SONDAGE DE JANVIER!! – NEW IMPROVED!!

Décalage horaire oblige, je vais devoir dévoiler les résultats de suite : une flopée d’excellent ex-aequo !
Je suis d’accord.

Et Iotop a déjà d’accepté ses fonctions et proposé l’AGENDA DE FEVRIER !

Je vous le passe.

Merci pour un Agenda de Janvier brillant et chaleureux.

 

+  +  +

VOTEZ – VOTEZ – VOTEZ – VOTEZ – VOTEZ – VOTEZ – VOTEZ – VOTEZ – VOTEZ –

Ce chapitre se clôt. Je remballe le turban, les cartes, et mon enseigne de cartomancienne.

Ceci-dit, j’ai tout lu, tout vu, tout cru. J’ai aimé vos poèmes et textes. J’ai vu des arcanes de toutes les couleurs et de toutes les formes. Et j’ai appris des choses, comme la façon de créer des sondages comme celui-ci! Quand je vous disais que l’année commençait bien ! A votre tour de jouer.

C’est l’heure de lire, et de voter parmi les participations qui suivent en ordre alphabétique:

(Et puis ensuite, c’est pas fini!!! Il faut voter pour kiki va faire Fevrier!)
Carnets Paresseux : https://carnetsparesseux.wordpress.com/2018/01/20/11922/

Cléa Cassia : Les dix étoiles du si j’étais toi – M.é.a.n.d.r.e.s.

Ecri’Turbulente: https://ecriturbulente.com/2018/01/14/message-interstellaire-pour-lagenda-ironique/

Frog, sur Frogsblog7 : https://frogsblog7.wordpress.com/2018/01/16/si-jetais-toi/

Glomerule Nephron sur Prose Pipe et Poésie : https://prose-pipe-et-poesie.blog/2018/01/15/tour-du-monde-et-agenda-ironique-de-janvier-2018/

Iotop, sur Le dessous des mots : https://ledessousdesmots.wordpress.com/2018/01/05/si-jetais-toi/

Jacou33 http://jacou33.wordpress.com/2018/01/23/agenda-ironique-janvier-2018/ ;  https://jacou33.wordpress.com/2018/01/23/agenda-ironique-janvier-2018/

Jobougon: https://jobougon.wordpress.com/2018/01/18/en-forme-de-deliberation/

L’Atelier sous les feuilles: https://lateliersouslesfeuilles.wordpress.com/2018/01/08/la-bonne-etoile/

La Licorne, sur Filigrane : https://filigrane1234.blogspot.fr/2018/01/une-etoile-la-haut.html

Laurence Délis, sur Palette d’expressions: https://palettedexpressions.wordpress.com/2018/01/06/comme-des-poussieres-qui-nourrissent-lame/

Les narines des crayons : https://lesnarinesdescrayons.wordpress.com/2018/01/18/si-jetais-toi/

Manuraanana : https://manuraanana.wordpress.com/2018/01/14/agenda-ironique-2018/

Patchcath : https://patchcath.wordpress.com/2018/01/21/si-jetais-toi/

Plimpszeste: https://palimpzeste.wordpress.com/2018/01/06/larcane-xvii-letoile/

Valentyne, sur La Jument Verte : https://lajumentverte.wordpress.com/2018/01/14/si-jetais-toi/

VictorHugotte sur Grain de Sable: https://wordpress.com/post/victorhugotte.com/1594

Maitenant: l faut cliquer sur un des petits ronds sur la gauche de la ligne choisie, et ensuite cliquer sur la touche Vote en bas, pour valider. Et idem sur le second tableau.

Décalage horaire oblige, je vais devoir dévoiler les résultats de suite : une flopée d’excellent ex-aequo !
Je suis d’accord.

Et Iotop a déjà d’accepté ses fonctions et proposé l’AGENDA DE FEVRIER !

Je vous le passe.

