensible et silencieux était assez puissant pour faire éclater le métal tout en minimisant les projections. Ses mains menottées positionnèrent rapidement le mécanisme près des barres de fer de la fenêtre et il tira le détonateur avec les dents.
En moins de trois secondes, les menottes s’étaient ouvertes et les barreaux lui donnaient suffisamment d’espace pour glisser dans l’ouverture et ramper jusqu’au trottoir.
Bond regarda sa montre. Il était 12h15.

Les rues étaient maintenant animées de leur population journalière et Bond s’y fondit, dirigeant ses pas vers Covent Garden quelques rues plus loin. Les aventures du matin lui avaient donné une autre idée.
Depuis quelques heures, il pensait à Viola Oström, une bonne amie et chef d’orchestre renommée qui dirigeait actuellement le Ballet royal pour la saison. Née et élevée en Suède, Viola avait rapidement rejoint les plus grands musiciens du monde. Ils s’étaient rencontrés lors d’une soirée organisée par l’ambassadeur d’Uruguay et étaient resté en contact au fil des ans. Viola était extrêmement discrète dans ses actions et Bond la savait également extrêmement fiable. Ils s’étaient entraidés dans quelques affaires précédentes.
L’entrée du Royal Ballet se trouvait à l’angle d’une entrée de Covent Garden, mais Bond préféra utiliser l’entrée des artistes, dans une petite rue arrière. La réceptionniste passa un coup de téléphone et Bond attendit la jeune femme.
Velours, dorures et glamour. Chaque fois que les visiteurs voyaient l’auditorium historique du Royal Opera House pour la première fois, ils étaient toujours émerveillés.
Une femme apparu à la porte. Ses cheveux noirs tombaient en longues boucles sur ses épaules recouvertes d’un tissu blanc. D’ailleurs, tout son corps était recouvert de tissu blanc. James Bond reconnu la combinaison de vol que Viola enfilait pour piloter son hélicoptère.
“Vite, je suis prête” furent les seuls mots qu’elle prononça. Elle lui montrait l’ascenseur dont il savait qu’il atteignait le toit de la Royal Opera House. Il la suivit et elle continua : «Je suis au courant de tout. Nous pouvons être à la gare Victoria dans dix minutes. »
Ils s’installèrent dans la petite cabine de l’hélico et enfilèrent les lunettes de protection. Puis Viola ouvrit le tableau de bord et leur versa un Martini.
Tout en sirotant et en admirant la vue sur la Tamise, ils partagèrent un plan d’action rapide.
Le temps s’écoulait, aussi vite que l’hélicoptère à destination de Victoria Station. Elle lui présenta alors une corde qui était attachée à d’un piquet construit sur le sol en métal. Ils la jetèrent hors de l’hélico lorsque la station apparut clairement au centre du radar.
Bond donna un baiser à Viola avant de se retourner pour attraper la corde avec les pieds et les mains. Son corps se sentait fort et rafraîchi après la collation, et la proximité du but lui donnait une motivation supplémentaire. La descente sembla néanmoins interminable, mais quand son pied toucha la surface dure du toit, il réalisa qu’il avait encore réussi. Accroupi sur le toit, il lâcha la corde.
Il se retourna, lança un autre baiser à Viola et entreprit de descendre au niveau des piétons. De sorties de toit en salles d’eau, en passant par les portes d’entretien, il fit son chemin vers le café italien.
Il s’approcha du comptoir.
«Pourrais-je avoir une Jumeleine s’il vous plait?» Enonça-t-il clairement.
« Mais bien sûr, » répondit l’homme derrière le comptoir. Avec un clin d’œil, ce dernier lui donna une tasse de café et remplit un sac en papier avec une sorte de muffin, ajoutant quelque chose qu’il avait sorti de sa poche, et qu’une caméra cachée aurait pu identifier comme un microfilm.

