LA VRAIE JOURNÉE DES FEMMES

Pour l’Agenda Ironique de Mars, nous abordons le Féminisme radical. (Haussement de sourcil de mes lecteurs/lectrices.) Je propose donc ici une tranche de vie qui aborde mes réflexions philosophiques et presque métaphysiques sur le sujet, avec des chiasmes et des anaphores.

Pour les détails de la commande, voici l’adresse : https ://josephinelanesem.com/2021/02/28/nous-sommes-le-courage-lune-de-lautre/

La vraie journée des femmes

Vendredi 8h. Barbara se gara à l’arrêt de l’autocar qui transportait les voyageurs de l’aéroport. Elle avait eu peur d’être en retard. « La ponctualité est la politesse des rois », était un des dictons qui forgeaient sa personnalité. Le déplacement inhabituel à la gare après avoir déposé sa fille à l’école et avant le trajet pour le travail la déstabilisait.

Elle attendait une personne qu’elle n’avait jamais vue. La nièce d’une amie française, une des rares qu’elle avait gardées depuis qu’elle avait fait sa vie aux États-Unis. « Ma nièce s’est inscrite à un programme linguistique pour son cursus universitaire » avait écrit Valérie.  Elle a besoin d’une famille d’accueil. J’ai pensé à toi. »

Barbara avait dit oui. La compagnie de la jeune fille lui ferait du bien, ainsi qu’à Tiffany, six ans, qui était fille unique depuis que son frère était parti faire ses études. Elle pourrait loger dans une pièce jamais finie faute de temps. Elle avait eu le projet d’en faire une chambre d’amis, centre de méditation, puis studio de danse, atelier de peinture pour Tiffany, salle de gym, atelier de couture, puis re-centre de méditation. Mais la pièce avait surtout été au cours des années un débarras

« And today is Women’s day… » annonça une voix à la radio. Barbara eut une pensée pour les suffragettes qui avaient précédé sa génération : elle leur devait le droit de vote, son compte en banque, sans parler de la propriété de sa maison. Elle pensa aussi à la quasi-nouveauté des femmes au volant et eu envie d’allumer un cigare.

Finalement, une jeune-fille apparu de derrière le bus, très jeune, cheveux noirs mi-longs, visage ovale rappelant Valérie. Elle repéra Barbara et pris sa valise.   

A cause du nom, Barbara s’était attendue à une robe de fermière, des sabots remplis de paille. « Fernande ? »  Mais la jeune-fille était très moderne, et portait les mêmes vêtements que les filles qu’elle voyait autour d’elle. Jean troué, débardeur à fines bretelles.

« Fernande, Je dois travailler, alors je vais vous déposer à la maison, vous pouvez faire comme chez vous et visiter un peu si vous voulez et nous parlerons ce soir ? » Barbara aurait vraiment dû prendre toute la journée de congé, elle le savait, et montrer à la fille qu’elle était la bienvenue. Elle donnait mauvaise impression mais ne pouvait pas faire autrement. De congés pas assez, et trop d’emploi du temps.

« Vous devez être fatiguée, avec le décalage horaire ?» La fille regardait à travers les vitres de la voiture. « Pas trop. » répondit Fernande « Je ne savais pas que ça serait comme ça. Il n’y a pas de gratte-ciel. » Barbara avait décrit sa situation géographique à son amie, mais peut-être qu’elle n’avait pas bien compris.

« Ah oui, ici c’est la cambrousse. Quand vous irez à Boston Vous en verrez, des gratte-ciels. » Elle arrêta la voiture et donna les clés à la fille. « Installez-vous. Je serai de retour ce soir. » La fille regardait la maison et Barbara ne savait pas si elle avait l’air déçue. Peut-être qu’elle s’était attendue à une maison plus luxueuse.

À 10 h, Barbara glissa sa carte dans le compteur de l’entreprise, s’assis à son bureau et alluma l’ordinateur. Première chose : préparer du café pour le patron. Le geste avait pris beaucoup plus d’importance dans son rôle qu’elle ne l’aurait pensé lors de son entretien d’embauche une décennie auparavant, l’employée qui partait lui avait dit « Je le fais par plaisir ! Il est si gentil, il a tant fait pour moi. Je lui apporte du café à 8h00 quand il arrive et un autre un peu plus tard. » Barbara avait hoché la tête avec enthousiasme à chaque détail de la description du poste. Après six mois de chômage elle était soulagée au-delà des mots. Le travail n’était pas idéal, ni le long trajet avec péage, mais elle avait un emploi.

Bientôt, Johnny, le garçon d’entrepôt faisait son entrée en souriant niaisement, balançant les hanches, parodiant un acte de strip-tease, s’approchant de son bureau, puis s’y accoudant comme à un bar. «Puis-je avoir les clés de la camionnette ? » Tous les vendredis depuis dix ans, il répétait le même acte. Tous les vendredis depuis dix ans, Barbara ne savait comment réagir à la farce qui la mettait mal à l’aise. D’un côté, elle appréciait son jeu comique. D’un autre côté, elle ne voulait pas encourager de familiarité indue, ni de fausses idées. Elle se tourna vers le tiroir en réprimant un sourire et lui donna la clé du fourgon.

Le directeur du marketing était en visite ce jour-là et passa l’après-midi à discuter de nouveaux projets. Au milieu de l’après-midi, ils l’appelèrent et, sans la regarder, l’envoyèrent acheter des piles, d’une taille spéciale. Barbara récupéra les clés de la voiture de société et se mit à la recherche de la pile. Après trois tentatives, elle trouva l’objet dans une pharmacie déserte à l’éclairage glauque puis retourna au bureau.

À 16 h 30, elle verrouilla ses armoires et pointa à l’horloge. Elle prit la route de la maison, puis s’arrêta pour prendre Tiffany chez sa gardienne. Elle fit un autre arrêt à l’épicerie pour acheter de la dinde hachée. Elle ferait une boite de Hamburger Helper. Avec des brocolis à la vapeur. Elle avait oublié de demander à Fernande si elle avait des allergies alimentaires.