Merci pour un Agenda de Janvier brillant et chaleureux.
VOTEZ – VOTEZ – VOTEZ – VOTEZ – VOTEZ – VOTEZ – VOTEZ – VOTEZ – VOTEZ –

Agenda Ironique de Janvier- Recap

 

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Mes amis, je vois des étoiles, des étoiles, des étoiles!
Voici venue l’heure de récapituler les contributions qui constellent ces jours-ci la toile astrale de nos blogs. Les autres ont, je le rappelle, jusqu’au 24 Janvier pour participer – donc j’attends patiemment. Il s’agit d’écrire un poème commençant par “Si j’étais toi” et compilant les dix bons conseils donnés par l’Étoile:

 

L'Etoile

Vous verrez que certains d’entre vous ont utilisé l’Arcane de l’Etoile par différents illustrateurs. Un vrai régal ! :

Valentyne, sur La Jument Verte : https://lajumentverte.wordpress.com/2018/01/14/si-jetais-toi/

Iotop, sur Le dessous des mots : https://ledessousdesmots.wordpress.com/2018/01/05/si-jetais-toi/

Plimpszeste: https://palimpzeste.wordpress.com/2018/01/06/larcane-xvii-letoile/

Laurence Délis, sur Palette d’expressions: https://palettedexpressions.wordpress.com/2018/01/06/comme-des-poussieres-qui-nourrissent-lame/

L’Atelier sous les feuilles: https://lateliersouslesfeuilles.wordpress.com/2018/01/08/la-bonne-etoile/

Cléa Cassia : Les dix étoiles du si j’étais toi – M.é.a.n.d.r.e.s.

Ecri’Turbulente: https://ecriturbulente.com/2018/01/14/message-interstellaire-pour-lagenda-ironique/

La Licorne, sur Filigrane : https://filigrane1234.blogspot.fr/2018/01/une-etoile-la-haut.html

Manuraanana : https://manuraanana.wordpress.com/2018/01/14/agenda-ironique-2018/

 

Si j’en oublie, dites-le moi!

Merci de nous faire lire !

SI J’ETAIS TOI

L'Etoile

Si j’étais toi, un soir au clair de lune
J’irais à la rivière – j’apporterais deux cruches :
Une de liquide jaune, une de liquide bleu
Et je dénouerais mes cheveux

Je m’agenouillerais sur une planche rouge
Et avec le liquide jaune, baptiserais mon pied droit
J’essaierais tant bien que mal avec l’autre cruche
De protéger ma modestie
Mais il n’y aurait que les étoiles
Pas de loup ni d’agneau en vue
Juste un corbeau malingre sans renard ni fromage.

Alors je resterais là un moment
Le genou presque dans l’eau douce
Et je penserais que je suis bien petite
Là, sous les étoiles
Mais je prendrais quand même toute la place sur l’image
Et là je comprendrais que tout est à sa place

Alors je prendrais la cruche de liquide bleu
Que je verserais sur mon corps
En signe de conclusion
et ainsi de bleu vêtue
Je deviendrais invisible dans l’aube bleue
Et peut-être imbue d’autres pouvoirs singuliers
Que je ne connaitrais pas encore

Et avec mes cruches vides
Je rentrerais à la maison.

 

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Et voila ma contribution à l’Agenda Ironique de Janvier.

C – pour Charlebois

Alphabet personnel du Canada: C – pour Charlebois

France 1982 – Deux salles de classe supplémentaires matérialisées dans une structure en préfabriqué qui ressemble à une cabane d’ouvriers flanquée entre le bâtiment de l’école (un ancien couvent imposant au centre-ville,) et la maison adjacente.
Entre les deux salles, un couloir aux parois en contreplaqué qui sentait fort la peinture, la colle et les relents d’un poêle à mazout. La peinture jaune pâle avait vite été décorée de graffitis : «Je suis un génie incompris, » des fleurs, des cœurs, des initiales, qu’on avait le temps de contempler et d’étudier parce qu’il faut toujours attendre entre la fin et le début des classes. Toute la classe piétinait en entrant le plancher poussiéreux qui grinçait et tanguait, ce qui renforçait le vertige provoqué par l’odeur.

