Poème #1 : LA DOUCEUR ANGEVINE

Je ne vous avais pas dit dans quel ordre j’allais aller. Alors aujourd’hui la surprise, c’est que c’est le #1 ! Ordre d’importance ? alphabétique ? chronologique ? Rien de cela. Juste l’ordre abstrait et arbitraire de mes pensées.
Je pense souvent à la douceur de l’air en France, pays tempéré, surtout après les durs mois d’hiver en Nouvelle Angleterre.
Je repense aussi quelquefois au saut en parachute que j’ai fait en tandem un soir d’été.

LA DOUCEUR ANGEVINE

L’herbe est plus verte de l’autre côté,
L’air y est plus doux

Qu’est-ce que la douceur Angevine ?
C’est quand les anges descendent
Comme en parachute
A travers la chantilly tiède
De l’air du soir tombant
A travers les couchers de soleil
Avec les champs en carrés dorés
En bas autour d’Angers
Et qu’ils vous touchent en passant
De leurs ailes marshmallow
Et vous croyez que c’est la brise
Mais ces caresses tempérées
Ce sont leurs voiles de coton qui flottent.

Oh j’ai voulu m’évader
Briser le moule de ce cocon
Tenter ma chance et respirer
L’herbe est toujours plus verte de l’autre côté.

Et j’ai trouvé les extrêmes,
Emmitouflée, la peau brulée
Cabin-fever et air conditionné
Ah je les avais bien cherchés
Et maintenant je vois clairement :
L’air est plus doux
L’herbe est plus verte de l’autre côté.

(voir Joachim du Bellay, Heureux qui, comme Ulysse, a fait un beau voyage (tiré des Regrets – 1558)

Liste #21 – LISTE POETICO-ANTHROPOLOGIQUE D’ODEURS ET PARFUMS

Comme Colette nous parlait des lilas en bouton, mon esprit a continué sur cette lancée. Et mon esprit, comme le vôtre peut-être, aime catégoriser, trier, analyser, triturer. Je partage avec vous ces listes non-exhaustives. Parce que oui, certaines odeurs sont typiquement françaises, d’autres typiquement américaines, et d’autres m’ont surprises parce qu’elles étaient pratiquement identiques.

ODEURS TYPIQUEMENT FRANÇAISES :
Odeurs de cigarette dans la rue, les restaurants, les cafés
Odeurs des rôtisseries dans les rues le matin
Odeurs de boulangeries, le pain frais,
La Brioche Dorée et les relents de viennoiseries chaudes soufflés dans la rue
Les odeurs des pharmacies : camphre, menthol ?
Les bibliothèques, le plastique utilisé pour couvrir les livres, les pages usées comme savonnées
L’odeur des librairies-papeteries qui vendent des journaux, des livres et des fournitures scolaires : odeur d’encre
Les cafés, les odeurs de café et vapeurs d’alcool
Les gens qui passent et portent du parfum
Odeur des gens qui ne mettent pas de déodorant
Odeurs de supermarchés, les différents rayons
Odeurs de marchés en plein air : les melons, les fraises, les fromages, la paella

* * *

ODEURS ETONNAMMENT SIMILAIRES SUR LES DEUX CONTINENTS :
Odeurs de la mer, l’embrun les jours de gros temps, la vase à marée basse,
Les odeurs d’iode et de goémon
Le cirage, le chocolat, le poisson, l’eau de javel
Le muguet, les jacinthes, les lilas en bouton ou en fleur, les roses
Le miel
Les douces odeurs d’évaporation des lacs les jours de chaleur
Odeur chez les marchands de pneus de voiture
Odeur des aiguilles de pin chauffées par le soleil
Odeur de chez un cordonnier (si on en trouve encore un)

* * *

ODEURS TYPIQUEMENT AMERICAINES :
Quand on entre dans un Wal-mart
Le parfum de chez Abercrombie & Fitch (prenez un masque à gaz et une torche à l’entrée)
Odeur puissante du café dans un Starbucks
Skin-So-Soft anti-moustique
La cannelle
Les nourritures frites : poisson, poulet, fruits de mer, et « fried dough .»

Pharmacie

Voyage #29 – A BORD DU TGV

TGV

Ah, c’est bien trop sombre, tout ce que j’écris, récemment. Il est temps de s’aérer un peu, de regarder les choses autrement. Un petit voyage en train nous ferait du bien.

Je voudrais parler des voyages en train en France.
Il ne s’agit pas de la destination.
Il y a un passage dans une œuvre de Colette, La vagabonde, où elle décrit un voyage en train, et elle voit finalement des mimosas par la fenêtre.
Ah, les mimosas !

