TEACHING POETRY TO THE CHICKENS / ENSEIGNER LA POESIE AUX POULETS

two chicken inside cage

Photo by Min An on Pexels.com

TEACHING POETRY TO THE CHICKENS
At midlife I am still trying to figure
What my ideal profession should be
Sometimes when I look at other people’s bios my heart beats faster
I take it as a sign that it is The job for me
It happened this morning when checking the day’s poem online
I liked the poem well enough –
I can do that, is what I thought, trying to compare in my mind
Still debating
–surely, some of my poems… the one of the fridge, for instance.

And then the typical bio followed:
“So or so teaches poetry at the University of such or such
And its MFA program.”
Not only does my heart beat faster, but I turn green with envy
I see them climbing into their cars, career on track
Bringing their soul to the job
A few days a week
What could be better?

And then I remember my teaching experience
Student’s rebelling at being held captive, taught against their will
Hurling their caged hormones against the fragile eggshell of my self

This is when it came to mind, the perfect job:
Teaching poetry to chickens
Quite forgiving, not too demanding
Their little brown heads nodding
Acquiescing gently
To whatever I say
Me imparting my knowledge
To this obedient crowd
Of perfect students
Who could also teach me a thing or two
About the poetry of worms, sunsets, the right time to go to bed
I’d be preaching to the converts, believers
All sweet nothings, soft gurgles and purrs
Low moans, cluck clucks, and tuneful grunts

Maybe a louder buk-buk-buk-cackle!
If I had a worthwhile insight
Or made a popular comment

 

I was showing Allan how most published poets had a job teaching poetry or creative writing at a university, and with this I made a kind of noise, or moan of envy that prompted him to say “you sounded like a chicken.” And then “you could teach poetry to chicken.” To which I was only mildly offended, because chicken noises are my favorites, as I find them very therapeutic, and can imitate them quite well too.

* * *

ENSEIGNER LA POÉSIE AUX POULETS
Passé la quarantaine, j’en suis toujours à me demander
Quelle serait la profession idéale
Parfois, lorsque je vois les biographies des autres, mon cœur bat plus vite
Je vois ça comme un signe que ce serait l’Emploi pour moi
C’est arrivé ce matin en consultant le poème de la journée en ligne
J’ai bien aimé ce poème – je peux faire aussi bien,
ai-je pensé, en essayant de comparer
Sans être absolument certaine
–Sûrement, certains de mes poèmes… celui du frigo, par exemple.

Et puis la bio typique suivait:
« Untel enseigne la poésie à telle ou telle université
Et son programme de création littéraire. »
Non seulement mon cœur bat plus vite, mais je tourne au vert d’envie
Je les vois monter dans leurs voitures, dans la bonne direction
Celle de leur carrière, apportant leur âme au travail
Quelques jours par semaine
Que peut-on demander de mieux?

Et puis je me rappelle mon expérience de l’enseignement
Etudiants rebelles en captivité, enseignés contre leur gré
Attaquant de leurs hormones en cage la coquille d’œuf fragile de ma personne

C’est là que m’est venue l’idée du poste idéal:
Enseigner la poésie aux poulets
Assez indulgents, pas trop exigeants
Hochant leurs petites têtes brunes
Acquiesçant gentiment
À tout ce que je dirais
Moi, transmettant mes connaissances
À cette foule obéissante
D’étudiants parfaits
Qui pourraient aussi m’apprendre une chose ou deux
À propos de la poésie des vers, des couchers de soleil, de l’heure pour aller dormir
Je prêcherais aux convertis, aux croyants
Au son de leurs gloussements, mélodieux grognements
Et leurs doux ronrons glougloutés

Et peut-être un cot-cot-cot-codet ! plus poussé
Si j’avais fait un point particulièrement valable
Ou un commentaire populaire.

 

Je montrais à Allan comme la plupart des poètes publiés enseignaient la poésie ou la création littéraire dans une université. J’émis alors un grognement qui le poussa à dire: « On dirait un poulet. » «Tu pourrais peut-être enseigner la poésie aux poulet.» Ce à quoi je n’ai été que moyennement vexée, car j’adore les bruits que font les poulets, sons que je trouve thérapeutiques et que je peux d’ailleurs très bien imiter.

3 thoughts on “TEACHING POETRY TO THE CHICKENS / ENSEIGNER LA POESIE AUX POULETS

  1. Blague à part, j’aime beaucoup ce texte, même si je pense que le poulet doit être un bon amateur de poésie, et pas forcément si facile à enseigner. Peut-être même ont-ils d’excellents poètes dont nous ignorons tout, nous qui dénions l’art de la plume aux bêtes à plumes (et aux autres bêtes).

    sinon, zigzagueur de métier, je me console me disant que ceux qui vont leur chemin dans la “bonne direction” perdent ainsi l’occasion de s’égarer, d’aller voir ailleurs et de se découvrir autre que ce qu’ils avaient programmé. Connaitre son but avant de l’avoir atteint, et aller tout droit, non mais quel ennui.

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    • Merci. Oui, les animaux vivent avec d’autres valeurs que les nôtres, et je trouve leur monde plus poétique, plus ouvert à la contemplation. Ils se rapprochent du monde de l’enfance, de la simplicité du naturel, de l’innocence. Les humains (pas tous, probablement) aiment leur compagnie pour cette raison.
      Sinon, zigzagueur me semble être un bon filon. Je pourrais mettre ça dans mon CV aussi. Pourtant, j’aurais aimé pouvoir approfondir une voie, et aussi en découvrir d’autres. Tout et son contraire, en fait. 😊

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