L’histoire de ce génie incompris m’intriguait. Je me disais quel culot quand même ! Si c’était vrai, j’aurais bien connu la connaitre. Et moi au fait, peut-être que j’étais un génie incompris aussi. En fait je n’essayais même pas de me faire comprendre.

Dans ce monument précaire, provisoire, on nous envoyait pour les cours de dessin d’un côté ou de musique, de l’autre. Dans la classe de musique, l’odeur, puis le bruit. Le bruit des trente filles (c’était une école de fille) qui accordent, si l’on peut dire, leurs flûtes à bec, qui soufflent fort, qui remettent les trous en face des doigts.
La prof, une petite jeune femme un peu ronde aux cheveux courts nous faisait répéter ensemble la mélodie de « Je reviendrai à Montréal. »
Trente flûtes à bec dans la bouche d’adolescentes qui n’arrivent pas, le font exprès ou pas, qui postillonnent, ne contrôlent pas leurs flux d’air, produisant des souffleries stériles ou des cris stridents à casser les vitres.

Mi ..mi… fa.. sol… mi… sol… pfffff… do
Scriiiitch… pfffff … mi… couac… ré… do… la… sol

Je… re… vien… drai …à …Mont …réal
Dans …un… grand… Boeing… bleu… de… mer…

Pour ajouter au professionnalisme, Mme B. s’asseyait au piano droit déglingué pour accompagner la cacophonie. Tout ça sifflait comme un laborieux convoi traversant un ouragan sur l’arctique.

Cette chanson était bien connue. L’original par Charlebois passait souvent à la radio, une chanson rêveuse et nostalgique. Pour ma part, avant la reprise symphonique à la flûte à bec, elle me donnait envie de retourner à Montréal, moi qui n’y était jamais allée. L’émotion était tangible et transparente comme de la glace. Je sentais l’air pur, je voyais la réflexion du soleil dans les cristaux neigeux, les lacs étranges, les aurores boréales et la lumière du Labrador.
Mais quand on abuse des bonnes choses, on s’en dégoûterait presque.

Une décennie plus tard, j’avais l’occasion d’arpenter le long désert des rues qui n’en finissent pas, Qui vont jusqu’au bout de l’hiver, Sans qu’il y ait trace de pas.

Des trente flûtes mal embouchées ne restait qu’un petit souvenir anecdotique, mais je m’en souvenais quand-même, et je prenais ma revanche bien loin du petit cabanon qui empestait.

J’étais Charlebois. Je me mettais tout à fait à sa place. Nous étions interchangeables. La sensation du retour à Montréal était pure, sans même le nom d’une personne pour la ressentir.
Je vivais « le retour à Montréal. »

Depuis, je suis revenue de nombreuses fois, avec la même émotion que la première fois, et même de plus en plus forte tant il y avait de choses que Charlebois n’avait pas mentionnées dans sa chanson.

Imaginez une ville à taille humaine où le meilleur de la culture française, américaine et canadienne se mélangent. De la France on trouve les cafés, les librairies, la musique, la mode ; des Etats-Unis on a la familiarité, l’optimisme, le commerce; et du Québec on découvre l’accent, les expressions, la littérature, le sens de l’accueil et du décor, la politesse, l’humilité, la simplicité, le goût du rire et de la musique. Au risque d’avoir l’air d’une brochure de tourisme, je m’entête : une capitale cosmopolite avec des musées, concerts, théâtre, musique et danse de première classe, tout ça réuni dans une ville ou chaque petit quartier unique est accessible par métro, ou en vélo. Et je n’ai même pas parlé de la poutine.
Je devrais peut-être garder le secret avant qu’il s’évente.

 

B – Blé du Canada

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BLÉ DU CANADA

Nantes – du bureau de ma chambre
Vue imprenable sur
La page du bouquin à étudier
Le Bac à l’horizon.