De retour dans sa cachette de la Nouvelle-Angleterre, James Bond se remémorait l’aventure. On ne ferait pas un livre de cette courte histoire, pensa-t-il. Mais la plupart des gens ignoraient tout de ces missions faciles de trois jours qui l’amusaient plus que tout.
On entendait un violon jouer dans l’autre pièce. “Chérie, je crois que tu les épateras tous demain en tant que soloiste, à l’orchestre symphonique de Boston”, déclara Bond depuis son fauteuil près de la fenêtre.
“Oui, et j’ai hâte de goûter les Jumeleines qui seront servies pour célèbrer cet événement artistique international.”
Oui, les jumeleines.
Mmm mmmm mmmm !


Unflappable, he smoothed it back while thinking of the best way to use his energy, apart from fighting against the cold.
Sitting back on his seat, he enjoyed the crazy ride through London, past Buckingham palace and other familiar landmarks.
The National Gallery… he thought. The bus was now coming closer to the back of the famous museum. It was now 11:00 am and even in full daylight, the bus’s speed had not alerted the police. Neither did its strange upper shape or its strange trajectory. The double-decker took a narrow turn in a back street where was the back entrance to the building.
Bond was very familiar with the National Gallery, being an amateur of classical art and having close relationships with major art dealers and wealthy connoisseurs who handled billions of dollars international deals. Of course, the Jumeleine recipe amateurs were surely associated with the new Mantegna and Bellini exhibit that was taking place at the moment. The Renaissance painter and the pastry recipe stolen from the court of Philippe VI The Fortunate were undoubtedly the hidden link.
While Bond was reflecting and starting to make sense of the situation, the bus had come closer to the door of a loading dock. The door lifted and took the tall bus in.
Bond found himself in a dark passageway, While his eyes were getting accustomed to the dark, he heard the driver open her door and talk to someone on a phone. “I got him. Mission accomplished.”
Shortly after, a short man in a dark suit came out of a door.
“Hello, my friend. Long time no see!”
“Just coming for the exhibit!” Bond retorted. He recognized Aggelos Petrakis the famous billionaire art dealer who was also known for his love of food and his chain of exclusive restaurants around the world. The man knew no bound to acquire what he wanted, even if it involved blood. Bond knew it.

“Well my friend, there we are on sacred grounds. Above us are the famous Mantegna paintings, and rumors have it that you might also be on the track of the Jumeleine recipe? “
“Take me out of there and let’s have a civilized conversation together.”

“ It’s about noon time – would you fancy a cup of tea if you don’t mind? And maybe a pastry … hahaha… although I know my poor attempts… ”

The short man had pulled a remote control out of his suit pocket and the fences slowly came down from the bus top. Bond jumped down, smoothed his coat and hair as he came closer to the man.
“Invitation accepted. But first lead me to the bathroom.”
“Absolutely! But first let’s make sure you behave.” Aggelos Petrakis pulled a pair of handcuffs out of his other pocket and put them on Bond with a smile.

Bond followed him to a reinforced door which slid open to an elevator. The next door opened to the inside of the museum into a room storing stacked and covered paintings. He then took him to a side door.

This bathroom as Bond had guessed, had a window which gave onto the back of the street. He calculated that his absence would only account for a few minutes, and that he had to act fast. Although he felt his stomach gurgling at the thought of the missed tea, he calculated he might make still make it to Victoria Station after all. Aggelos would have to wait.

Bond lifted his foot on the toilet seat, managed to detach the heel of his shoe which revealed a mini bomb that he had been trained to use. This high sensitivity and silent explosive was strong enough to break through metal while keeping the projectile material within short range. His cuffed hands swiftly positioned the mechanism close to the bathroom’s iron bars and he pulled the detonator button with his teeth.
Within three seconds, the handcuffs had opened and the bars gave enough space for him to slide through the opening and onto the sidewalk.
Bond looked at his watch. It was now 12:15 pm.