Mimosa

 

Mais je me suis complètement trompée! elle parlait de lilas en bouton, ce parfum amer du lilas avant la fleur, qui mêle la térébenthine et l’amande

 

LILAS-EN-BOUTONS-2

Oh, allez, un petit coup de Colette :
La tête me tourne un peu, depuis Avignon. Les pays de brume ont fondu là-bas, derrière les rideaux de cyprès que le mistral penche. Le soyeux bruissement des longs roseaux est entré, ce jour-là, par la glace baissée du wagon, en même temps qu’une odeur de miel, de sapin, de bourgeon vernis, de lilas en bouton, ce parfum amer du lilas avant la fleur, qui mêle la térébenthine et l’amande. L’ombre des cerisiers est violette sur la terre rougeâtre, qui déjà se fendille de soif. Sur les routes blanches que le train coupe ou longe, une poussière crayeuse roule en tourbillons bas et poudre les buissons…Le murmure d’une fièvre agréable bourdonne sans cesse à mes oreilles, comme celui d’un essaim lointain…

Mais nous, nous sommes dans un TGV où nous venons juste de poser nos bagages. Très important, de poser ses bagages, littéralement et figurativement, le temps du trajet.
Dans le train on est en transition, un no-man’s land. Les pensées peuvent courir et on n’a rien à faire de spécial.

Il y en a des trains, aux Etats Unis, alors qu’est-ce qui me manque ? Il faut savoir que ce n’est pas du tout la même chose. Les trains Américains n’ont jamais fait l’objet d’innovation, parce que la société est surtout et toujours basée sur les transports en voiture individuelle. C’est assez rare de prendre le train, aux USA.

Donc je pense parfois aux cabines bien feutrées des TGV, aux banquettes habillées de textiles précieux de créateurs. Je vois de l’orange, du gris. Des cabines boudoirs.

Et la suffocation qu’on connait quand on entre par mégarde dans une cabine fumeur, puanteur épaisse des rejets de poumons malades infiltrant les textiles teintés de couleurs maintenant deux fois plus sombres.

Mais sortons vite de ce compartiment nauséabond, où les pauvres français croyaient profiter d’un privilège.

Donc nous sommes confortablement installés sur une banquette anatomiquement étudiée, devant une tablette dépliante.
Ou bien dans le couloir, accoudé au rebord de la fenêtre.

On se laisse bercer par le rythme rapide de la voiture sur les rails, qui oscille plus ou moins. Et de temps à autre, on sursaute à la collision sonore avec un autre train, qui semble passer en coup de vent, justement, avec un bref coup de corne accompagnateur. Un petit choc assourdi qui nous bloque les oreilles momentanément.
Puis retour au paysage qui passe à vitesse rapide pour qu’on n’aie pas trop le temps de s’ennuyer.

Sinon, on peut toujours tanguer de wagon en wagon vers le wagon restaurant. On décoince porte après porte dans une explosion feutrée puis on atteint l’Eldorado. On achète des trucs qu’on n’achèterait pas normalement et on les ramène en essayant de ne rien renverser ni de se blottir par accident dans les bras d’un autre passager se tenant innocemment dans le couloir.

On peut passer beaucoup de temps, dans le train, si on va du nord au sud, ou de Paris à la Bretagne, trajet qui m’est plus familier.
Voilà ce dont j’ai envie : être bercée dans ce no-man’s land entre deux destinations, deux épisodes de ma vie, débarrassée des bagages, libérée des demandes. Avec des vacances au bout, peut-être. Des vacances comme dans La Collectioneuse, d’Eric Rohmer, que je viens de voir. Ahhh !
Je sais que j’avais dit que je ne parlais pas de la destination, mais comme nous en approchons…

Poème #27: RAP DE LA DLF*

 

Ceux qui font des commentaires
Sur YouTube
Moi je leur mettrais 0/20
En orthographe
Et en grammaire
Par exemple je leur dirais
On ne dit pas C mais C’est
Autres exemples :
« Et lui WOW, il en voulais !!! »
« J’ai toujours aimer cet homme.
(en parlant de Balavoine)

Il faut le faire !
C’est même extrême
Est-ce que c’est par défi ?
C’est tout de même recherché
Il y a de la créativité !

Môa, Monsieur, j’ai appris à écrire
Au porte-plume Sergent Major
Avec un buvard
L’ écriture puis la grammaire
Les phrases et le vocabulaire.

Mais je ne suis pas pète-sec
Je voudrais juste un français correct

Il leur faudrait faire un boot-camp
Avec plume et encrier
A faire des pleins et les déliés
Elles sont parties, I-E-S !
Toutes ces lettres cachées dans la langue parlée
Et que l’on n’entend pas.
Ils s’étaient perdus !

Et pas le droit d’écrire au stylo à bille !

Je me revois en CM2
Le prof faisant les cents pas
Nous calculant fébrilement les accords
Sur le papier.
La course contre la montre

Moi qui n’ai jamais parlé un langage très châtié
J’avais appris les règles
Avant de les transgresser

Les défenseurs de la langue Française.
Dénoncent la dérive du tout-anglais
Les anglicismes, Ils n’ont pas tort.
Mais si c’était seulement l’anglais !

Oh je n’ai rien contre l’anglais
J’ai fait des études d’anglais
Je le maitrise
Et après près de trente ans à parler anglais
J’ai toujours gardé mon accent.