Encore plus loin, terra-incognita
A laquelle on ne pense pas.
Le Bac ou la mort

Mais sur la table du petit déjeuner à la maison
Juste avant les jours d’examen
Soleil de Juin sur arbres en fleur
Il y a du Miel Crémeux du Canada

Ni miel mille-fleurs passe-partout
Ni miel de pin granuleux et amer
Mais un miel doux comme du beurre doux,
Avec un léger goût de vanille

J’imagine ces abeilles du Canada
Grosses et grasses commères
Potinant comme des concierges
Sur de douces fleurs aux tons pastel

On a vu aussi au supermarché
L’arrivée du pain en tranches blanches
Blé du Canada !
Dans lesquelles on entrevoyait
De vastes étendues moelleuses et pâles
Des hectares d’un grain plus tendre
Et plus généreux que le nôtre

Programme du Bac :
La Chine, l’URSS
Le Canada : grand producteur de blé
Après ? On parlait d’horizon bouché.
Certains sont très sérieux quand ils ont dix-huit ans.

Mais… un jour, on est libéré.
On croit à peine qu’on est sorti de cet entonnoir
Epiant une lumière au loin
De vastes étendues blondes
Sur le poster du Canada dans la cuisine de notre studio.

Droit devant, les grandes plaines libres !

Et puis un jour on y est, au Canada
Et c’est drôle, mais plus on s’approche
De l’horizon des espaces vides
Plus il s’éloigne
Devant, devant…

*

Dans l’alphabet de mon Canada: B pour Blé

Ma première année d’université, pour décorer mon studio, j’avais demandé des posters dans une agence de voyages. Tout à fait par hasard, j’avais hérité d’une image du Canada. Un paysage de champ de blé uniformément jaune sous un ciel uniformément bleu.
Le poster trônait dans ma cuisine. Ce n’est pas comme si je rêvais d’y aller. Qu’est-ce que j’aurais fait dans un grand champ de blé ? Je n’étais pas un corbeau!
Mais je voyageais malgré moi.
Je n’ai pas retrouvé l’image du poster, mais ça ressemblait à ça.

A – ALICE MUNRO

Alphabet personnel du Canada – A pour Alice Munro

Première rencontre à Portsmouth, dans le New Hampshire, dans une toute petite librairie locale. Quelque-chose m’avait attiré, le titre ? la couverture ?
Dear Life. La traduction du titre en français m’aurait peut-être moins attirée : Rien que la vie.

Dear life, comme le début d’une lettre, écrite à « la vie, » peut-être une lettre de rupture ? C’était prometteur. Moi aussi, j’aurais pas mal de choses à lui dire, à la vie ; quelques questions à lui poser, quelques points à mettre sur les i.
Mais ce n’était pas du tout ça.

En passant, dès qu’il y a « la vie » dans le titre, je sais que c’est pour bibi. On n’est pas introverti pour rien.

Dedans, c’était une collection de nouvelles, avec des personnages ayant une vie intérieure, tout au moins au moment précis de l’histoire ; des situations inhabituelles, beaucoup de voyages en train, en bus en voiture. Et justement, j’adore prendre le train ! Plein de mouvement intérieurs et extérieurs, tout ça avec des descriptions de paysages souvent enneigés et un peu tristounets, mais exactement comme je me représente le reste du Canada, puisque que je ne connais jusqu’à présent que le Québec, à part le saut en avion à Toronto qui ne m’a pas permis de voir beaucoup de paysage.
Donc le Canada, dans toute la splendeur de ses étendues plates et enneigées où il fait bon respirer et faire quelques pas dans la neige pour rentrer à l’intérieur vite.

Il y avait beaucoup de personnages femmes, avec des problèmes et des considérations de femmes. Je me suis retrouvée là. Par exemple : une jeune prof qui commence un emploi dans une école un peu retirée du monde, ses relations avec les autres enseignants, les élèves.
Ses histoires me semblaient intemporelles, plantées dans un paysage géographique et social, mais pas spécifiquement historique, bien qu’on en ait une vague idée. Elle ne se souciait pas de politique, ce qui me plaisait tout particulièrement : l’accent était mis sur la vie intérieure de ces femmes, leurs drames. Je n’avais jamais entendu le nom d’Alice Munro auparavant, mais je me demandais bien pourquoi. Je sentais bien que j’avais mis la main sur une valeur sûre. (ma copie n’avait pas d’autocollant Prix Nobel !)