« Bienvenue en Amérique ! TGIF ! » s’exclama Barbara en ouvrant la porte. La fille sorti de la salle de bain, les cheveux enveloppés dans une serviette, le corps également enroulé dans une serviette. “Voici Tiffany. Je vois que vous avez trouvé les serviettes ! Bravo. Nous dînerons dans 30mn.”

La jeune fille l’interrompit : : “Est-ce que je pourrais me coucher maintenant ? Il est presque minuit en France.” 

Même si elle avait attendu avec impatience la visite, Barbara sentit que Fernande avait raison. Elle se mit à chercher des draps et emmena la fille à sa chambre. « Voici votre palais. Vous y serez tranquille. » Barbara poussa le vélo, le radiateur d’appoint, l’humidificateur, une boîte de livres qu’elle avait l’intention de donner, et deux caisses de vêtements d’hivers. Une fois dégagé, le lit apparu. La fille avait l’air déconcertée mais Barbara essaya de ne pas s’en apercevoir. « C’est confortable, tu verras. Je peux te dire tu ? Je dors ici de temps en temps.»

21h30 – Comme d’habitude, une fois couchée, Barbara prit son livre sur sa table de chevet ; comme d’habitude, épuisée, elle sentit ses yeux se fermer, et comme d’habitude, elle sentit le sommeil l’emmener, loin, très loin.

Samedi 7h00.

Le soleil poignarda Barbara dans l’œil. Samedi… Glorieux week-end ! Elle aurait enfin le temps de nettoyer la litière du chat, de faire la lessive. Elle se rendrait à la meilleure boulangerie pour leurs baguettes françaises et leur pain aux olives. Encore une fois elle n’allait pas pouvoir visiter la salle de sport. Les trois séances hebdomadaires qu’elle avait réussi à coincer dans son emploi du temps ne se matérialisaient pas. Et pourtant elle passait toute la journée sur une chaise, ce qui était une recette de désastre, comme chacun savait. Mais c’était ce que son employeur voulait, et pour ce quoi il la payait. Barbara repoussa la pensée comme un sacrifice mineur et temporaire.

Fernande était assise était à la table en train de tricoter quand Barbara sortit de sa chambre. « Je me suis levée très tôt. Je ne voulais pas te réveiller. »

« C’est le décalage horaire des premiers jours. Qu’est-ce que tu tricotes ? »

Elle plaça un muffin aux myrtilles devant la fille. Fernande avait bien dormi, elle tricotait un bikini avec le portrait de Che Guevara. Elle était prête à s’attaquer à ses cours. Barbara avait un peu espéré que la jeune fille aiderait à s’occuper de Tiffany de temps en temps, mais il s’avérait que les cours d’Anglais étaient quotidiens.

« Eh bien, je te déposerai à l’arrêt de bus le matin et je viendrai te chercher le soir. » Comme elle entamait son muffin, elle commença une liste sur un carnet : « Freedom Trail, Museum of Fine Arts, Faneuil Hall, Duck tours »

« Qu’est-ce que c’est les tours canard? »

« C’est une flottille de véhicules de guerre amphibiens maintenant utilisés pour les visites touristiques. On arrive par la route et on descend dans la rivière Charles. Ça éclabousse un peu. Tu devrais aussi aller voir un ballet au Boston Opera Ballet ou aux Boston Pops. … Tiffany et moi ne passons pas beaucoup de temps à Boston. Tu devrais en profiter. » 

La fille avait pris la liste. « Merci. »

En descendant la poubelle sous l’escalier, Barbara avait calculé qu’elles auraient le temps de déjeuner avant le cours de danse de Tiffany.

14h00 – Pendant la leçon de piano de Tiffany, Barbara et Fernande avaient longé la rue bordée de boutiques, typique de la Nouvelle-Angleterre. Elles s’étaient arrêtées à la librairie locale. Au travail, Barbara rêvait toujours de longues heures de loisirs, de lecture à sa guise. Elle espérait toujours, jamais elle ne pouvait.

Mais l’heure était passée. Il était temps de rentrer.

17h30 – Penchée au-dessus de la table, Barbara déchiffra l’écriture en cursive sur le col du t-shirt qu’elle pliait. « Riez des règles ! Laissez-vous rêver ! » C’était son propre t-shirt et elle n’avait jamais remarqué ces mots sur le col. Elle avait empilé le linge juste sorti du séchoir sur la table de la cuisine pour faciliter le pliage. Un autre t-shirt qu’elle ne connaissait pas disait : « Nous sommes le courage l’une de l’autre ». « Il est chouette, ton t-shirt ! » lança-t-elle par-dessus son épaule Fernande qui regardait l’écran de télé à côté de Tiffany sur le canapé. La fille ne l’entendit pas.

Pour le dîner, elles mangeraient des restes, si elles avaient faim. Barbara pensa aussi qu’elle devrait trouver un compagnon. Quelqu’un de gentil qui l’aiderait. Elle s’imagina comme la statuette qu’elle avait vu dans une boutique Hallmark, une fille à tête de chat buvant un martini, mi-allongée sur un canapé.

« Nous ne sommes pas des fleurs, nous sommes un incendie ! » surgit alors dans sa tête comme un autre slogan potentiel de t-shirt. C’est vrai, elle leur montrerait à tous de quoi elles étaient faites, elle, Tiffany et Fernande, levant le poing. Elles exploseraient comme un baton de dynamite dans Tom et Jerry, et mettraient le feu partout !

Surprise par sa propre conflagration, ayant un peu perdu l’équilibre, Barbara se remis au pliage et emmena le panier à l’étage dans la chambre de Tiffany.

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Rien de très radical ici. Je vous ai bien eu ! Je n’ai pas de théories, sauf que je suis moins pour la division des hommes et des femmes, que la coopération des gens en général.

Note : Fernande. Barbara et Tiffany sont des personnages de fiction, tout comme cette histoire.  

Illustration: Boston Duck Tours

DRAGONS DE FEVRIER

(ma contribution à l’Agenda Ironique de Février, voir ci-bas pour les détails)

Dragons de Février,” disait l’horoscope : ”Vous aimeriez bien vous emparer de l’objet de votre convoitise… » Puff poursuivi sa lecture, accroché par l’amorce. Etendu sur son lit de mousse dans sa grotte, près du feu, il se pencha plus près du magazine. En effet, l’objet de sa convoitise, ces temps-ci, était un objet précis – un fromage au lait de buffle bien méphitique qu’il avait vu (et senti) à l’étalage d’un fromager le jour précédent lors de sa visite en ville. La porte était entrouverte, il avait capté des fumets plus que savoureux.