Je n’ai pas dit adieu à la langue française
Je ne suis pas une traitresse
Je suis partie pour insidieusement infiltrer
Les pays étrangers,
Pour propager notre langue
Et il m’a fallu pour ça
Oui, apprendre l’autre, celle de Shakespeare
Mais l’ennemi ce n’est pas l’anglais

Ce qui ne va pas c’est la dégradation de tous les côtés
Une sorte de charabia transformé
La langue des textos, les mots tronqués
Une sorte d’esperanto désespéré
Un vocabulaire qui vient d’on ne sait où
Une orthographe basée
Sur un système phonétique simplifié
qui reflète le laisser-aller.

Ce n’est pas l’anglais, le vrai ennemi
C’est le rejet (tout naturel) des conventions
Comme Brassens l’avait fait
Le besoin de différentiation
Comme le verlan autrefois
Le besoin d’un patois nouveau
Pour bluffer les vieux schnocks
Pour choquer les instituteurs
Pour s’imposer, quoi
Un code secret pour appartenir
A un groupe exclusif (de nuls)

J’aime les gens qui se battent
Pour la langue Française
Comme les Québécois

Battons nous ! Contre quoi ?
Les anglicismes !
Les néologismes !
Les grandes migrations des peuples !
L’évolution naturelle !
Les envahisseurs !
Attila le Hun !

Je me propose de la défendre à moi toute seule,
avec ce blog et mes poèmes.

 

DLF : Défense de la langue française (DLF) est une association française dont l’objectif est la défense et le rayonnement de la langue française au niveau national et international.

POEME #11 : Les cafés parisiens

Icicles

 

 

 

 

 

 

 

 

Comme les soldats en temps de guerre
Je rêve au temps des cafés Parisiens
Vous vous souvenez ?
On posait pour une prise de vue
Figurants en costume de naguère
Au milieu du théâtre
Action ! la chanson du moment,
Le tablier blanc du serveur , un déca s’il vous plait
Et un express ! clang clang, pssschhh !!

On descendait
le
petit
escalier
en colimaçon
Le distributeur de Durex sur le mur ocre au fond
évoquait des scènes aussi louches
que l’air vicié.

On remontait vite prendre l’air
Dans la grande salle l’air de rien
Une autre histoire à la sono
Et on regardait les gens dehors
Les autres figurants non-payés
Passant à l’ombre des arbres sous cages
Ah, les temps chauds et rutilants.

II –

Reflets renvoyés par les icebergs des rues
Eclats de glace du soleil du printemps
Qui vous rentrent dans l’œil
Comme des couteaux de bouchers
Ahuris.

Tout blesse
Quand on sort agressé par les aiguilles du froid
Qui transpercent les manteaux
Jusqu’à la peau fragile
On se recroqueville sur la banquette gelée de la voiture.

 

Ca commence comme une carte postale du fond de mon petit village américain au mois de mars, sans un café en vue, et ça finit à Paris. Ca peut vous sembler étrange, cette nostalgie, question de perspective.

 

 

Article #22: Victor Hugo

Victor Hugo

Dans la liste de mes éléments Français : Victor Hugo.

Voici le premier homme à s’introduire dans ces pages (vous avez dû croiser brièvement George Sand, Colette et Anaïs Nin). Ce qui me manque : le mot Victor Hugo, la force tranquille qu’il représente, la somme de toutes les peines, les douleurs, les bonheurs de la vie, l’amour et la folie, transcrits et offerts pour nous en poèmes, en romans et histoires.

Pêle-mêle, dans ma vie, il y a Cosette, Jean Valjean, et Javert ; le couvent et leurs vies protégées là.

Cosette

J’ai lu et relu Cosette pendant mon enfance, le passage où il lui prend la main avec le seau, le passage où il lui achète la poupée, où il s’évade avec elle et s’installe dans une petite chambre, d’abord. C’était un petit livre cartonné de la collection Lecture et Loisir, même pas abrégé, et juste la première partie des Misérables, qui commençait avec le vile Thénardier dans le champ de bataille la nuit.

Puis il y a le poème , que j’ai fait travailler à mes étudiants de Français.

Demain des l'aube

Par quelle sorte de drame inouï faut-il que sa fille ainée Léopoldine meure le jour de son mariage ? Est-ce que ce n’est pas un coup du sort si dramatique qu’il aurait pu l’écrire lui-même ? plus étrange que la fiction ?

Et puis l’histoire d’Adèle H.(Adèle, la cinquième fille de Victor Hugo) qui pour moi est associé au visage d’Isabelle Adjani dans le film de François Truffaut, sa beauté quand elle ère dans les rues d’Halifax en Nouvelle Ecosse, folle, à la recherche de son amour impossible .

Adele H.

Mes filles ont aimé le film fabuleux, Les Misérables, et en connaissent toutes les chansons. Mais plus que Fantine, ou Cosette, c’est Eponine, qu’elles ont remarqué et qu’elles aiment. Eponine qui aime Marius.  La même Eponine de chez les Thénardier qui maltraitaient Cosette ! Comment avoir de la sympathie pour elle !?

