Cabrel et la mélodie des souvenirs

Après la lecture de Gibulène, difficile de résister à cette mission spéciale au sujet de Cabrel.
Mais j’ai dû utiliser trois chansons au lieu d’une. La première de Cabrel :  J’écoutais Sweet Baby James (2020), la seconde Killing me Softly, par Roberta Flack (1973), et la troisième Sweet Baby James, James Taylor (1970). Pardon aux non-anglophones.

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J’avais garé la voiture dans le parking de la ferme où j’achetais mes légumes.
Sur le système audio, le dernier album de Cabrel que je venais de télécharger.
Comme j’avais un peu de temps, et que le soleil se couchait sur le champ,
je suis restée écouter la chanson suivante en regardant le buffalo dans sa cabane en bois :

C’était loin en Décembre, je me souviens encore
Du désordre étudié dans le fond de ta chambre
De la neige dehors qu’on regardait descendre
Et de nos cœurs surtout qui tourbillonnaient fort (1)

Et mes yeux ont commencé à s’embuer…
he was… Killing me softly with his song
Singing my life with his words
Killing me softly with his song
Telling my whole life with his words
Killing me softly with his song (2)

Parce qu’il parlait de mes vingt ans…
I heard he sang a good song, I heard he had a style
And so, I came to see him and listen for a while
And there he was this young boy, a stranger to my eyes (2)

Ça ne fait peut-être pas de sens pour vous
Cabrel parlait de l’étudiant américain que j’avais rencontré dans ma jeunesse
qui grattait sa guitare dans un dortoir universitaire

Je me souviens toujours de tes longs cheveux noirs
Des longueurs du couloir quand j’ai quitté la chambre
De la neige-miroir dans le froid de décembre
Et de l’étrange voix qui avait changé l’histoire (1)

S’il n’avait pas les cheveux noirs, ce garçon venait du Massachusetts,
dont parlait James Taylor, dont Cabrel parlait
J’avais dans la tête la même image :

Now the first of December was covered with snow
Yes and so was the turnpike from Stockbridge to Boston
Now the Berkshires seem dreamlike on account of that frosting
With ten miles behind me and ten thousand more to go (3)

Tous ces noms et ces paysages m’étaient si familiers
Et du chemin, on en avait fait –
mariés pendant plus de vingt ans.
Je connaissais très bien ce voyage :

There’s a song that they sing when they take to the highway
A song that they sing when they take to the sea
A song that they sing of their home in the sky
Maybe you can believe it, if it helps you to sleep
But singing seemed to work fine for me (3)

(Cabrel) sang as if he knew me
In all my dark despair
And then he looked right through me
As if I wasn’t there
And he just kept on singin’
Singin’ clear and strong (2)

Mais c’était bien loin tout ça, une vie antérieure, qu’il venait rappeler à ma mémoire en musique et en images. D’où lui venaient ces souvenirs, je n’en saurai rien. Il avait peut-être eu une vie parallèle à la mienne pour un court moment.
Lui était revenu en France, moi pas.

Mais la neige avait fondu depuis longtemps, cette saison de ma vie était passée.
Après la chanson, j’avais pris mes cabas plastifiés, fermé la voiture avec le bip.
Dans ma tète fredonnait encore la berceuse…

So goodnight all you moonlight ladies
Rockabye, sweet baby James
Deep greens and blues for the colors I choose
Won’t you let me go down in my dreams?
Oh, and rockabye, oh, sweet baby James (3)

Francis Cabrel: https://youtu.be/rKGZsu65Rpg?si=YKRi3GVx6CxcHUgW

Roberta Flack : https://youtu.be/zlq0CUtkOSI?si=iVOLU0BGVzaOfuuS
James Taylor : https://youtu.be/k2x0fPgAj_Y?si=ZFLdtV0KP31kUNgA

Pour l’agenda Ironique de Fevrier

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