 « Mais un moins que-rien entend vous en contester la jouissance… » Puff était bluffé. Comment était-il possible qu’un « Monsieur Saturne » autoproclamé puisse si précisément refléter sa situation du moment ? L’astrologie était pour lui le baragouin d’une moulinette à farce. On allait nous faire avaler que les étoiles influençaient les évènements de nos vies ? Que tous les dragons nés en Février, par exemple, montraient des caractéristiques similaires ? En haut de la colonne l’auteur disait : « Le Dragon porte un arc et tire ses flèches. Il sait où il va et se montre combatif ! Sur sa monture, il avance dans la vie, a de l’ambition et défend sa liberté. L’élément feu lui donne toute l’énergie nécessaire afin de relever les défis ! Sociable, le Dragon possède beaucoup d’humour. » 

Pas faux. Mais Il n’était pas astro-sensible, Puff. Plutôt sceptique. Ceci-dit, il se trouvait que l’objet en question était en effet, protégé dans la vitrine par un gros oiseau noir, genre pie ou corbeau. Donc un moins que rien, normalement, pour un dragon.  Il n’avait pas osé s’en approcher. L’oiseau dans la vitrine le regardait comme s’il allait lui crever les yeux.

« Mais, ami Dragon, mercure rétrograde pendant tout le mois (c’est à dire qu’il circule dans la direction opposée à la planète terre) se traduit par un blocage à tous les niveaux, et vous n’avez aucun goût pour la force brute !»

En plein dans le mille ! Puff se remémorait la veille – la queue entre les pattes, au lieu de sortir la grande artillerie, il s’en était retourné piteusement, honteux de sa veulerie. Un simple corbeau empaillé ! D’une certaine manière, ceci expliquait celà.  C’était la faute à mercure. C’était rassurant. Sa bravoure légendaire n’était nullement remise en cause – mais cette réaction simplement causée par l’alignement sournois des étoiles !  

Et de surcroit, ça voulait dire que le mois prochain, les planètes auraient tourné, et avec elles l’obstacle.

« Mercure rétrograde n’a rien de négatif. Contrairement aux croyances, cette période offre surtout l’occasion de réfléchir pour mieux appréhender l’avenir et repartir de bon pied ! »

A la lecture de ces mots de la fin, Puff éprouva un énorme soulagement, et en lâcha deux petits ronds de fumée de plaisir. Souvent, on ne savait plus trop. De joie, il se mit à chantonner en remuant la queue : « Quand on arrive en ville… Tout l’monde change de trottoir…”  sa chanson-thème des bons jours. Il piocha délicatement deux petites crottes de biche dans le petit sac de papier qu’il avait à ses côtés, agita les pieds dans la vase, et reprit sa lecture.

Ce mois-ci, l’Agenda Ironique se passe chez Frog, ici : https://frogsblog7.wordpress.com/2021/02/02/hydres-et-chimeres-agenda-ironique-de-fevrier/

“Un temps pour lancer des pierres…”

Aujourd’hui, une nouvelle (donc fiction) pour l’Agenda Ironique de Novembre (voir détails plus bas).

« Un temps pour lancer des pierres… »

Un peu déroutée d’être sans emploi, à la maison, je fouillais Facebook sur mon portable, en chaussons, mon chat sur les genoux. J’avais d’abord jeté un coup d’œil aux anciens collègues, mais sans grand intérêt. Puis je me suis mise à penser plus loin. Les gens importants de ma vie, qu’étaient-ils devenus? Ceux que j’avais connu, qu’avaient-ils fait de leurs vies ? J’ai vécu la moitié de ma vie en expat, loin de mon pays, et je n’ai pas gardé d’amis d’enfance, ni d’université. Comment c’est arrivé, je n’en sais rien. Il semble que la trajectoire prévue de mon destin ait cafouillé à un moment. J’ai construit ma vie ailleurs.

Certains visages et certains noms revenaient en mémoire – qu’avaient-fait Isabelle, ma copine d’université, ou Hélène que j’avais rencontré en Angleterre… Et puis j’ai poussé encore plus loin. Pourquoi pas Olivia ? Olivia si jolie, du Cm1-Cm2. Je revoyais un joli visage rond et des couettes de cheveux châtain, lisses et brillants. A la sortie de l’école, sur le chemin du retour, elle m’enseignait des mots d’espagnol. Sa mère était espagnole. Olivia m’avait invitée chez elle, j’avais vu la magnifique maison dans le centre-ville, avec une verrière donnant sur un beau jardin vert. Toutes les deux rêvions de danse classique et avions passé l’après-midi à faire des pas de danse dans le jardin d’hiver.

Pendant que je revoyais ces images, le moteur de recherche avait trouvé trois noms, mais je l’avais reconnue. A travers les trois décades qui nous séparaient dans le temps, les traits de la petite fille d’alors apparaissait sur une photo, à peine changés. Comme si les yeux de l’enfance avaient déjà entrevu l’adulte.  Sur fond de posters marketing, elle se tenait debout, entourée d’homme et de femmes en costumes et tailleurs d’affaires. Souriant comme une fleur épanouie. Aucune information sur sa vie de famille, je ne trouvais d’elle que des détails concernant sa carrière, Directrice d’une division d’une grande ville. Un poste important. Ah, je le savais bien, qu’elle irait loin. Cent amis, sur Facebook. Sauf que là, je la rattrapais, j’en avais 111.

Mais ce que je voulais savoir, c’était ce qu’était devenue Anna… Anna… Anna Podoton. La troisième roue du carrosse.

Je vénérais Olivia, éblouie par son père médecin, sa mère si belle à l’accent dansant, sa maison, et sa vie enchantée. J’étais arrivée dans une nouvelle ville, nouvelle école, désorientée, déboussolée, et puis j’avais rencontré Olivia. Nous marchions et bavardions ensemble jusqu’à ce que nos chemins se séparent à ma station de bus. Elle continuait sa route à pied. Tous les jours elle m’apprenait de nouveaux mots, nous échangions de nouveaux pas de danse.