Victor Hugo me rappelle les années oé j’enseignais le Français à mes jeunes étudiants universitaires américains. Comme il est doux de se retrouver dans sa patrie linguistique et littéraire et d’offrir ses morceaux choisis, de ne présenter que les joyaux à ses élèves. Comme il était gratifiant d’être l’ambassadrice du patrimoine français, tout en dissimulant le moins beau, les facettes moins reluisantes. Pourquoi est-ce que je n’enseigne plus ? Dieu seul le sait – en gros, le besoin d’indépendance financière.

Et aussi, Victor Hugo représente une vie bien vécue, finie. Non seulement Il aurait donc survécu à toutes les vicissitudes de sa vie, mais aussi il les aurait surmontées en les distillant en une œuvre énorme ! Voilà qui aide à relativiser mes propres malheurs et angoisses : la thérapie Victor Hugo.

Dans une petite librairie de livres d’occasion à Amherst, je regardais le rayon des livres en Français. Sûrement des dons de profs de U. Mass. Et j’ai mis la main par hasard sur une biographie de Victor Hugo et de ses amours. J’ai juste parcouru les pages. J’aurais pu l’acheter mais j’ai hésité trop longtemps parce que j’ai déjà trop de livres.
Mais il y a cette page qui me reste à l’esprit, qui dit que Victor Hugo avait une petite porte secrète dans son bureau par laquelle il sortait pour aller voir ses maitresses, ses amoureuses, ni vu ni connu. On ne peut pas plus romantique. Cet homme, écrivain si solide et sérieux, se glissant dans des petits conduits pour rejoindre des amours secrètes ! c’est tout de même fascinant !
Un amant insatiable, disent les biographies françaises, un amoureux infatigable. Voilà la joie de vivre à la Française, l’affirmation de la vie, de ses bonheurs, sans rechigner devant les drames et les horreurs pour le contraste.
Une inspiration : donc moi aussi, je pourrais me relever de mes drames, après tout ?!

POEME #30 – Les statues dans les parcs

Deesse

Statues blanches perchoir à pigeons
Marbres crottés, gestes cassés
Qui servent à faire rêver les enfants
A les faire regarder en l’air
Elles m’apprenaient l’anatomie
Sujet de fantasmes rêveurs
Les corps en fleur des jeunes nymphes
Bras ronds gracieux chargés de poires
Comme une leçon de belles choses lisses

L’amour, la trahison, la jeunesse
L’olympe parmi nous dans la ville
Acteurs absurdes et effrayants de drames étranges
Jouant leurs mythes le soir tombé
Feuilles de vigne et grappes de raisin figées
Juste devant nos bouches-bée, absorbés.

J’ai gagné avec l’âge la pensée analytique
Et les yeux bioniques
Qui percent les couches de connaissances
Science, histoire, histoire de l’art
Et la douceur des anges mythiques
Aux boucles toujours souples m’appelle
Bientôt, bientôt ! Tu viendras jouer avec nous
Dans le panthéon là-haut !


Dans l’inventaire des choses que j’aime en France, et qui me manquent, il y a « Les statues dans les parcs. » Il y en a ici bien sûr, mais surtout dans les musées. Et j’ai des souvenirs d’enfance à Paris, et à Nantes, des nourritures d’impression que j’emporterai avec moi dans la tombe, la vision de ces magnifiques beautés, leurs valeur artistique leurs références antiques, toute cette richesse mise à la disposition de tout le monde. Je suis toujours un peu triste de ne pas avoir offert cette richesse quotidienne à mes enfants, pour fertiliser leurs imaginations.

Poeme #14 : le mot Plaisir

la-soupe-aux-choux

« Qu’est-ce que c’est que le…plaisir? Je ne sais pas, moi ! Mais quelle question! Le plaisir c’est…le plaisir! C’est comme la soupe, comme le pinard ! »
René Fallet, La Soupe aux choux, Denoël, Paris, 22 janvier 1980

Les références littéraires changent de registre. Mais me sont aussi chères.

Dans le film La soupe aux choux, (je n’ai pas lu le livre) la Denrée est un martien qui vient de la planète OXO où le plaisir n’existe pas. Alors le Glaude le lui explique à grand renfort de soupe aux choux maison, et de vin rouge.

Il faudrait étudier l’usage du mot Plaisir dans la langue française, comparé à Pleasure aux USA. Dans mon pays d’adoption j’y pense beaucoup moins, au plaisir. Je pense à mes responsabilités, au boulot. Les français trouvent du plaisir partout : plaisir d’amour, de manger, de voir, de sentir, de toucher, d’entendre, de tous les cinq sens, constamment. On est bombardé de plaisirs. C’est le pays du plaisir, la principale motivation. Il n’y a qu’en France que je pense au plaisir, c’est à dire le mot lui-même, et je me prends à défroncer les sourcils.
La première gorgée de bière, tiens, et autres plaisirs minuscules, par exemple, je ne vois pas d’équivalent aux Etats Unis. Typiquement Français. D’ailleurs les revues américaines ont été assez mauvaises : pas assez d’action.

