MAIS OÙ SONT PASSÉES LES COQUILLES ?

MAIS OÙ SONT PASSÉES LES COQUILLES ?

J’ai acheté un petit sac
de noix de St Jacques surgelées
comme ça se fait ici du côté de Boston.
Pour dîner je les ferai saisir, deux minutes de chaque côté.

Je me rappelle les Saint-Jacques d’antan
qu’on servait dans leurs coquilles
sautées dans du vin blanc, avec des échalotes, de l’ail,
avec de la crème fraîche, du fromage, de la chapelure
et quelques noix de beurre pour faire bonne mesure.

Mais que font-ils donc des coquilles ? me dis-je
qui chez moi embellissaient les bordures de jardin
qui servaient d’exquis cendriers
dont les enfants fabriquaient des cadeaux de fête des mères
peintes et décorées comme les boîtes de camembert ?

Une Saint- Jacques nue, c’est tout comme
un escargot sans sa maison
une pomme de terre sans sa robe de chambre
un citron givré sans son écorce
une noix de coco sans sa coque

Et que serait la Vénus sur sa demi-coquille
sans sa demi-coquille ?

Illustration : mes sincères remerciements à Boticelli pour son talent et la grâce de sa vision.


WHERE HAVE ALL THE SHELLS GONE?

I bought a baggie of sea scallops
from the frozen section
as one does here around Boston.
For dinner, I’ll sear them, two minutes on each side.

I remember the scallops of yesteryear
served in their shells,
sautéed in white wine with shallots and garlic,
with heavy cream, cheese, and breadcrumbs,
and a few knobs of butter for good measure.

But what do they do with the shells? I wonder—
the ones that edged garden borders,
that served as exquisite ashtrays,
and that kids turned into Mother’s Day gifts,
painted and decorated as they did Camembert boxes?

Isn’t a naked scallop like
a snail without its house,
a potato without its jacket,
a frosted lemon without its rind,
a coconut without its endocarp?

And what would Venus on her half-shell be
without her half-shell?

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