Puis Anna était arrivée. D’une autre école. Comme elle venait de bretagne, elle et moi avions des points communs, des bribes de chansons, des noms de village. Olivia et moi avions accueilli la nouvelle-venue dans nos jeux.

Mais les choses n’étaient plus très claires dans ma mémoire. Si je revoyais le visage rond d’Olivia, je ne retrouvais pas bien celui d’Anna. Je me souvenais que ce visage était plus dur, si l’on peut parler de dureté à l’âge de dix ans, mais peut-être que certains traits existent déjà dans l’enfance. Puis les choses avaient commencé à changer. Peu à peu j’avais vu les deux filles se rapprocher.

Je ne m’étais pas rendue compte comme ces souvenirs étaient restés si clairs et vivides. Mon anniversaire. Olivia et Anna dans le salon de ma maison de banlieue. Tout heureuse, j’étais fière de leur montrer ma dinette et ses petites tasses délicates. J’avais demandé à maman d’acheter une brioche pour l’occasion. La grande porte-fenêtre était ouverte sur des arbres printaniers. Puis l’image d’Anna écrasant sa brioche dans la tasse de thé, salissant la table d’un air dégouté, gâchant tout. J’avais réalisé avec horreur que l’amitié que j’avais cru trouver en elle n’était que mépris. Oh, je n’avais pas tout de suite compris.

Au cours des jours qui suivirent, j’avais continué à sortir de l’école avec Olivia, et nos jeux en trio avaient continué dans la cour de récréation. Comment peut-on accepter ou anticiper la perte de l’innocence ? Je n’avais pas vu les choses venir. Je n’avais que dix ans.

Mais qu’étais devenue Anna ? Mes recherches sur FaceBook n’aboutissaient pas. J’avais déroulé la liste des amis d’Olivia mais n’avais vu de familier que le nom d’une autre petite fille de l’école avec qui j’avais aussi été amie, mais certainement pas avec la même ferveur. Je me rappelais certains détails – l’appartement du centre-ville où Sabine vivait, sombre et humide, les toilettes qui sentaient la pisse, et surtout, l’image de sa mère. Certaines femmes de ces années-là, tout juste autorisées à porter le pantalon, s’étaient mises à une mode de porter ces pantalons si serrés à l’entrejambe qu’ils faisaient voir toutes sortes de plis, mais devaient aussi être si inconfortables que celles qui les portaient semblaient avoir le même sourire pincé en forme de grimace. Je me rappelais d’elle au fourneau, nous faisant crêpes au citron. Mais je ne m’étais pas attardée sur le profil de Sabine, qui souriait sur sa photo, entourée d’enfants et d’un homme au regard satisfait.

Je voulais savoir ce qui était arrivé à Anna. Son nom n’apparaissait nulle-part.

Un soir, comme nous étions sorties des murs de l’école, elles avaient commencé à se séparer de moi et à accélérer le pas. J’avais essayé de les rattraper quand j’avais vu Anna se baisser comme pour ramasser quelque chose. Puis juste après, elle s’était retournée et m’avait lancé une pierre. J’avais vite compris qu’une sorte de guerre avait commencé. Anna et Olivia s’était maintenant mises à me lancer des pierres. Olivia, si douce, si gentille. J’étais restée en arrière.

Mon laptop sur les genoux, je revivais le moment. La tristesse et la surprise, l’incompréhension. Si je n’avais jamais su la raison du geste des deux filles, j’avais compris que j’avais perdu à jamais l’amitié d’Olivia. Et que le monde était cruel. Et que les amitiés étaient faibles et que la trahison était aussi banale que les Chocos BN dans les cours de récré.

Un popup sur l’écran n’arrêtait pas d’interrompre ma recherche et de bloquer ma vue: « Bretzel liquide ! » Accueillant presque la distraction de mes sombres souvenirs, je jetai un coup d’œil sur le produit qu’on essayait de me vendre. « A base de notre blé le plus blond et de fraiche levure, notre bière brassée soigneusement en petite quantités dans notre belle Alsace n’est autre qu’un délicieux Bretzel liquide ! Venez le déguster ! » Je ne bois pas de bière, mais je concevais pendant quelques secondes le concept de pain liquide. Un souvenir de Bretzel acheté au comptoir d’une camionnette à la gare de Bruxelles revint à ma mémoire et à mes papilles, sa texture moelleuse sous la peau lisse et brune, le craquant du gros sel.

Après l’épisode, j’avais erré seule, désolée, dans la cour à l’heure de la récré. Plus tard j’avais tenté une amitié avec Sabine, mais sans succès. Puis le temps avait passé. Par la suite, je n’avais jamais eu beaucoup d’amies.

J’allais laisser-là ma recherche, futile somme toute. Peut-être Anna était-elle devenue chirurgienne, sous le nom de son mari, fouillant dans les corps avec un scalpel, ou même dans les cerveaux. Peut-être avait-elle disparu à l’autre bout du monde fuyant la police. Comment pouvait-on disparaitre à l’heure des réseaux sociaux ?

C’est alors qu’apparut un nouveau résultat. Avis de décès : Anna Podoton, archéologue. Selon toute apparences, il semble que l’archéologue, qui faisait des fouilles dans une carrière de Loire Atlantique, ait été victime d’une avalanche de pierres accidentelle. Assommée par les premières pierres, elle n’aurait pas survécu à l’averse qui aurait suivi. Son corps a été retrouvé enseveli sous un amas de pierres.

L’annonce datait de quelques années auparavant. Anna n’avait laissé derrière elle qu’un chien.

FIN

« Ceci est une œuvre de fiction. Toute ressemblance avec des personnages ayant réellement existé serait purement fortuite»

*************

Ce texte est ma contribution à l’AGENDA IRONIQUE de Novembre, qui se tient ici :

Il fallait, comme contrainte, faire un (ou plusieurs) anapodotons, ainsi que d’employer l’expression « Bretzel liquide ». Et puis bien sur s’inspirer du thème « Un temps pour chaque chose », comme il est dit dans l’Ecclésiaste III.