The streets were now pleasantly busy with the day crowd and Bond blended in it, tracing his steps toward Covent Garden a few streets ahead. The morning adventures had given him another idea.
For the last hours he had been thinking of Viola Oström, good friend and renown conductor who was currently conducting the Royal Ballet for the season. Born and raised in Sweden, Viola had quickly joined the top ranks of world’s musicians. They had met at a party organized by the ambassador of Uruguay and kept in touch through the years. Viola was extremely discreet in her actions and Bond knew her as extremely reliable. They had helped each other in previous affairs.
The Royal Ballet’s entrance stood at the corner of the Covent Garden entrance, but Bond preferred to use the stage entrance in a back street. The receptionist made a phone call and Bond waited for the young woman.
Velvet, gilt and glamour tour. Whenever visitors see the historic auditorium of the Royal Opera House for the first time it always amazes them.
A woman appeared at the door. Her dark hair fell in soft curls on her shoulders, which where covered in white fabric. Her whole youthful body was covered in white fabric. James Bond recognized the pilot jumpsuit necessary to fly in Viola’s helicopter.
“Quick, I’m ready” where the only words she uttered. She was pointing to the elevator that he knew reached the roof of the Royal Opera House. He followed her and she continued: “I know everything. We can be at Victoria Station in ten minutes.
They took place in the small cabin and put on the flight goggles. Then Viola opened the dashboard bar and poured them both a Martini.
While sipping and admiring the view of the Thames, they shared a quick plan of action.
The deadline was approaching, as fast as the helicopter to Victoria Station. Presently, she presented him with a rope which was tied up around a peg build on the metal floor. The rope was then thrown out when the station showed up clearly in the radar, smack in the middle.
Bond gave stole Viola a kiss before turning around to grab the cord with feet and hands. His body felt strong and fortified by the pick-me up they had, and the closeness of the goal gave him extra motivation. The descent seemed nonetheless interminable, but when his foot touched the hard surface of the roof, he realized he had done it again. Crouching on the roof, he let go of the rope.
Turning around, he threw another kiss to Viola and set out to get down to pedestrian level. From roof exits to bathrooms to maintenance doors, he made his way to the Italian Caffe.
He walked up to the counter.
“Could I have a Jumeleine please?” he clearly pronounced.
“But of course,” answered the man behind the counter. With a wink, the barista gave him a cup of coffee, and filled a paper bag with a sort of muffin, adding something he pulled out of his pocket, that a hidden camera there could have identified as a microfilm.

Back in his hideout in New England, James Bond reminisced about the affair. This quick one would not make it into a book, he thought. But most people didn’t know about these easy, three-day affairs that entertained him more than anything else.
In the background, a violin was playing. “”Honey, I think you’ll impress them all tomorrow as a soloist with the Boston Symphony Orchestra,” Bond said from his armchair by the window.
“Right, and I can’t wait for the Jumeleines that will be served as a celebration of this international artistic event.”
Yes, the jumeleines. Mmm mmmm mmmm.

medieval recipe

By Master chef of Richard II of England – http://mmems.files.wordpress.com/2011/03/jrl0905131dc.jpg, Public Domain, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=31745579

5 thoughts on “Mission Jumeleine (suite et fin)

  1. Dire que j’ai failli rater le deuxième chapitre ! Ian Fleming n’a qu’à bien se tenir !!! et cette version bilingue ne peut ainsi échapper à personne ! Merci Victor Hugotte 🙂

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    • Ah, c’est trop gentil! En tout cas je me suis amusée à embellir mon propre voyage à Londres récemment. Moi qui n’ai jamais lu Ian Fleming, j’ai essayé de deviner ce que ça ferait. J’ai dû laisser pas mal de détails faute de temps et d’espace. Je dirais qu’il y a un aspect thérapeutique à l’exercice. Et maintenant il faut que je corrige toutes les fautes.

      Liked by 1 person

      • Il ne doit pas y en avoir tant que ça 😀 mais c’est bien amené. J’ai connu Londres fin des années 60 c’était une ville fascinante ! en tous cas la thérapie fonctionne on dirait 🙂

        Liked by 1 person

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