Voici donc dans ma liste des choses de Ma France, le poème #14:

Poème #14

C’est pour moi un grand plaisir
Que dis-je un immense plaisir
De vous annoncer
Que le mot « plaisir »
Est le mot le plus fréquent de la langue française*
Et que par conséquent
Les francophones sont condamnés
Au plaisir à perpétuité.

On rentre en France et on nous refile des lunettes roses à la douane
Avec la langue française
On voit tout d’un autre œil
On en soupirerait d’aise.

Ce n’est pas qu’il n’y a pas de plaisir ailleurs, mais ils portent d’autres noms.
Les expressions anglophones parlent de joy, happiness, delight ou bliss,
pleasure est le moins usité, on s’en sort avec: my pleasure, please,
On a des plaisirs coupables, on mélange plaisir et affaires,
Mais les affaires avant tout.
On est un peu réticent au mot, sans doute des traces de puritanisme.

“Allez, au plaisir !”
“Ah mais oui, ça me fait plaisir !”

Ca me fait sursauter à chaque fois.

Laissez-moi rêver que la France est une partie de plaisir !
Je sais, vous allez me dire que les choses ont changé
Que tout fout le camp, que tout va mal :
l’éducation, l’immigration, l’économie,
Sale temps pour les mouches !

Vous allez aussi me dire que ce ne sont que formules de politesse
Que le mot plaisir, comme amour, est galvaudé, qu’il a perdu son sens premier
N’empêche que soudain, quand on entend « au plaisir ! »
Ca fait rêver.
je ne sais pas, moi… au plaisir de courir les pieds nus dans la rosée ! par exemple.

On ressort d’une boutique avec un petit paquet orné d’une étiquette autocollante
Sur laquelle il est écrit :
« Plaisir d’offrir »
Un rappel nécessaire au cas où on aurait oublié !
Auto-satisfaction, double gratification.

On n’en sort plus:
Les petits plaisirs
Les malins plaisirs
On fait durer le plaisir !

Comment y échapper ? difficile de la contourner
Cette injonction à la jouissance,
Ce rappel constant à l’hédonisme par défaut
On en oublierait son compte en banque,
son ordinateur et ses mots de passe,
et sa semaine de vacance annuelle.

En Français on se fait plaisir
Selon son bon plaisir,
Des menus plaisirs,
Ou même des plaisirs minuscules

Sans en attendre rien, mais pour le plaisir
Il sourit à une fille dans la rue
Et se dit qu’elle est belle !

Plaisir d’amour, toujours plaisir
Et … mourir de plaisir !

Est-ce pour ça que les français sont grognons ?
Peut-être qu’on devient insensible à la longue.
Que ça devient comme un droit. Comme la sécurité sociale.
La mentalité d’assisté. L’obligation au Plaisir.

Mais ahhh, quand on y revient, dans ce bain de plaisir,
C’est là qu’on se demande vraiment ce qu’on attendait.

Un vrai plaisir !

*statistiques subjectives

POEME #27 : la voix féminine

ulysse

Cela va faire bientôt trente ans que j’ai mis les pieds pour la première fois sur le continent Américain. Trente ans. Et donc autant de temps passé loin de ma terre natale.
Donc en quelque sorte je n’ai pas encore trente ans, en année Américaines.

Je rêve souvent de prendre ma retraite en France. Je me vois à Angers (ville où j’ai fait mes études et que je trouve idéale) trottinant de théâtre en concert dans la douceur angevine, petite vieille à la recherche du temps perdu – vous êtes en bonne compagnie littéraire, vous allez voir !
Parfois je pense comme Joachim :

Heureux qui, comme Ulysse, a fait un beau voyage,
Ou comme cestuy-là qui conquit la toison,
Et puis est retourné, plein d’usage et raison,
Vivre entre ses parents le reste de son âge !
Quand reverrai-je, hélas ! de mon petit village
Fumer la cheminée, et en quelle saison
Reverrai-je le clos de ma pauvre maison,
Qui m’est une province et beaucoup davantage ?
Plus me plaît le séjour qu’ont bâti mes aïeux,
Que des palais Romains le front audacieux :
Plus que le marbre dur me plaît l’ardoise fine,
Plus mon Loire Gaulois que le Tibre Latin,
Plus mon petit Liré que le mont Palatin,
Et plus que l’air marin la douceur Angevine.

Joachim DU BELLAY (1522-1560) tiré des Regrets – 1558

Alors pour patienter, parce que je n’y suis pas encore, j’ai composé un inventaire à la Prévert. Un inventaire des choses qui me manquent, ou des choses typiquement françaises qui ne me manquent pas spécialement mais auxquelles je pense parfois, des choses idéalisées.
Pour chaque élément de cette liste, je me suis dit que j’allais écrire poème ou un essai. Et pour la langue aussi, on verra bien.

Je commence avec le #27.

femme-fatale

POEME #27 : la voix féminine

Je l’avais oubliée et je me souviens
Quand je rentre en France
De sa présence désincarnée

Elle vous guette à la radio
A Charles de Gaulle ou à Orly :
« Le vol en provenance de Dubrovnik
Vient d’atterrir porte vingt-sept… »
Ou dans les grands-magasins
« au rayon maroquinerie »

On l’imagine Miss France en robe du soir
Dior, Lanvin, vaporeuse,
Chignon crêpé sophistiqué
Elle nous annonce que ce sont les soldes
Aux Galeries Farfouillette
Ou que le train va entrer en gare.