And now for my anglophone readers:

A Time to Throw Stones…

Unused to be unemployed, homebound, I was browsing Facebook on my laptop, in slippers, with my cat in my lap. I had looked up some colleagues first, but without much interest. Then I started to think further down le line. The important people in my life, what had become of them? Those I had known, what had they done with their lives? I have lived half my life as an expat, far from my country, and I have not kept any childhood or college friends. How this happened, I do not know. It seems that the intended course of my fate had screwed up at one point. I had made my life elsewhere.

Faces and names came to mind – what about Isabelle, my college friend, or Helene, who I had met in England… And then I pushed it even further. How about Olivia? Olivia so pretty, from Elementary school. I saw a pretty round face and chestnut brown pig tails, smooth and shiny. When we left school on our way home, she taught me Spanish words. His mother was from Spain. Olivia had invited me to her home. I had seen the beautiful house in the city center, with a glass veranda overlooking a beautiful green garden. We both loved ballet and spent the afternoon dancing in the winter garden.

While I was reviewing these images, the search engine churned out three names, but I recognized her. Throughout the three decades that separated us in time, the features of the little girl appeared in a photo, hardly changed. As if the eyes of childhood had already caught a glimpse of the adult. She stood, against a backdrop of marketing posters, flanked by men and women in business suits. Smiling like a blooming flower. No information about her family life, I could only find details of her career, Director of some division in a big city. An important position. Ah, I knew she would go far. She had a hundred friends, on Facebook. I caught up with her on that field, I had 111.

But what I wanted to know was what happened to Anna… Anna… Anna Podoton. The third wheel of the coach.

I worshiped Olivia, dazzled by her doctor father, her beautiful mother with the singing accent, her house, and her enchanted life. I had arrived in a new city, new school, confused, lost, and then I had met Olivia. We walked and chatted together until our paths parted at my bus station. She continued her journey on foot. Every day she taught me new words, we exchanged new dance steps.

Then Anna had arrived. From another school. As she came from Brittany, she and I had things in common, bits of songs, village names. Olivia and I had welcomed the newcomer in our games.

But things started to cloud up in my memory. If I saw clearly Olivia’s round face, I couldn’t quite see Anna’s. I remembered her face was harder, if you can speak of hardness at the age of ten, but maybe some features already exist in childhood. Then things started to change. Gradually I saw the two girls getting closer.

I hadn’t realized how vivid my memories were. My birthday. Olivia and Anna in the living room of my suburban house. Giddy with joy, I was proud to show them my dinette and its delicate tea cups. I had asked my mom to buy a brioche for the occasion. The large French window was open to spring trees. Then the image of Anna crushing her brioche in the teacup, smearing the table with disgust, ruining everything. I had realized with horror that the friendship I thought I had found was nothing but contempt. Oh, I didn’t get it right away.

Over the next few days, I had continued to walk out of school with Olivia, and the trio games continued on the playground. How can we accept or anticipate the loss of innocence? I hadn’t seen it coming. I was only ten years old.

What had become of Anna? My FaceBook research was unsuccessful. I had scrolled down Olivia’s list of friends but had only seen the name of another little girl with whom I had been friends, but certainly not with the same fervor. I remembered certain details – the downtown apartment where Sabine lived, dark and damp, the toilets smelling of piss, and most importantly, the image of her mother. Some women in those years, barely allowed to wear pants, had started to wear them so tight in the crotch that they showed all kinds of creases, but those pants also had to be so uncomfortable that their wearer had the same wince-like smile. I remembered her at the stove making us lemon pancakes. But I did not dwell on Sabine’s profile. She was smiling in the picture, surrounded by children and a man with a satisfied look.

I wanted to know what had happened to Anna. Her name did not come up.

One evening, as we had come out of the school walls, they had started to separate from me and walk faster. I had tried to catch up with them when I saw Anna bend down to pick up something. Then right after, she turned and threw a stone at me. I quickly realized that some kind of war had started. Anna and Olivia were now throwing stones at me. Olivia, so sweet, so kind. I had stayed behind.

My laptop on my knees, I relived the moment. Sadness and surprise, incomprehension. If I had never known the reason for the two girls’ actions, I understood that I had lost Olivia’s friendship forever. And that the world was cruel. And that friendships were weak and betrayal was as common as mid-afternoon snacks on the playgrounds.

A popup on the screen kept interrupting my search and blocking my view: “Liquid pretzel!” Almost welcoming the distraction from my dark memories, I clicked on the product they were trying to sell me. “Made of our lightest wheat and fresh yeast, our beer carefully brewed in small quantities in beautiful Alsace is practically a delicious liquid pretzel! Come and taste it!”  I don’t drink beer, but I was considering the concept of liquid bread for a few seconds. The memory of a pretzel bought from a van at the Brussels train station came back to my memory and taste buds, its soft texture under the smooth brown surface, the crunch of coarse salt.

I was going to stop my futile research there. Perhaps Anna had become a surgeon, wearing her husband’s name, rummaging through bodies with a scalpel, or even into brains. Perhaps she had disappeared halfway around the world fleeing the police. How could we disappear in this age of social media?

It was then that a new result appeared. Obituary: Anna Podoton, archaeologist. In all appearances, it seems that the archaeologist, who was excavating a quarry in Loire Atlantique, was the victim of an accidental avalanche of stones. Stunned by the first stones, she would not have survived the downpour that followed. His body was found buried under a pile of stones.

The announcement was made a few years ago. Anna had left a dog behind.

THE END

 “This is a work of fiction. Any similarity to actual persons, living or dead, or actual events, is purely coincidental.”

AGENDA IRONIQUE d’OCTOBRE

AGENDA IRONIQUE D’OCTOBRE 2020

LES RESULTATS?

Comme d’habitude, je n’irai pas par quatre chemins. Selon les votes, la gloire du mois revient indubitablement à :  Laurence Délis.