La deuxième rencontre, c’était par le truchement de Cheryl Strayed, oui, l’auteure de Wild, lors d’un atelier d’écriture auquel je participais et qu’elle conduisait. Cheryl Strayed avant lancé à ronde « connaissez-vous Alice Munro ? une nouvelliste de haut niveau que tout le monde ne connait pas ! » Elle faisait bien-sûr appel à mon ego et mon sens de supériorité littéraire quand j’ai pu lever la main et dire « oui oui, M’dame ! moi je la connais ! »
Cette validation personnelle et accolade de lecture par une auteure que je respecte me l’a rendue encore plus chère. (Si j’ai rédigé des histoires ? moi, depuis ? c’est une tout autre question.)

Depuis, je me suis procuré Runaway (Fugitives en Français,) le recueil dont il était question. Et là, c’était encore mieux parce qu’il y avait un fil conducteur entre toutes les nouvelles : des femmes qui se font la malle.
L’idée me rappelait un roman que j’aimais bien déjà (c’est sûrement une catégorie littéraire,) par Ann Tyler, ou le personnage principal décide de tout plaquer : The Ladder of Years ou Une autre femme pour la traduction française.
Peut-être que c’est ce qu’on a envie de faire de temps en temps, nous les mères, surtout quand les enfants ou les maris ne sont pas de tout repos
Donc j’ai lu ce livre en cherchant des idées, des inspirations (50 façons de tout quitter), en cherchant un miroir de mes désirs de fuite à moi, surtout dans le passé parce que finalement je l’ai fait à un moment, divorcé, et que mon aînée est partie faire des études. Mais peut-être qu’on a toujours envie de partir.

Troisième rencontre : comme ma mère est une grande lectrice, je lui ai parlé d’Alice Munro. Peu de temps après, on discutait au téléphone quand maman m’a proposé de m’envoyer Fugitives en traduction Française. Je dois dire que l’idée me plaisait bien. J’ai beau adorer lire en anglais, ma deuxième langue après tout, je calais un peu sur ces histoires. « Attention, c’est assez soutenu comme lecture ! » me disait maman, comme si elle doutait de mes facultés intellectuelles ou même de mes intérêts littéraires et voulait me prévenir.

Trêve de plaisanteries.

Ce que j’aime justement dans ces recueils, c’est le défi de s’attaquer à quelque-chose de dense et de consistant, avec l’assurance qu’elle ne nous décevra pas et qu’on en aura pour nos efforts.

J’ai donc reçu la traduction en Français. Un livre de poche. Ecrit tout petit, ce qui n’arrange pas la santé oculaire, mais qui vaut quand même bien la peine de s’abimer un peu les yeux.
Et donc j’ai vérifié pour vous : c’est aussi bien en Français.

Au final, ce qui me plait surtout dans toutes ces histoires, c’est que la plupart ont la solidité de mythes resitués à nos jours, ce sont des fables contemporaines avec des personnages archétypaux en chair et en os. Par exemple cette presque vieille fille qui tombe amoureuse d’un homme rencontré un soir, puis qui se rend au rendez-vous qu’il lui avait proposé un an plus tard.
Ou l’histoire de cette adolescente qui croit comprendre qu’elle a été adoptée mais qui ne sait plus trop à qui se vouer jusqu’à ce qu’on sache à la fin de l’histoire. Presque un thriller !

Cette histoire-là est la dernière que j’ai lue, le temps d’un voyage en train, justement. C’était parfait. Je rentrais chez-moi au lieu de fuir, mais l’évasion qu’elle m’a donnée, elle, l’auteure, c’est justement ça qu’il me fallait. Un voyage au Canada.

*

Mon Alphabet personnel du Canada – voilà ce à quoi je m’attelle ces jours-ci.
Les vingt-cinq billets à venir devraient suivre l’ordre, si tout va bien, de notre alphabet familier.
Tout ce que vous apprendrez sur le Canada sera vu exclusivement à travers mes lunettes personnelles, donc un matériel en majeure partie subjectif !
J’invite vos commentaires.