Elle fait son intéressante
Avec des effets de voix
Une voix un peu plus qu’ « agréable »
On se demanderait presque où elle veut en venir !
Mais je vous assure qu’elle est fidèle
La Femme Fatale des français,
On connait bien leur réputation
A ces French lovers…
Elle ne va pas chercher ailleurs.

Qu’irait–elle faire aux Etat-Unis
Au pays des poursuites judiciaires
Pour harcèlement sexuel
Et des féministes endurcies
Elle ne trouverait pas sa place
Cette blonde ingénue
On lui dirait d’aller se rhabiller,
Allez !

 

Parfums

“Il est des parfums frais comme des chairs d’enfants, – Doux comme les hautbois, verts comme les prairies, – – Et d’autres, corrompus, riches et triomphants, – Ayant l’expansion des choses infinies, – Comme l’ambre, le musc, le benjoin et l’encens … ” Les Fleurs du Mal (1857), Correspondances de Charles Baudelaire

les-exclusifs

Si j’écris en Anglais, je perds mon audience potentielle Francophone. Si j’écris en Français, je perds mon audience Anglophone, probablement bien plus large.
Parfois je me demande si j’écris en anglais sur ce blog pour me cacher. Par exemple de mes parents. C’est très inhibant, la pensée d’être lue par ses parents. Et s’ils jugeaient ? J’ai peut-être eu des parents trop envahissants.
Kurt Vonnegut disait qu’il fallait écrire pour une seule personne, pas tout le monde. Aujourd’hui je décide d’écrire en Français, de choses françaises.
Bizarrement, si j’en crois les statistiques proposées par ce site, j’ai un(e) fidèle lecteur/lectrice au Brésil. Hier en Arabie Saoudite. Va-t-on savoir.
Je vais donc parler parfums.
A Noêl, j’ai loué un appartement par AirBnB à Seattle pour passer les fêtes avec Allan. Gwen a voulu acheter un ananas. Nous ne mangeons pas souvent d’ananas. Allan avait acheté pour nous des fruits qui ressemblaient à des mandarines, mais bien plus belles, dont j’ai oublié le nom. Puis quelqu’un nous a apporté des clémentines. Le matin de Noêl, quand je me suis levée, les parfums des fruits s’étaient échappés de la petite cuisine en retrait et s’étaient mélangés dans le petit salon, au-dessus de la table. C’était gai, léger, et tout à fait merveilleux. Une odeur de bonheur, des petites fées de bonheurs qui dansaient au-dessus et autour de la table.

sapin-seattle
Je me suis dit que je devais manquer de parfum. Je n’en avais pas apporté avec moi à cause des réglementations des compagnies aériennes, je ne voulais pas risquer de me faire confisquer une précieuse bouteille.
Donc le lendemain, Gwen et moi sommes parties visiter Seattle, et avons pris le fameux Monorail pour nous retrouver en ville.


Mes pas m’ont guidé vers le grand-magasin, puis vers les parfums. Et là, dans un coin près de l’entrée se trouvait un comptoir Chanel avec tout un assortiment de parfums que je n’avais jamais senti auparavant. Ils faisaient partie d’une collection qu’ils appelaient «Les exclusifs » de Chanel : seize parfums qui, si je comprenais bien, représentaient des moments et des lieux importants de la vie de Coco Chanel. Que connais-je de Coco Chanel ? les lignes classiques du tailleur blanc aux liseré noir, le long collier de perles. Tout ce que je sais d’autre sur elle je l’ai appris d’un film assez récent avec Audrey Tautou.

Moi, une parisienne née à Paris, on ne peut pas plus française, et adorant les parfums, il avait fallu que j’aille à l’autre bout du monde pour rencontrer ces monuments historiques. Certains portaient des noms de monument historiques : 31 rue Cambon par exemple.
Le parfum auquel je suis le plus fidèle est Cristalle, l’eau de toilette, pas le parfum. Cette eau de toilette est très fraiche, piquante et pétillante au départ (je n’y connais rien en termes de parfums), puis s’adoucit en gardant une fraicheur pas acide comme un citron, mais plutôt jeune et pointue comme un diamant, avec des côtés doux et moelleux. C’est frais, léger et élégant avec un caractère jeune et, je l’ai déjà dit mais ne trouve pas d’autre mot, pétillant. Figurez-vous Audrey Hepburn en parfum. Mon idée parfaite du parfum.
Je crois que je n’ai jamais entendu ou lu ce que je pense : que les bouteilles de parfum, comme les bouteilles de vin, ou tout autre produit sont rarement les mêmes, sous le même nom et le même emballage et que leur contenu connait de fortes variations. Certaines cuvées sont réussies, d’autres ne le sont pas. Comment savoir ? Ce n’est pas comme les melons dont on peut sentir la queue. On a parfois de bonnes surprises, et parfois non. Le dernier flacon que j’ai acheté directement chez Chanel m’a un peu déçu. Un peu trop poivré, sans la retombée tendre et fruitée qui reste sur la manche pendant des jours après et qui me fait penser : mais qui est cette fille si sophistiquée ? je veux la connaitre !