Et le prochain hôte est désigné comme étant : en ex-aequo Verojardine, Laurence Délis, Tout l’opéra ou presque, et Carnets Paresseux. Comment faire ? Je vous laisse décider 

* * *

t sans transition, nous passons à Octobre. Le temps passe vite.
Je viens de retrouver dans un tiroir de mon bureau un petit jeu de carte mexicain. Comment ces cartes ont-elles atterri là ? je ne sais pas. Ce qu’elles veulent dire? Je ne sais pas non plus. Alors j’en ai tiré quatre, et je vous propose ce qui suit:

Ecrivez une histoire (ou poème ou autre) dans laquelle votre personnage se dirige en huit différentes étapes, vers la source d’une forte odeur. Cette histoire devra intégrer les quatre éléments suivants :

Règles du jeu pour les nouveaux qui souhaiteraient participer : postez votre œuvre sur votre propre blog, puis copiez-collez le lien en commentaire de cette page-ci, en bas. La date limite est le 26 Octobre 2020, et le vote pour le texte préferé suivra. On votera aussi, séparément, pour le prochain gentil-organizateur.

P.S. : L’Agenda Ironique, comme son nom l’indique, a quelque chose à voir avec le temps qui passe, le calendrier, et puis une touche d’ironie si possible.

Illustrations: GALLO de Don Clemente PASATIEMPOS GALLO, S.A.


Oyez oyez, Bonnes gens !!

C’est l’heure de la recap finale de l’Agenda autumnal :

Emmanuel Glais nous propose :
https://emmanuelglais.blogspot.com/2020/10/matutinal-et-bien-habille.html

moi-mëme, pour vous servir :
https://victorhugotte.com/2020/10/07/maitre-renard-et-le-corbeau/

un épisode du feuilleton du fameux Onésime! de Gibulène :
https://laglobule2.wordpress.com/2020/10/07/onesime-et-le-mexique-agenda-ironique-doctobre-2020/

Tout l’opera ou presque nous emmène en tournée interactive musicale et mondiale à découvrir ici : https://toutloperaoupresque655890715.com/2020/10/20/un-voyage-en-huit-etapes/

Verojardine nous fait planer et bourdonner ici :  
https://poesie-de-nature.com/2020/10/25/pourtant-ca-sent-bon/

La plume fragile nous fait carrément un cours magistral en dégottant les origines du malin : https://professorramos.blog/2019/07/24/el-catrin-the-man-in-many-forms/

Laurence Délis nous propose une très belle renaissance :
https://palettedexpressions.wordpress.com/2020/10/26/comme-une-renaissance/

et pour clore le tout 

Carnets Paresseux nous évoque l’odeur de la pluie au Mexique : https://carnetsparesseux.wordpress.com/2020/10/26/lodeur-de-la-pluie-au-mexique/

MAITRE RENARD ET LE CORBEAU

Ci-dessous ma production pour l’Agenda Ironique d’Octobre (voir note précédente), un sombre conte inspiré par ma propre donnée innocente. Pardonnez-moi d’avance.

1 – M. Elias Catrin, perché sur le toit de sa maison, tenait dans sa main un sandwich. La journée était belle : ciel bleu limpide, jolis nuages floconneux. Halloween approchait et comme tous les ans, M. Catrin avait sorti l’échelle et la boite de décorations saisonnières qui passait au garage le reste de l’année : la sorcière et son balais, le chat noir, le potiron. Tous les ans il décorait ainsi le toit de la maison familiale pour épater les voisins et amuser les enfants. Pour ajouter l’agréable à l’utile en cette scintillante journée d’été Indien, il s’était fait un sandwich au Munster et s’apprêtait à reprendre des forces, adossé à la cheminée, avant de se remettre au travail.

2 – Maître Renard, avocat de son métier, se baladait nonchalamment dans les parages, un parapluie sous le bras, mais pas complétement par hasard comme nous allons le voir. Son odorat fut interpellé par un relent familier qu’il plaça au bout d’un moment comme la senteur d’un fromage bien fait. Amateur de fromages forts, il huma avec plaisir et leva le nez, pour apercevoir la silhouette assise d’un bel homme en queue de pie, portant lorgnon et moustache.

3 – « Salut voisin ! » lança-t-il « Belle journée n’est-ce pas ?» feignant de ne pas le connaitre. Il avait reconnu en effet le personage soupçonné, mais sans certitude, par un cercle restreint d’être le maître-chanteur du village. Depuis le temps qu’il essayait de provoquer une rencontre accidentelle, l’heure de l’occase à ne pas louper était arrivée. Avec un peu de ruse, il allait lui faire lâcher quelque morceau concernant le cas de sa cliente Mme L. Et avec encore plus de chance, le sandwich dont les effluves l’affolaient.

4 – On se connait ? répondit Mr. Catrin en réhaussant son lorgnon.
– « Il me semble que nous nous sommes rencontré … peut-être… chez Mme. L. ? »
– « Mme L. ? connais pas. »  
Le nom n’ayant pas même fait ciller Catrin, il fallait passer à une autre méthode.

5 – Essayant l’intimidation, il s’approcha de l’échelle. « Savez-vous qui je suis ? Je pourrais vous causer quelques ennuis, si vous voyez ce que je veux dire … » Mais Elias Catrin, la bouche pleine, continuait de måcher sa baguette sans montrer d’émotion. Rien ne tombait dans la direction de Maitre Renard que quelques feuilles rouges et or qui flottaient lentement vers le sol.

6 – Personne aux alentours – Renard vérifia en regardant autour de lui – et continua d’une voix doucereuse : « Allez, j’ai une proposition, on pourrait partager… je connais bien Madame L. ainsi que le montant exact de sa fortune, vu que j’ai moi-même rédigé son testament.» Il conclut ces mots d’un clin d’œil complice. Mais le bluff ne pris pas. Le Corbeau faisait la sourde oreille. La vue du sandwich et ses émanations serraient l’estomac de Renard et la salive lui montait à la bouche, ainsi que la moutarde au nez. Il fallait en finir.

7 – « Ahem… j’ai vu une de vos lettres anonymes, un trésor de créativité, cursives et capitales si joliment découpées dans les journaux, d’un goût exquis. Esthétique admirable ! » Le corbeau en queue de pie ne se senti pas de joie, et brandissant au ciel le sandwich, il ouvrit la bouche : « Vous trouvez aussi ? de laquelle parlez-vous exactement ? Celle où Mme L….  » Dans son animation et par inadvertance, il catapulta son casse-croûte en l’air. La demi-baguette pleine du crémeux Munster tomba au pieds de Renard.