#17 : « AH, JE RIS… ! »

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Cher lecteur, nous atteignons aujourd’hui plusieurs points cruciaux :
– la fin de cette série de mon blog sur Ma France, avec un billet préalablement intitulé
#17 : L’humour Français.
– l’anniversaire de ce même blog, que j’ai commencé il y a un an, en Octobre.

J’avais d’abord pensé qu’il y avait un humour typiquement français qui me manquerait, ou bien qu’on riait plus en France qu’ici, dans mon pays d’exile. Mais plus j’y ai pensé, et repensé, plus j’ai réalisé que mes plus gros fou-rires se sont passés ici, et que par conséquent, ce n’était pas l’humour français qui me manquait.

Justement, passons en revue ces crises d’hilarité :
La fois où, juste après la naissance de mon deuxième bébé, une gentille voisine avait sonné à notre porte pour nous offrir un plateau de Christmas cookies ou petits gâteaux de Noël faits maison. De retour à la table, j’avais été assez intriguée par le mini-marshmallow collé avec du glaçage blanc au beau milieu de la joue de Santa Claus, sous le bonnet rouge. Mais que signifiait ce petit monticule ? un gros bouton d’acné ? Cette idée de cette armée de Père Noëls avec leurs boutons d’acné clonés m’avait fait rouler par terre en me tordant les boyaux, jusqu’à ce que je réalise qu’ils étaient en fait censés représenter le pompon du bonnet du Père Noël.

La fois où au bureau dans lequel je travaillais, enceinte alors de mon première bébé, deux collègues et moi avions entamé une conversation devant la machine à café sur la bottomless cup of coffee ou tasse de café sans fond, qui fait référence à la pratique de certains café de vous remplir votre tasse gratuitement, l’image m’était venue de quelqu’un entrant avec une tasse de café sous la douche, ce qui en faisait une bottomless cup, image qui m’avait fait cracher mon café, m’avait secouée de hoquets d’hilarité et rempli les yeux de larmes.

Donc aucun rapport avec la France. Plutôt peut-être avec les hormones.

Ou alors peut-être plus récemment, dans Le grand blond avec une chaussure noire, la scène où le commissaire visionne sur grand-écran les photos de l’individu suspect, fraichement débarqué d’un vol, et qu’au lieu du personnage sombre et mystérieux attendu, on voit apparaitre des gros-plans de Pierre Richard les doigts plongés dans la bouche se débattant innocemment avec un caramel collé sur une de ses molaires, grimaces hilarantes qui semblent passer totalement inaperçues chez les policiers qui restent sérieux comme des papes.

Voilà donc ce qui me fait rire. Et s’il y a une forme d’humour français spécifique je me rends bien compte que je ne suis pas une spécialiste (comme je le suis du reste).

Ce blog a maintenant un an.
Je vois mes pages, poèmes et prose, mes pensées imprimées au cours des douze derniers mois, un reflet de certains aspects de moi-même, en quelque-sorte un miroir. Tout comme le vôtre, cher lecteur, et je trouve ça très intéressant.

J’ai l’honneur d’inviter à cette célébration la Castafiore, ce Rossignol Milanais si passionnée par son art qu’elle ne voit pas toujours le reste. Elle pavoise comme un coq dans la basse-cour, mais elle a beaucoup d’autres qualités, dont celle de me mettre en joie.

Et maintenant, de quoi allons-nous traiter dans ces pages ?

Pourquoi-pas du Canada, pour créer une sorte de trilogie : France, Canada, USA. Parce que je me propose rien de moins que ce challenge. Vous êtes prévenus.

La Castafiore

#13 – EXPOSÉ SUR LA FRANCE

 

#13 – EXPOSÉ SUR LA FRANCE
PAR ÉCOLIERS EXTRA-TERRESTRES DÉSORDONNÉS

Nord, sud, est, ouest
On a entendu des cigales à St. Guilhem le désert
On danse dans des petits bals du 14 juillet à Pérols la nuit
Il y a des champs de blé à Metz en été
Et des hortensias près du Mt. St. Michel
Du sable et du crachin à Noirmoutier en novembre
Et des coques dans la vase à La Baule
Des marrons à Redon
Et au nord ?
Des villes fantômes dans le brouillard
Des plages et des villages déserts
Au sud, ça sent la sarriette, le romarin et les anti-moustiques
A l’est il y a de la choucroute, des tartes flambées et des bretzels
Et à l’ouest, des cris de mouettes et des mats de bateaux
Un peu partout on y attrape des piqûres de moustique et des coups de soleil
Et en Provence faites attention,
Les pêches et les abricots mûrs vous dégoulinent sur le menton.