Au cours des années, chez Chanel, j’ai essayé Allure. Vous vous souvenez sans doute des années 90, les costumes de carrière aux Etats Unis avec les épaulettes rembourrées. Maintenant j’associe ce parfum que j’avais pourtant convoité à l’époque, et que ma belle-sœur m’avait offert, à une odeur de bureau ; à la trentaine avec ses difficultés (mariage, enfant, travail, ménage, cuisine, lessive). Ne m’en parlez plus.
Et puis Coco mademoiselle. Un autre bureau, une secrétaire qui avait dû en renverser tout un flacon sur la moquette. Elle était enceinte et travaillait dans la pénombre, toute seule, enrobée de cette odeur suffocante, pour un bonhomme méchant qui avait son bureau pas loin. Je m’en suis dégoutée assez vite. Un parfum qui poignarde dans le dos.

L’autre parfum de bureau ? Amarige, de Givenchy. Une autre secrétaire qui s’en aspergeait tous les jours. Elle s’appelait Karla et partait en vacance à Cancun. Je ne peux pas le sentir sans y retourner… South End de Boston, immobilier de bureau. Moi comme un poisson hors de l’eau à taper des contrats. Dommage, parce qu’Amarige me plaisait bien.

Mais pour retourner à Chanel. Voyons, voyons :

Chanel N°5 : petite fille chez ma grand-mère en Bretagne, il y a une dame bien habillée dans le jardin d’à-côté avec son fiancé, un bonhomme pas tout jeune, mais je suis si petite. Et elle sent cette odeur douceâtre dans laquelle vient se mêler comme une odeur de… une odeur de pet ? Est-ce ça, cette aura autour de ces beaux vêtements couleur crème ? Est-ce que vous aussi sentez dans le Chanel N°5 cette arrière-odeur pas très fraiche qui rebute un peu, malgré Marilyn Monroe ? Ca lui va bien, à elle qui dort nue. Mais pas moi.

Cristalle, ça remonte à l’année de terminale. Les filles portaient ça, ou Eau de Rochas. C’était une école privée et ces filles des nobles ou des bourgeoises, pas des filles du peuple. J’étais peut-être jalouse de ce qu’elles pouvaient se payer des parfums. Peut-être que toute ma vie j’ai voulu leur prouver que moi aussi j’étais quelqu’un. Et l’année de mes cinquante ans, je suis encore en terminale.
Alors quand je suis tombée sur ce banc d’essai à Seattle, avec ces noms aguicheurs, je les ai tous sentis. J’aimais les noms de Boy, 31 rue Cambon, j’ai essayé de les aimer, mais ils ne m’aimaient pas spécialement en retour. Cuir de Russie était trop fort pour moi. Bel respiro, la Pausa, intéressants, mais sur quelqu’un d’autre, pas sur moi. Je me suis arrêtée sur Beige et 1932, une fois qu’ils étaient tous passés au crible de mon nez plein de discernement.

Beige sentait le rouge à lèvre, le fond de teint, ce parfum doux et féminin de maquillage. Mais je ne pouvais pas débourser plus de cent dollars pour sentir le maquillage. Et peut-être que je m’en lasserais.

1932 en revanche sentait un peu la même chose, avec une plus forte personnalité. C’était le parfum d’une femme merveilleuse et parfaite, une apparition, comme l’apparition de Delphine Seyrig dans le film Baisers Volés de François Truffaut. Tout en douceur, boa de plumes, poudre et tendresse. L’idéal féminin. Moins gamine que Cristalle, plus Ingrid Bergman qu’Audrey Hepburn. Ce qu’il me fallait pour conduire au bureau pendant les tempêtes de neige, endurer les après-midis assommants, assouplir le dur monde des affaires.
Alors voilà, je suis ressortie avec 1932 de Chanel.

Bonus. Pour vous, les parfums de ma vie. Bien sûr il y en a eu d’autres, mais ceux-ci m’ont le plus marqué :

Arpège, de Lanvin. Il parait que ma mère portait ce parfum. J’ai voulu le retrouver, mais grosse déception, cet ersatz m’a donné mal à la tête. Je dis ersatz parce que ces dernières décennies, les matières premières originales en voie de disparition ou trop onéreuses, ont été remplacés par des molécules synthétiques beaucoup plus abordables. Et bien-sûr beaucoup plus synthétiques : du skaï pour du cuir, de l’acrylique pour du vison. Un jour, je me suis vue jeter la bouteille ronde et jolie, mais importable, dans la poubelle. Du parfum à la poubelle ! Imaginez-vous le flacon qui éclate dans le camion-poubelle, l’effluve qui touche les narines des opérateurs qui sautent de trottoir en trottoir. Qu’est-ce qu’ils en pensent ?