8 – L’avocat s’en empara et failli défaillir, tant le fromage sentait encore plus fort de près. Mais en se retournant il lança : « J’ai maintenant ma réponse ! Apprenez que tout flatteur vit aux dépens de celui qui l’écoute ! » Le corbeau jura, honteux et confus, qu’il se ferait la prochaine fois un sandwiche à la Mozzarella.
Sans tambour ni trompette, Renard s’en retourna, savourant sa victoire.

DANSER SUR LA PLAGE EN TEMPS DE PANDEMIE : Méditation guidée

DANSER SUR LA PLAGE EN TEMPS DE PANDEMIE

(Méditation enregistrée…)
… Vous prenez une inspiration profonde …
vous expirez profondément… pffffffff
Vous vous sentez détendue… très détendue…

Maintenant, imaginez-vous à la plage … laissez aller le stress…
Pas de panneau pour un parking à 20 dollars de l’heure
Ou un autre “Uniquement pour les résidents, en raison de COVID19”
Il ne fait pas 40 degrés, donc pas besoin de parasol…
Vous ne risquez ni insolation… ni déshydratation… ni coup de soleil…
Cette plage n’est pas peuplée de pêcheurs avec leurs fines cannes à pêche,
Et leurs lignes de nylon invisibles dans lesquelles vous pourriez vous emmêler
Aucun moustique…

Vous êtes seule…

Sur votre peau, une légère senteur de Monoï
Le sable, la mer et le ciel se fondent en couches d’or
Comme dans un tableau de Vettriano
De fait vous êtes cette femme en robe blanche
Oh, et puis, vous laissez tomber la robe !
Dessous vous portez un bikini de déesse!
Assorti à votre corps de déesse comme sculpté dans l’argile,
Vous êtes légère, vous dansez, vous faites la roue,
vous riez, vous courez,
Dans le sable doré, vers l’horizon doré…
Vers le feu du soir
(Vous courez assez loin parce que c’est marée basse)

Vos doigts de pieds touchent l’eau tiède
Vous éclaboussez partout comme un chien fou !
Vous avancez plus avant dans l’eau tiède mais fraîche
et maintenant vous brassez cet or liquide
où vos bras font des paillettes
Rien ne peut vous arrêter!
Vous nagez dans le bonheur!

Vous nagez longtemps!

Maintenant, vous regagnez le rivage, vous ramassez votre robe
Et marchez légèrement vers l’Hôtel des Flots bleus
Perché en haut des dunes

Maintenant, je compte 1..2..3… (claquement de doigts)…
vous vous réveillez
Faites bouger votre doigt, vos orteils… Réintégrez votre corps…
Souvenez-vous en ouvrant les yeux
Que c’est toujours la pandémie, que vous êtes enfermée chez vous
Et que vous n’avez pas besoin de porter votre masque !
Et rappelez-vous que vous pouvez revenir à cette plage
Quand vous le voulez…
Plus tard, à chaque fois que vous sentirez le Monoï,
Vous vous sentirez
Comme vous vous sentez maintenant.

***

Voici ma participation à l’Agenda Ironique d’Août organisé ce mois-ci par Max-Louis Iotop
https://ledessousdesmots.wordpress.com/2020/08/01/agenda-ironique-daout-de-lan-2020/

Il fallait parler de « plage » et placer les mots suivant : flot, argile, perche et Monoi

Photo by Travis Rupert from Pexels

SONDAGE DE JANVIER!! – NEW IMPROVED!!

Décalage horaire oblige, je vais devoir dévoiler les résultats de suite : une flopée d’excellent ex-aequo !
Je suis d’accord.

Et Iotop a déjà d’accepté ses fonctions et proposé l’AGENDA DE FEVRIER !

Je vous le passe.

Merci pour un Agenda de Janvier brillant et chaleureux.

 

+  +  +

VOTEZ – VOTEZ – VOTEZ – VOTEZ – VOTEZ – VOTEZ – VOTEZ – VOTEZ – VOTEZ –

Ce chapitre se clôt. Je remballe le turban, les cartes, et mon enseigne de cartomancienne.

Ceci-dit, j’ai tout lu, tout vu, tout cru. J’ai aimé vos poèmes et textes. J’ai vu des arcanes de toutes les couleurs et de toutes les formes. Et j’ai appris des choses, comme la façon de créer des sondages comme celui-ci! Quand je vous disais que l’année commençait bien ! A votre tour de jouer.

C’est l’heure de lire, et de voter parmi les participations qui suivent en ordre alphabétique:

(Et puis ensuite, c’est pas fini!!! Il faut voter pour kiki va faire Fevrier!)
Carnets Paresseux : https://carnetsparesseux.wordpress.com/2018/01/20/11922/

Cléa Cassia : Les dix étoiles du si j’étais toi – M.é.a.n.d.r.e.s.

Ecri’Turbulente: https://ecriturbulente.com/2018/01/14/message-interstellaire-pour-lagenda-ironique/

Frog, sur Frogsblog7 : https://frogsblog7.wordpress.com/2018/01/16/si-jetais-toi/

Glomerule Nephron sur Prose Pipe et Poésie : https://prose-pipe-et-poesie.blog/2018/01/15/tour-du-monde-et-agenda-ironique-de-janvier-2018/

Iotop, sur Le dessous des mots : https://ledessousdesmots.wordpress.com/2018/01/05/si-jetais-toi/

Jacou33 http://jacou33.wordpress.com/2018/01/23/agenda-ironique-janvier-2018/ ;  https://jacou33.wordpress.com/2018/01/23/agenda-ironique-janvier-2018/

Jobougon: https://jobougon.wordpress.com/2018/01/18/en-forme-de-deliberation/

L’Atelier sous les feuilles: https://lateliersouslesfeuilles.wordpress.com/2018/01/08/la-bonne-etoile/

La Licorne, sur Filigrane : https://filigrane1234.blogspot.fr/2018/01/une-etoile-la-haut.html