*

Un aspect français qui me manque est la diversité des régions de France, le caractère unique de chaque région, le fait d’être si facilement et si rapidement dépaysé d’une ville à l’autre. L’uniformisation nationale, et maintenant globale, n’a pas prise sur toute nature ou culture. En plus, j’ai des souvenirs précis que je voulais mettre noir sur blanc.

#11 – FAIRY TALE

 

The office ceiling lights shone very bright on her desk. It was almost ten o’clock in the morning and she pulled a bag of almonds out of her side drawer. Her desk area was stuffed with small stashes of foodstuffs: the cabinet behind her for instance opened onto a row of reference files and books, and a bag of apples which she had brought back from the supermarket; and occasionally a small bag of crackers as well. The factory where she worked as the main secretary was located at the end of a lonely road in a flat rural area, far from any lunch venue. Like every other employee, she brought her own sustenance for the long eight-hour work day.

She counted ten almonds.
Everyday at the time when hunger was the most unbearable she counted ten almonds in the palm of her left hand. Sometimes they were quite small and she allowed herself one or two more.

She then returned to her computer, munching on the dry nuts which gave her work of the moment a different flavor of elevated satisfaction and fullness. Poor little thing! Her dark hair curled around her pretty ears and her graceful little hands clicked on the keyboard but did she think about her lovely curls? Lunch time was two hours away and she remembered bitterly the day when some women in the office had pointed at her behind and said “secretary butt.” That’s what she was thinking about.

She knew she didn’t have a big butt, yet. She made herself a large cup of tea in a tall insulated cup. The hot sugar-free and milk-free liquid made her feel full for a while longer. At the age of fifty-one, she dreaded the natural displacement of body fats towards her mid-section, which all the magazines, books and media she was bombarded with had well-documented. And she could see that theory verified in many co-worker, friends and acquaintances, although not all of them. She didn’t want to be one more stat. She had read that with their healthy fats, fiber, protein, magnesium and vitamin E, the health benefits of almonds included lower blood sugar levels, reduced blood pressure and lowered cholesterol levels. They could also reduce hunger and promote weight loss.

She pulled a series of receipts out of a manila folder, opened the Expense management program on the computer and started matching the receipts with the American Express amounts. Her boss was a good man who managed the company between its headquarters in France and the United States branch, staying three weeks in each country alternately. Among her duties was the processing of his expense reports.
The first receipt was for a meal in a Parisian restaurant which she didn’t know, and that she looked up on the internet to make sure that she had the right name as it was barely legible. And also out of curiosity.
On the screen appeared a cozy restaurant room with white tablecloths, all set-up with wine glasses and a bread basket. It seemed to her that she was invited to sit down to look at the menu and choose between the raw oysters, the escargots or the foie gras as an appetizer. She was back in Paris at a restaurant she had visited with her parents in her youth, and the ambiance was so warm, so festive! The conversation turned around the cello she would one day learn to play. But what happens! She was reaching out to her glass of Bordeaux to clink with her father when the screen saver turned black.
The candle-lights disappeared. She was sitting there, with the piece of paper in her hand.

She took a second receipt which was for another restaurant in Paris, a bigger meal this time. The room that came up on screen was one she had once visited with her young husband of years before when he was first discovering France with her. She could see the table by the window, loaded with a dish of choucroute topped with potatoes and various sausages and meats. Even though she wasn’t crazy about sauerkraut, she could smell the delicious flavors of warm, briny smoked sausage and taste the sweet boiled potatoes. Oh surprise, how joy! The waiter brought up a bottle of Gewürtstraminer and started filling their wine glasses. She took the thick white napkin to her lips to wipe them before taking a sip.
The screen shut down: she was sitting in front of the naked black screen and the beige walls of the office.