Fidji : ma mère m’en a offert une bouteille autour de mes dix-huit ans. J’aimais bien l’idée, le nom. Mais le parfum ne m’allait pas du tout ! C’était chaud, épicé, moi une adolescente glacée et anxieuse, quasi-anorexique et pétrie de complexes. C’est comme de la vanille sur une carotte crue, une goutte de caramel chaud sur la banquise. Le parfum est très mal à l’aise sur moi. Il se fige. Moi aussi. Mais je n’en ai pas d’autre. Je vois toujours ce pantalon blanc et ce pull en coton bleu clair, alors qu’il aurait fallu un pareo à Hawai ! J’en ai racheté à mes cinquante ans pile-poil. Et maintenant ? c’est parfait.

fidji

Aromatics Elixir : je l’ai senti sur la jeune femme Iranienne pour qui je travaillais l’été de mes dix-neuf ans comme jeune fille au-pair. Sur elle, c’est oriental, riche, chaleureux, profond. J’en achète un flacon après l’autre (très cher) les années suivantes, probablement pour m’approprier la sexualité sûre-d’elle, la maturité confirmée. Mais je sens bien que les essences restent en surface, pas-intégrées, que la chaleur ne se développe pas. Ca sent presque l’essence. Au bout d’un moment, je laisse tomber.

Je crois que l’alchimie d’un parfum est liée à la vie émotionnelle, sensuelle et sexuelle d’une personne. Les parfums qui m’allaient bien ?

Un certain flacon de Tiffany, épicé mais moelleux. Composition selon le site : A luxurious floral bouquet of damascena rose (rose de Damas), Indian jasmine, ylang ylang, fleur d’orange and iris. Des effluves légères et chaleureuses, rassurantes. Un accord parfait. Je n’ai jamais retrouvé l’équilibre de ce premier flacon et la façon dont il se développait sur moi.

Trésor de Lancôme : quand il fait froid dehors, quand on a perdu son travail, quand on divorce, rien n’est plus réconfortant qu’un parfum doux, sucré, et fleuri, n’est-ce pas. De la barbe à papa rose à porter sur soi. Mais quand ce flacon-là était fini, je n’ai pas retrouvé son pareil. Dommage.

Ces jours-ci, je choisi entre 1932, Cristalle, et puis …

J’ai toujours eu un faible pour Calèche, d’Hermes. Un jour, toujours à dix-huit ans, j’ai accompagné mon père à Paris. C’était un trajet de 4 heures en voiture au moins à partir de Nantes. Je me suis promenée aux Galeries Lafayette. J’ai aspergé l’intérieur de mon poignet d’un peu de Calèche. Et tout au long du retour, je suis revenue sur mon poignet à cette senteur précieuse comme l’or, raffinée et boisée. Le summum de l’élégance. Trop élégant pour moi. Il faudrait que je sois quelqu’un d’autre de bien plus que moi : La Papesse du jeu de Tarot, pas le pendu.

Si ça vous amuse, voici des descriptions glanées au hasard sur le web et reproduites ici :

Cristalle (eau de toilette) La délicatesse d’une rosée matinale, les rayons des premiers soleils printaniers. Un fleuri-frais oscillant entre caractère et transparence. Force et légèreté. Naturel et sophistication.
Explosion de fraîcheur en tête avec le citron de Sicile, la mandarine, la jacinthe et le chèvrefeuille. En coeur apparaissent des notes fleuries sophistiquées et sensuelles comme le jasmin, la jonquille et l’Ylang-ylang.Au bout de la mélodie, un lit de mousse de chêne et de racines de vétiver apporte profondeur et élégance.

Fidji : La tête a une modernité verte de galbanum, de jacinthe, tonifiée par la bergamote et le citron.L’oeillet, une fleur épicée, renforcée de girofle, lui donne son caractère. A ses côtés, la rose, le jasmin et des notes violettes.Le fond est délicatement poudré par les baumes, le musc, le patchouli, le santal et l’ambre.

Aromatics Elixir : En tête, les notes aromatiques de verveine, de sauge et de camomille dominent, puis laissent la place aux notes florales douces de géranium, de rose et de fleurs blanches: ylang-ylang, jasmin et tubéreuse. Le fond vert “mousse” est caractéristique des chypres : il allie la force du patchouli à celle de la mousse de chêne et au vétiver.

Calèche : Composé par Guy Robert en 1961, Calèche est le premier féminin de la maison. C’est un floral boisé chypré, d’une grande féminité, dont le nom fait écho à l’attelage emblématique d’Hermès. Calèche est un roman qui brille par la beauté de ses matières premières, de la gaieté des agrumes à la modernité des notes aldéhydées, du cœur floral brodé d’ylang-ylang, de rose et de jasmin, au sillage boisé, chypré, souligné par la noblesse de l’iris.
Son départ frais et gai ouvre sur un cœur de rose de Damas et de rose de mai amplifié par une note aldéhydée de synthèse, fameuse substance ayant fait le succès du N°5 de Chanel. Puis viennent des nuances dites chyprées de mousse de chêne, de vétiver, de cyprès, de cèdre et de santal, sur lesquelles le poudré de l’iris s’appuie avec raffinement.