Laurence Délis, sur Palette d’expressions: https://palettedexpressions.wordpress.com/2018/01/06/comme-des-poussieres-qui-nourrissent-lame/

Les narines des crayons : https://lesnarinesdescrayons.wordpress.com/2018/01/18/si-jetais-toi/

Manuraanana : https://manuraanana.wordpress.com/2018/01/14/agenda-ironique-2018/

Patchcath : https://patchcath.wordpress.com/2018/01/21/si-jetais-toi/

Plimpszeste: https://palimpzeste.wordpress.com/2018/01/06/larcane-xvii-letoile/

Valentyne, sur La Jument Verte : https://lajumentverte.wordpress.com/2018/01/14/si-jetais-toi/

VictorHugotte sur Grain de Sable: https://wordpress.com/post/victorhugotte.com/1594

Maitenant: l faut cliquer sur un des petits ronds sur la gauche de la ligne choisie, et ensuite cliquer sur la touche Vote en bas, pour valider. Et idem sur le second tableau.

Décalage horaire oblige, je vais devoir dévoiler les résultats de suite : une flopée d’excellent ex-aequo !
Je suis d’accord.

Et Iotop a déjà d’accepté ses fonctions et proposé l’AGENDA DE FEVRIER !

Je vous le passe.

Merci pour un Agenda de Janvier brillant et chaleureux.
VOTEZ – VOTEZ – VOTEZ – VOTEZ – VOTEZ – VOTEZ – VOTEZ – VOTEZ – VOTEZ –

Agenda Ironique de Janvier- Recap

 

310x190_etoiles-filantes

Mes amis, je vois des étoiles, des étoiles, des étoiles!
Voici venue l’heure de récapituler les contributions qui constellent ces jours-ci la toile astrale de nos blogs. Les autres ont, je le rappelle, jusqu’au 24 Janvier pour participer – donc j’attends patiemment. Il s’agit d’écrire un poème commençant par “Si j’étais toi” et compilant les dix bons conseils donnés par l’Étoile:

 

L'Etoile

Vous verrez que certains d’entre vous ont utilisé l’Arcane de l’Etoile par différents illustrateurs. Un vrai régal ! :

Valentyne, sur La Jument Verte : https://lajumentverte.wordpress.com/2018/01/14/si-jetais-toi/

Iotop, sur Le dessous des mots : https://ledessousdesmots.wordpress.com/2018/01/05/si-jetais-toi/

Plimpszeste: https://palimpzeste.wordpress.com/2018/01/06/larcane-xvii-letoile/

Laurence Délis, sur Palette d’expressions: https://palettedexpressions.wordpress.com/2018/01/06/comme-des-poussieres-qui-nourrissent-lame/

L’Atelier sous les feuilles: https://lateliersouslesfeuilles.wordpress.com/2018/01/08/la-bonne-etoile/

Cléa Cassia : Les dix étoiles du si j’étais toi – M.é.a.n.d.r.e.s.

Ecri’Turbulente: https://ecriturbulente.com/2018/01/14/message-interstellaire-pour-lagenda-ironique/

La Licorne, sur Filigrane : https://filigrane1234.blogspot.fr/2018/01/une-etoile-la-haut.html

Manuraanana : https://manuraanana.wordpress.com/2018/01/14/agenda-ironique-2018/

 

Si j’en oublie, dites-le moi!

Merci de nous faire lire !

SI J’ETAIS TOI

L'Etoile

Si j’étais toi, un soir au clair de lune
J’irais à la rivière – j’apporterais deux cruches :
Une de liquide jaune, une de liquide bleu
Et je dénouerais mes cheveux

Je m’agenouillerais sur une planche rouge
Et avec le liquide jaune, baptiserais mon pied droit
J’essaierais tant bien que mal avec l’autre cruche
De protéger ma modestie
Mais il n’y aurait que les étoiles
Pas de loup ni d’agneau en vue
Juste un corbeau malingre sans renard ni fromage.

Alors je resterais là un moment
Le genou presque dans l’eau douce
Et je penserais que je suis bien petite
Là, sous les étoiles
Mais je prendrais quand même toute la place sur l’image
Et là je comprendrais que tout est à sa place

Alors je prendrais la cruche de liquide bleu
Que je verserais sur mon corps
En signe de conclusion
et ainsi de bleu vêtue
Je deviendrais invisible dans l’aube bleue
Et peut-être imbue d’autres pouvoirs singuliers
Que je ne connaitrais pas encore

Et avec mes cruches vides
Je rentrerais à la maison.

 

Superwoman_(Earth_11)_001*

Et voila ma contribution à l’Agenda Ironique de Janvier.

AGENDA IRONIQUE 2018

UNE PLUIE D’ETOILES, ET DE CONSEILS
Bonne année à tous !
L’AGENDA IRONIQUE de Janvier 2018 a voyagé jusqu’à chez moi (c’est-à-dire très loin) cette année. Pour l’occasion, et pour fêter ça, j’ai sorti mon turban, ma boule de cristal et mon vieux paquet de cartes.
Et voilà ce que j’ai pêché pour vous : l’Arcane XVII : l’Etoile.

L'Etoile
Vous n’y connaissez rien en Tarot ? Moi non-plus. Alors bonne occasion d’imaginer ce que veut bien vous dire cette jeune femme blonde au brushing assez réussi, agenouillée sous une pluie d’étoiles multicolores et peut-être filantes.
Elle vous donne dix conseils pour la nouvelle année. Vos dix bonnes résolutions en quelque sorte.
Peut-être de boire plus d’eau ? (la main droite) ou de vin rouge ? (la main gauche).
A vous de nous dire tout ça sous forme de poème à forme fixe ou non.
Il devra commencer par : Si j’étais toi…

Comme d’hab, les textes devront être publiés sur vos blogs respectifs, en indiquant qu’ils participent à l’Agenda Ironique du mois de Janvier, et leurs liens envoyés en commentaire du présent article.
Vous avez jusqu’à 24 pour envoyer les textes.
Votes du 25 au 30.

Proclamation des résultats le 31 Janvier.
Je vois… je vois… une année qui commence en beauté et en joie, ma boule de cristal ne ment pas !