There went another receipt. Right away she was sitting in a magnificent brasserie which seemed to sum up all of the most beautiful decors she had seen in Parisian restaurants, with historic mirrors which had seen crowds of diners through centuries, and might have witnessed the Exposition Universelle of 1889. The restaurant was bustling with the evening crowd and a candle was illuminating the splendid glassware on the tables. Her fork was halfway down the melting heart of a chocolate profiterole glistening with a layer of warm dark chocolate sauce. And there were two more of those after that first one! She lifted the loaded fork to her salivating mouth: the screen went blank.

Her stomach made itself known with a slightly painful pang and she looked at her watch. Ten past noon and her lunch time was at twelve-thirty.

She picked up another receipt. This time she knew that the visit would not last and that when the screen-saver came up, all would disappear and she would be back to her clean desk at the factory.

This one took her back to an unknown Italian restaurant where she shared a feast of tournedos with pommes dauphines, sole meunière, and pasta dishes of all kinds, followed with cheeses and a sampling of rich desserts including crème caramel, chocolate mousse and even a Mont Blanc when it came up, with friends she didn’t even know she had yet. And she was by then so full that she couldn’t swallow another macaroon.

That’s when the factory lunch buzzer rang up to announce twelve thirty. She got up from her desk chair, picked today’s apple in the closet behind her and pushed the cafeteria door. Inside, some of her coworkers were already sharing a table and chatting over home-made boloney sandwiches on Wonder-bread. She pulled one of her frozen lunches out of the company freezer: 240 calories worth of glazed chicken and rice. With a couple cut up green-beans. She washed the apple in the sink while the black plastic tray turned around and around under the microwave light.
Nobody knew the marvels that she had seen and in the middle of what splendor she had been working that morning.

#6 – L’ESTHETIQUE PARTOUT !

ODE A LA FRANCE

Un air d’accordéon ténu
Fragile comme un stéréotype
Toucherait délicatement
De son harmonie mystérieuse
Un peuple au style nostalgique
Et au plaisir démocratique

Joie de vivre, l’odeur du métro
Eau de toilette pour intimistes
Parfumerait naturellement
Des habitants aux yeux brillants
Aux vêtements chics et raffinés
Et aux luxueux maquillages

Dans des chansons tendres et moqueuses
Dans la campagne de bon ton
Règneraient beauté ingénieuse
Esprit spontané et badin
De ce pays de mon enfance
Aux couleurs et au goût de la France

Je rêve d’un pays pétillant
Où le subtil champagne fin
Comme un je ne sais quoi privé
Aurait un air intelligent
Spontané gai et élégant
De la France et de ses frontières.

Louis XIV shoe

Quand professeurs et spécialistes, et peut-être aussi les habitants des autres planètes, décortiqueront mon œuvre posthume, ils se poseront sûrement beaucoup de questions sur ce poème. Hélas, je ne serai pas là pour les aider. Mais sans doute verront-ils une vague ressemblance avec la fameuse Ode de Ronsard, Mignonne, allons voir si la rose ? Et oui, voici mon ode à la France. Du vin nouveau dans de vieilles bouteilles.
L’idée générale était que la France est unique pour son esthétique omniprésente et particulière. Il y a une esthétique Japonaise évidente, ou Chinoise, ou Mexicaine. L’esthétique Française, elle aussi, se reflète absolument partout : dans les rues piétonnières, les fleurs qui les décorent, dans les jardins. Partout, et je dis bien partout, de la Bretagne à l’Alsace, du Nord au Languedoc Roussillon, l’esthétique contemporaine joint l’esthétique du passé et se mêle à l’architecture et toutes les autres formes d’art visuel ; ainsi qu’à la musique, la gastronomie, la littérature, et le cinéma bien sûr. Ce sens se voit immédiatement dans l’apparence des Français, leurs vêtements, et même parfois leurs sites web.
Il fallait le dire.
Je le fais.